REQUINS et RAIES
et autres chondrichthyes fossiles
Hors série N°12 - Février 2001Avec les raies, les requins constituent la sous classe des
Elasmobranchii au sein de la classe des Chondrichthyes (poissons
cartilagineux) qui regroupe aussi la sous-classe Holocephali représentée par les
chimères et les poissons-éléphants. Cette classe regroupe 929 à 1164 espèces dont 96%
sont des élasmobranches. Les Chondrichthyes se distinguent des autres gnathostomes
(vertébrés pourvus de mâchoires) par :
- Un endosquelette cartilagineux
- Une mâchoire supérieure paire formée de ptérygo-carrés
et une mâchoire inférieure paire constituée de cartilages de Meckel.
- Des arcs hyoïdien et branchiaux articulés
- 4 à 7 paires d'ouvertures branchiales
- L'absence de poumon ou vessie gazeuse
- Un neurocrâne en forme de simple boîte abritant le cerveau
et les organes sensoriels
- Une colonne vertébrale pourvue de notocorde secondairement
supportée par des centres vertébraux calcifiés (excepté chez les chimères)
- 2 paires de nageoires latérales associées à des ceintures
endosquelettiques
- Des nageoires impaires dorsale(s) et anale
- Des nageoires précaudales supportées par un squelette
formé de cartilages basilaires et radiaires
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Cyclobatis longicaudatus, un
cyclobatidé (Rajoidei) du Cénomanien de Sahel Alma (Liban) Long. : 13 cm
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Diversité des requins et autres
Chondrichthyes actuels
Les requins, raies et
chimères n'ont été séparés des autres poissons qu'en 1806 par C. Duménil qui les
nomma Plagiostomes. Depuis les années 1950, le terme de Chondrichthyes (du grec chondros, cartilage et ikhthus,
poisson) doit être considéré comme la seule valide pour désigner cette classe.
Répartition et
structure de populations
Les chondrichthyes occupent toutes les niches écologiques marines (seules les eaux les
plus froides de l'océan Antarctique semblent en être dépourvues) avec une diversité
spécifique maximale dans les zones néritiques des mers chaudes. Certaines espèces (Carcharhinus
leucas - requin bouledogue) présentent une tolérance à l'eau douce et d'autres
sont exclusivement dulçaquicoles ( raies armées du continent sud-américain).
La plupart des requins effectuent des migrations saisonnières de plusieurs milliers de kms comme le
requin-tigre (Galeocerdo cuvier), Prionace glauca (requin peau
bleue)..etc. Ces déplacements sont parfois liés à des migrations verticales dont la
plus spectaculaire est celle d'un petit dalatiidé bathypélagique qui vit le jour entre
2000 et 3500 m et revient en surface la nuit pour s'alimenter. Prionace glauca
quant à lui est fréquemment observé en eau douce (lacs Nicaragua, Izabal, que à 2800
km de l'embouchure du Mississippi...
Activités journalières, structures
des populations et
interactions sociales sont également traités.
Taille des
chondrichthyes
Les requins pour 50% d'entre eux ne dépassent pas un mètre et
pas deux mètres pour 80%. Les formes les plus petites sont les etmoptéridés dont deux
espèces vivant dans la mer des Caraïbes ne dépassent pas 21,2 cm et 20 cm (Etmopterus
perryi). Le requin-baleine (Rhincodon typus) est le plus gros poisson connu
avec une taille pouvant atteindre 18,5 m pour 40 tonnes (habituellement 5 à 12 m), puis
le requin pèlerin (Cetorhinus maximus 10 à 12 m), le grand requin blanc (Carcharodon
carcharias)..
Les raies ont une variabilité de taille plus faible allant
de 50 cm pour Dasyatis sabina (raie armée de l'Atlantique) à Manta
birostris qui peut dépasser 6,7 m d'envergure pour 1500 kg.
Interactions entre
l'homme et les chondrichthyes
Les attaques de requins sont attestées sur une céramique
d'Ischia (Italie) datée de 725 av J.C. Les attaques recensées sont rares 62 (7 morts) en
1995, 56 (11 morts) en 1997. Les attaques délibérées sont le fait d'une dizaine d'espèces
avec trois principales, Galeocerdo cuvier, Carcharodon carcharias
immortalisé par S. Spielberg dans les Dents de la mer et Carcharhinus leucas. La
majorité des attaques ont eu lieu dans les eaux tropicales mais aussi dans le delta du
Gange (150 morts par Carcharhinus leucas lors du naufrage d'un ferry), le cap de Bonne
Espérance (455 soldats de la frégate Birkenhead le 26 février 1852)...etc. Les
principales motivations des attaques sont la présence de poissons
blessés, la territorialité et la confusion alimentaire.
Chondrichthyes traumatogénes
et venimeux. Les raies
électriques dont les torpédéniformes présentes dans toutes les mers du monde
et connues depuis l' Antiquité et les rajiformes. Chez ces dernières la tension est
généralement de 4 volts pour 90 à 220 Volts chez Torpedo nobiliana.- A noter
que Electrophorus electricus (Gymnote) génère des chocs de 650 V. Les raies
venimeuses telles les raies armées (dasyatidés, urolophotidés...) infligent de
douloureuses piqures combinant blessure mécanique et injection de venin; certains
holocéphales (Chimæra monstrosa...) et requins (Squalus acanthias...)
possèdent des épines dorsales venimeuses. Certains chondrichthyes ont la chair
toxique et plus particulièrement le foie et si les décés sont rares il
convient de citer les 2 cas (1993 et 1995) survenus à Manankara (Madagascar) où il y eut
respectivement 98 et 10 décès, des centaines d'hospitalisations suite à l'ingestion
d'un Carcharhinus leucas et d'un Carcharhinus amboinensis.
Les élasmobranches sont exploités principalement pêchés pour leur
chair, Galeorhinus galeus pour ses ailerons, Squalus acanthias est
souvent utilisé pour le "fish and chips", Scyliorhinus canicula (petite
roussette) connue comme la saumonette...et les raies gastronomiquement meilleures. Outre
l'huile de foie riche en vitamine A, leur cornée a été utilisée, le cartilage pour
fabriquer de la peau artificielle, la peau pour l'industrie du cuir, les huiles pour les
cosmétiques.... |