Numéro 368 - Mars 2008 - Minéraux & Fossiles


Carrière de Miguasha en Gaspésie (Canada) où a été découvert le sarcoptérygien Eusthenopteron foordi dans les couches du Dévonien supérieur

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Depuis des millénaires, les météorites ont fasciné les hommes qui les ont perçues comme des messagers célestes de bon ou mauvais augure. Le 25 janvier peu après 18 h, un habitant de Trouy, près de Bourges, apercevait la chute d'une météorite qui aurait explosé à 30 m du sol. Les différentes recherches et battues menées dans les heures et jours qui suivirent n'ont pas permis de découvrir le cratère d'impact, ni des débris du bolide.
Les médias régionaux et nationaux étaient présents à la recherche de la moindre information et bientôt des témoignages du Vaucluse, du Gard... tendaient à remettre en cause la chute près de Trouy.
Il es probable que cette météorite se soit totalement volatilisée et qu'il n'en reste rien... laissant à moins de 90 le nombre de chutes avérées depuis 1492. Rappelons qu'une explosion observée à l'horizon peut être à + de 1000 km et que ce n'est que si l'observateur est à la verticale de l'explosion que le rayon de recherche peut être circonscrit à 60 / 70 km

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Les Actualités

Les échos :
* - D'étranges "doigts" en malachite : dont certains atteignent plus de 42 cm ont été présentés à un collectionneur résidant au Congo qui compte tenu du prix demandé les a fait "expertisé" à l'École des Mines... sur un socle en malachite du plâtre coloré recouvert de fragments de clivage de malachite et des "doigts" en plâtre avec pour les plus grands une âme en cuivre ou en bois!!!!!!!!!
* - Alerte aux faux jades : le plus souvent en serpentine, une argile de dureté maximale 2,5 rayable facilement par une pièce de cuivre. Le vrai jade est soit de la néphrite, soit de la jadéite d'une dureté de 6,5/7 et raye le verre.
*- Vente de fossiles et de minéraux chez Christie's France : 
seront proposés lors de cette vente du 16 avril un squelette de tricératops, un crâne de tigre à dents de sabre (25/30.000 €), un crâne de mosasaure, une "muraille" - 2 m de haut - de pecten géants (25/35.000 e), une trentaine de poissons du Monte Bolca dont un Exelia velifer (100/120.000 €)...une feuille de cuivre du Michigan de 1,8 m de haut et 400 kg (30/35.000 €), un oeuf d'Æpyornis de grande taille (25/30.000 €)...
*- Un nouveau minéral martien : la méridianiite : un sulfate de magnésium hydraté dont la Nasa soupçonne le présence du Mars - photos d'espaces vides sur les roches qui auraient initialement contenu des cristaux - via la Mars exploration Rover, indiquant la présence de ce sulfate sur la surface. Ceci soutient donc la théorie que certaines régions de la planète rouge furent couvertes d'eau ayant par la suite gelé puis évaporé laissant des des empreintes de cristaux en négatif...
*- Année internationale de la Terre de 2007 à 2009 proclamée par les Nations Unies à l'initiative de l'Union internationale des sciences géologiques et de l'Unesco avec une ouverture solennelle les 12/13 février....

Les nouveaux minéraux (4) : Chronique de Fabien Cesbron

Yakovenchukite-(Y), du gisement d'apatite de la mine Kirov de la péninsule de Kola, dédié à V.N. Yakovenchuk (1950) chercheur ...
Luobusaïte , du système Fe-Si, du nom de la mine de Luobasa, 200 km au S.E de Lhassa (Tibet)...
Golyshevite
, du groupe de l'eudialyte, dont les cristaux atteignent 20 mm de couleur brun rougeâtre sombre avec éclat vitreux et poussière blanche.... cassure conchoïdale, pléochroïsme faible, découverte également dans la péninsule de Kola (Massif de Kovdor)....
Krivovichevite, formant des cristaux de 10 mm... découvert dans une veine à natrolite-ægirine-orthose d'une lujvarite également dans la péninsule de Kola (massif de Lovozero). Nommée en l'honneur du minéralogiste et cristallographe russe Sergey Vladimorovitch Krivovich (1972), professeur à l'Université de saint Pétersbourg...


L'actualité paléontologique
 Chronique de Patrice Lebrun - Rédacteur en chef

*- L'ancêtre des baleines : Indohyus a été découvert il y a une trentaine d'années dans l'Éocène du Cachemire indien. Il s'agit d'un petit artiodactyle raœlidé de la taille d'un raton laveur qui aurait adopté un mode de vie aquatique....
*- Scléractinien à squelette calcaire : Découverte sur Cœlosmilia sp. vieux de 70 Ma entièrement constitués de calcite alors que les coraux modernes sont composés d'aragonite...
*- Proche parent du Tricératops : avec la découverte d'un grand chamosauriné Eotriceratops xerinsulatis dans la formation Horseshoe Canyon (Maastrichtien) de l'Alberta (Canada)...
*- Colibris : une origine européenne confirmée après la découverte d'un fossile vieux de 30 Ma dans le Lubéron... alors qu'aujourd'hui les 382 espèces de la famille des trochilidés vivent sur le continent américain...


Géologie et paléontologie du Québec (Canada)
Texte de Jean Pierre SYLVESTRE (et photos) et Joan DEVILLE,

Le Québec peut être qualifié de paradis des géologues et des collectionneurs ne serait-ce que par la carrière du Mont saint Hilaire réputé pour contenir la plus grande concentration au monde en minéraux de collection... mais aussi les gisements d'agates de Gaspésie, les roches les plus anciennes de la planète, les cratères d'astroblèmes.....


Bothriolopis canadensis, un placoderme du Dévonien supérieur de Miguasha

 

Le relief des plates-formes québécoises
Le relief du Québec se caractérise par une série de pénéplaines ou de plates-formes fortement marquées d'empreintes glaciaires et s'étageant en escaliers de part et d'autre du Saint Laurent.

  • La plate-forme inférieure de moins de 160 m d'altitude couvre toute la plaine du Saint-Laurent, le rebord des Appalaches le long de l'estuaire , la Gaspésie et la plaine du lac Saint-Jean; Façonnée au Tertiaire, recouverte de dépôts du Quaternaire, c'est la partie la plus peuplée de la province.

  • La plate forme moyenne d'une altitude moyenne comprise entre 160 et 640 m occupe la plus grande partie des Appalaches et des Laurentides. Plateaux d'altitude aux nombreuses vallées et bosselés d'éminences isolées prenant l'aspect de vieilles montagnes.

  • La plate forme supérieure d'une altitude supérieure à 640 m est plus difficile à distinguer car il n'en reste que des lambeaux : mont Jacques Cartier (1.331 m) en Gaspésie, mont Sutton (1.016 m) dans les cantons de l'Est, mont Tremblant (1.008 m) dans les Laurentides...

Le relief a été fortement modelé par l'action des glaciers qui ont envahi l'Amérique du Nord lors des périodes glaciaires du Quaternaire. Leur épaisseur (+ de 3.000 m), leur poids et l'action destructrice de leur avancée en profondeur dans les roches ont en quelque sorte "effacé" une partie de la mémoire paléontologique. Les strates récentes du Tertiaire et du début du Secondaire sont inexistantes et ainsi on ne retrouve jamais de fossiles de mammifères du Tertiaire, ni de de fossiles de dinosaures du Crétacé et du Jurassique.
Les strates fossilifères sont le plus souvent difficiles d'accès car la fonte des glaciers a laissé sur place les débris de cailloux, d'argile et de sable qu'ils contenaient. Ce sont les moraines très fréquente dans la partie septentrionale de l'Amérique du Nord.

Divisions géologiques du Québec
La province du Québec est divisée en trois entités géologiques caractérisées par une tectonique, des assemblées lithologiques et une durée

  • Le Bouclier canadien ou plateau laurentien qui s'est formée au Précambrien constitue 92% de la superficie de la Belle-Province et le socle de l'Amérique du Nord. Toutefois on trouve des échantillons de roches triasiques (monzonite) dans l'astroblème de Manicouagan. Le Bouclier est divisé en deux provinces géologiques, celle du Lac Supérieur et celle de Grenville.
    La province du Lac Supérieur formée il y a 2,7 Ma, se compose principalement de roches métamorphiques (granite, gneiss)
    La province de Grenville, s'est soudée à la celle du Lac Supérieur il y a 1,25 Ma formant une chaîne de montagnes dont les Laurentides sont un reliquat. Elle est également constituée de roches métamorphiques (anorthosites, quartzites, gabbros)
    Le Nord-Est se compose de 4 provinces (Rae, Hearne, Nain et Burwell) et 3 chaînes de montagnes (N.-Québec, Torngat et Makkovic)
    On récolte dans le Bouclier canadien les plus vieilles roches du monde formées il y a + de 3,5 milliards d'années

  • Les Basses-Terres du Saint-Laurent ou plaine du Saint-Laurent ne forment que 2% de territoire provincial. Leurs roches datent surtout du Primaire avec la présence de roches précambriennes et du crétacé inférieur -140 à -190 Ma). Cette région géologique n'a pas subi d'évènement géologique majeur depuis la fracture ayant donné lieu à la naissance de l'Océan Lapetus, ce qui explique l'horizontalité de la couche sédimentaire (calcaire, dolomie...)

  • Les Appalaches occupe 6% du territoire. Les roches sont généralement des calcaires, des grès, des schistes lardés d'intrusions de roches ignées datant principalement de l'ère primaire. Les roches sédimentaires se sont déposées au Carbonifère et contiennent des fossiles d'arbres, de fougères... et d'immenses gisements de charbon.


Isoletus rex de l'Ordovicien supérieur de la baie d'Hudson au Manitoba. Un des plus grands trilobites connus pouvant atteindre 72 cm

Les principaux sites fossilifères : importance et histoire
La province du Québec étant constitué à + de 90% de roches sédimentaires précambriennes, les sites fossilifères sont peu nombreux et peu connus du public.

Les sites fossilifères de l'Ordovicien et du Silurien de Témiscamingue. Dans cette région (montagne Kékéko) ont été découvertes les plus vieilles roches d'Amérique du Nord (+ 2,15 milliards d'années). Le premier gisement d'argent a été reconnu en 1686 à la pointe de la baie Jehanne. Les trésors paléontologiques des calcaires fossilifères du Paléozoïque sur l'île de Mann ont été découverts en 1845 par le géologue Alexander Murray... mais les recherches sur les fossiles ont réellement commencées avec le géologue G.S Hume entre 1916 et 1925 date de son rapport où il situe avec précision les roches et fossiles des gisements. Au milieu des années 1980, l'abitibienne Andrée Nault qui prépare une thèse de géologie à l'université du Québec a redécouvert les importants gisements paléozoïques et organise des expositions itinérantes avant de publier un document scientifique de vulgarisation... puis c'est la création en 1996/97 du Centre Thématique fossilifère (CTF).

Les fossiles du Témiscamingue couvrent une période allant de l'Ordovicien moyen et supérieur - 4 formations - (- 460 à - 440 Ma) au Silurien inférieur et moyen - 5 formations - (- 430 à - 420 Ma)
La formation de Guigues, grès jaune et schiste rouge, rattachée aux couches précambriennes a donné des fossiles d'anthozoaires, de céphalopodes (Liskeardia sola)
La formation de Bucke, schiste rouge et vert, calcaire gréeux...
La formation de Farr, calcaire gris sombre très fossilifère...
La formation Dawson Point, schiste gris et vert a donné des fossiles de brachiopodes (Lingula sp), de trilobites (Triarthrus cf. rougensis)
La formation Manitoulin calcaire gris et grès basal.. n'affleure pas
Les formations Cabot Head et de la baie Dyer (Calcaire chamois parfois dolomitique, schiste vert) ne sont que visibles qu'au N.O
La formation Saint Edmund au calcaire magnésien sombre
La formation Thornloe, dolomie, calcaire magnésien et grés basal riche en fossiles du Silurien

Les sites fossilifères de l'Ordovicien moyen et inférieur de la Méganie
Les premières collections dateraient de 1856 et constituent la base de la paléontologie québécoise et canadienne avec les études et identification du premier paléontologue canadien : M. Elkana Billings. Puis il fallut attendre W.H. Twenhofel pour une reprise des études dans les années 1910/1920 et en 1956 Cooper révisa et compléta la liste des brachiopodes, puis 1981 Nowlan présenta les résultats d'une étude sur la stratigraphie et la faune à conodontes de la séquence Mingan...
Les fossiles accumulés sur 2/3.000 m de sédiments dateraient de 465 Ma (formation de Mingan) et 485 Ma (formation de Romaine)
La formation de Romaine se subdivise en membre de Sauvage, membre de Sainte Geneviève et membre de la Grande-Île
La formation de Mingan se subdivise en membre de Corbeau, membre de Perroquet formé de wackestones et packstones très fossilifères (brachiopodes, trilobites, bryozoaires, coraux tabulés, éponges lithistidés, ostracodes, céphalopodes....), membre de Fantôme et membre de la Grande-Pointe

La carrière fossilifère du Dévonien supérieur de Miguasha
La présence de poissons fossiles est mentionnée dés 1842 par Abraham Gesner et en 1879 les poissons fossiles sont confiés pour étude au Dr J.F Whiteaves et au Dr Sir William Dawson pour les plantes qui publièrent en 1880 et 1882. Internationalement reconnue, ces poissons dont Eusthenopteron foordi - chaînon manquant entre les poissons et les tétrapodes - qui fait la fierté de nombreux musées, la carrière reçut la visite de centaines de scientifiques et collectionneurs qui conduisit le gouvernement à protéger le site en 1970 qui fut inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.
Datée du Dévonien supérieur (- 370 Ma) on distingue la formation de Fleurant et la formation d'Escuminac, suite de roches grises composées de calcaires schisteux et de grés où abondent les fossiles de poissons et autres organismes. Cette lagune était un milieu exceptionnel de préservation dues aux arrivées massives de boues argileuses qui protégeaient les cadavres ou enterraient des animaux vivants certains présentant des traces de parties molles.
Outre le matériel paléobotanique (Archaeopteris halliana), un scorpion terrestre (Petaloscorpio bureaui)... c'est par ces 23 espèces de poissons dont 19 endémiques que Miguasha a acquise sa réputation mondiale. ces espèces appartiennent à 6 groupes sur les 8 recensés pour cette époque dans le monde

  • anaspides ou agnathes (poissons sans mâchoire comme la lamproie)

  • actinoptérygiens (poissons à mâchoires dentées et à nageoires à rayons comme les carpes)

  • sarcoptérygiens (poissons osseux à nageoires lobées comme les dipneustes et les cœlacanthes)

  • placodermes (poissons à plaques) - disparu de nos jours

  • acanthodiens (poissons à squelette ossifié et à épines) - disparu de nos jours

  • ostéostracés (poissons sans mâchoire et à tête en fer à cheval) - disparu de nos jours

L'île d'Anticosti, ordovicien supérieur et Silurien inférieur
Cette île de 222 km sur 75 est probablement le "réservoir" (1200 à 1700 m d'épaisseur) fossilifère le plus important au monde pour la période concernée. A cette époque (- 415 à - 500 Ma), les poissons n'étaient pas encore apparus mais la vie sous ces quelques mètres d'eaux tropicales était foisonnante puisque les chercheurs ont répertoriés près de 9.000 espèces de fossiles.
On distingue
les formations Vauréal et Ellis bay pour l'Ordovicien supérieur et les formations Becsie, rivière Gun, Jupiter et Chicotte pour le Silurien inférieur.
Parmi les fossiles retrouvés, signalons les impressionnants trilobites les calcaires à crinoïdes ou calcaires à entroques qui ont servi à la construction du phare de la pointe S.O, les éponges géantes cylindriques (famille des aulacéridés) pouvant atteindre 5 m de longueur et imprimées sur les dallas calcaires d'Ellis Bay... 27 espèces de 13 genres de brachiopodes des pentaméridés....

La paléontologie québécoise, un sujet inépuisable
D'autres gisements fossilifères de grande importance existent au Québec (lac Champlain, mont Comi, région de Percé...) et chaque année voit son lot de nouvelles découvertes.
En 2000, découverte dans le Nouveau Brunswick de Doliodus problematicus, squale primitif de 409 Ma qui a relancé le débat sur l'origine des chondrichtyens (poissons cartilagineux) car les plus vieux fossiles articulés de requins sont datés de - 394 Ma. Un "trou" de 60 Ma  dans nos connaissances sur l'évolution. Doliodus possède des aiguillons osseux aux nageoires pectorales contrairement aux requins et ce caractère se retrouve chez les groupes de vertébrés (placodermes, acanthodiens..) du primaire; en outre à l'époque de Doliodus il n'y avait que deux continents Gondwana ou Nigritia et Laurentia et jusqu'à cette découverte les plus vieux fossiles provenaient de Gondwana ?...
Les trilobites "géants" que l'on peut observer au musée du Club de paléontologie du Bas Saint Laurent (J.P. Allaire) méritent des études de même que les découvertes en 2003 de traces de tétrapodes sur les îles de la Madeleine.... et la découverte en 2005 d'un fossile de Calamites sur le littoral gaspésien où les sédiments carbonifères sont absents ?....etc.


Archaeopteris halliana - fougère fossile -

Les "boules" de Saint André de Rosans - Hautes Alpes
Texte de Joke STEMVERS et van BEMMEL-, photos de Piet STEMVERS
Traduction et commentaires de Jacques TOURET

Saint André de Rosans est un petit village des Baronnies, dans le département des Hautes Alpes, près de la limite avec le département de la Drôme, au sud de la route reliant Serres à Nyons

Un cadre géologique
Ce territoire fait partie de la fosse vocontienne, un bassin marin ouvert et allongé qui se trouve en bordure orientale de la Téthys, océan qui séparait il y a 150 Ma l'Europe de l'Afrique. Au sein du bassin vocontien se sont déposés, pendant une longue période, des sédiments à dominante calcaire et marneuse - le terme de "marnes" désigne pour les géologues un sédiment argileux qui a une certaine teneur en chaux, déterminée essentiellement par la présence de petits squelettes calcaires d'organismes du plancton marin -
A la hauteur de Rosans, les formations crétacées font place aux "badlands" des dépôts marneux érodables interrompus ça et là par des bancs calcaires horizontaux. ces dépôts correspondent au Crétacé inférieur : Aptien et Albien (- 125 à - 100 ma) où les amateurs trouvent de belles ammonites pyritisées. Les sédiments (produits de démantèlement des terres émergées voisines) se déposent sur le talus continental, puis sous l'effet de mouvements tectoniques ou autres, sont transformés vers l'intérieur du bassin sous forme de courants de turbidité et les sables se transforment en grès plus résistants à l'érosion que l'environnement argileux et marneux. C'est au sein de ces grès que l'on rencontrent ces grosses concrétions circulaires.


"Boule" de la vallée des Bordettes

Les "boules", une attraction locale
Outre les environs de Saint André de Rosans, on les rencontre tout au long de la l'ancienne fosse vocontienne et notamment le long de la D425, on peut apercevoir de nombreuses "boules" dont beaucoup sont dégagées allant du décimètre au mètre.
Une part importante des boules est altérée en zones concentriques La roche encaissante est un grès constitué pour l'essentiel de grains de quartz de taille fine à moyenne. La surface est verdâtre alors qu'en profondeur la teinte est vert soutenu, teinte due à la glauconite, un minéral antigène - minéral argileux riche en fer ferrique (Fe3+) formé par altération de biotites flottées.
La glauconite se forme exclusivement en milieu marin lors d'une sédimentation lente à profondeur moyenne puis elle s'altère en goethite / limonite


"Boule" dégagée par l'érosion

Concrétions
Les concrétions sont des masses dures, compactes, généralement sphériques dont la composition diffère de la roche encaissante. Elles sont formées par précipitation à partir d'une solution aqueuse et contiennent des éléments de la roche encaissante liés par un ciment qui peut être de la silice, des oxydes de fer, du gypse.... Les concrétions sont très courantes mais de petite taille mais les grosses sont rares et à ce titre signalons celles les "canonballs" du Kansas central dont certaines atteignent 6 m de diamètre, les "boules" de la plage de Moeraki en Nouvelle Zélande...


Didymoceras
Un étrange hétéromorphe

 

Didymoceras, reposant sur Ancyloceras ? nebrascense MEEK & HAYDEN 1857 est un ammonoïde hétéromorphe (Ancyloceratina) du Crétacé supérieur généralement de grande taille à enroulement initialement lâche et irrégulier, parfois hamitoïde, puis hélicoïdal avec des tours jointifs ou non et une loge d'habitation pendante et en "U". L'ornementation est composée de nombreuses côtes irrégulièrement branchues et bouclées qui portent deux rangées de tubercules ventraux qui peuvent être irrégulièrement développés.
On distingue deux sous-genres : Didymoceras (Didymoceras) [Campanien et Maastrichtien] et Didymoceras (Eodidymoceras) [Campanien] basé sur Nostoceras hyatti mitraikyensis COLLIGNON 1970. Le premier sous-genre se distingue principalement par de plus grandes dimensions et la nature distinctement rétroverse de sa loge d'habitation suspendue sous la spire juvénile


Didymoceras (Didymoceras) nebrascence du Campanien supérieur du Dakota du Sud  (Usa) - H = 23 cm

Une classification mouvante
Hyatt (1894) a proposé la famille Nostoceratidæ puis la définition a été étendue à des hétéromorphes atuberculés du Crétacé supérieur... puis
Spath (1953) a proposer de répartir les Nostocératidés en 4 sous familles (Bostrychoceratinæ, Hyphantoceratinæ, Emperoceratinæ et Proavitoceratinæ)... puis
Matsumoto (1967) reconnaissait lui deux lignées principales : les nostocératinés et les hyphantocératinés puis
Klinger & Kennedy (2003) ont considéré que les classifications n'étaient pas satisfaisantes compte tenu de la rareté des spécimens complets, de l'extrême variation au sein d'une même espèce et du dimorphisme essentiellement dimensionnel.

Une importante diversité générique
P
hylogénétiquement très proches et descendants de turrilidés primitifs, les nostocératidés sont des hétéromorphes à enroulement hélicoïdal souvent irrégulier dans ses premiers stades ontogénétiques ou sur l'ensemble de la coquille. L'ornementation est composée de côtes proéminentes atuberculées ou tuberculées. Les constrictions sont communes. La suture est très découpée.
Wright et al 1996 les classes en 16 genres et sous genres + un 17ème Neoturrilites SHIMIZU 1935 considéré comme nomen nudum.
Klinger & Kennedy (1997) reconnaissent 2 nouveaux genres : Ryuella KLINGER & KENNEDY 1997 et Eubostrychoceras (Amapondella) KLINGER & KENNEDY 1997 et
Klinger & Kennedy (2003) ont remanié le genre Nostoceras en élevant notamment au rang de genre Eubostrychoceras et Didymoceras

Une famille cosmopolite
L
arge répartition géographique, mer intérieure nord-américaine, marges occidentales de la Téthys, côtes orientales et occidentales du Pacifique et futur Atlantique sud, coeur de l'Afrique....

Représentants en France

  • Didymoceras (Didymoceras) densecostatum
  • Didymoceras (Didymoceras) postremum
  • Didymoceras (Didymoceras) varium
  • Didymoceras (?) obtusum
  • Eubostrychoceras (Eubostrychoceras)
  • Eobostrychoceras (Amapondella)
  • Hyphantoceras (Hyphantoceras) plicatum
  • Hyphantoceras (Hyphantoceras) reussianum
  • Jouaniceras (Jouaniceras) sicardi
  • Nostoceras (Bostrychoceras) polyplocum polyplocum
  • Nostoceras (Bostrychoceras) polyplocum schlueteri
  • Nostoceras (Nostoceras) acuticostatum
  • Nostoceras (Nostoceras) approximans
  • Nostoceras (Nostoceras) cf. hyatti
  • Nostoceras (Nostoceras) hyatti I subsp.nov
  • Nostoceras (Nostoceras) hyatti II
  • Nostoceras (Nostoceras) helicinum
  • Nostoceras (?) euskadiense I
  • Nostoceras (?) euskadiense II
  • Tridentiaras tridens


Datolite
Un borosilicate de calcium

Historique
Il semble que ce soit Nicolas Lemery, né à Rouen en 1644 ou 45, mort à Paris en 1715 qui le premier découvrit l'acide borique en décomposant du borax, minéral connu depuis l'antiquité mais ce n'est qu'en 1825 que le grand chimiste suédois Berzélius isola le bore.
Les propriétés de cet élément dur et réfractaire (il fond à 2.300°) ne commencèrent à être précisées quand en 1892 Henri Moisan réussit à l'obtenir à peu prés pur. L'origine du nom, [du grec "dateithai" (diviser) pour rappeler la structure grenue de la forme massive] est due à Esmarck qui l'avait découverte en 1806 dans une mine de fer près d'Arendal en Norvège et la nomma datolith

Ce nésosilicate , de formule CaBSiO4(OH) est monoclinique pseudo orthorhombique. sa composition est assez constante et les teneurs en Al2O3, Fe2O3, MnO, MgO ne dépassent pas 0,7% et sa teneur en eau avoisine les 6%

C'est un minéral fragile, offrant une cassure conchoïdale à irrégulière. transparente à translucide, parfois blanc opaque, son éclat est vitreux et éventuellement sub-résineux sur la cassure.

De couleur variable, incolore, jaunâtre, bleue, rose pâle.... elle est cependant habituellement vert pâle, couleur qui serait due à des traces de Cr3+ et la fluorescence bleue de certains cristaux serait due à Eu2+
Dureté de 5 / 5,5 - Bi-axe négative - Densité 2,90 / 3,0

Conditions de gisement
Minéral assez répandu que l'on rencontre dans les amygdales et filons des roches basiques hypabyssales et les roches volcaniques basiques. Elle peut être un constituant de la gangue de certains filons métalliques en particulier argentifères.
De magnifiques cristaux ont été récoltés dans le district Pb-Zn de Charcas (Mexique) 130 km au N. de San Luis Potosi où les mines ont été ouvertes en 1583. Également des cristaux dans les gisements de bore de Dal'negorsk (Russie) qui ont notamment donné des cristaux de 40 à 60 cm de Danburite pseudomorphosés en un mélange de calcite, quartz et datolite.



Datolite de Westfield - Massachussets (Usa) - l =160 mm

.Aux États Unis la datolite n'est pas rare parfois en grands cristaux dans les nombreuses carrières du Connecticut et du Massachusetts mais les plus beaux (40 mm) proviennent de Patterson, souvent associés à prehnite, babingtonite, quartz, apophyllite, heulandite... etc

Dans ce numéro 368, vous retrouverez également

  • Une fiche sur le musée de l'université de Francfort sur le Main avec sa remarquable salle des dinosaures et ses squelettes complets (Diplodocus longus, Tyrannosaurus rex, Triceratops elatus, Plateosaurus quenstedti...) et au sous sol un exemplaire original d'Edmontosaurus annectens  aux 2.300 dents... un oeuf montrant le squelette d'un embryon d'Oviraptor... Puis une salle des cétacés (avec un squelette d'Ambulocetus) et des éléphants (avec deux squelettes de Gomphoterium et mastodonte américains... et 3 éléphants nains de Sicile.... Puis une salle des reptiles marins et poissons avec un énorme ichtyosaure (Stenopterygius crassiocostatus) du Jurassique inférieur de Holzmaden et un impressionnant Eurhynosaurus de 7,6 m de long... Puis une salle pour les fossiles de Messel, paléofaune mammalienne emprisonnée dans des schistes bitumineux... Puis...etc


 


Améthyste chromifère de la mine Saranovskii - Gorozavod -
Oural - Russie - l = 30 mm


Fluorine de Xian-ghiapu - Hunan - Chine - 75 mm

  • Compte rendu de la bourse de Paris 2007 des 30 novembre au 2 décembre à l'Hôtel Marriott


     
  • Compte rendu de la bourse de Jouy en Josas 2007 des 24 et 25 novembre


     
  • Compte rendu de la bourse de Lyon des 9, 10 et 11 novembre à l'Espace de la Tête d'Or