La carrière de talc et parisite de Trimouns près de Luzenac dans l'Ariège
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NUMÉRO 361 - Juin 2007

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Après une fermeture de plusieurs mois la collection de l'université P & M. Curie est ouverte au public depuis le 25 avril au 4, place Jussieu, 75005 Paris.
Héritière de la Collection de la Sorbonne, née peu après la création d'une chaire de minéralogie (1809), elle présente 1500 minéraux représentant 500 espèces de qualité exceptionnelle dans 24 vitrines panoramiques et hermétiques et des vitrines murales pour les pièces de grande dimension et les nouvelles acquisitions dont : brookite du Pakistan, babingtonite en énormes cristaux... et aussi des échantillons ("grappe" de prehnite de Namibie, opale d'Australie...) de la collection de Daniel Curie, petit neveu de Pierre Curie.

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01 48 43 88 02 ou minetfoss@wanadoo.fr


Les Actualités

Les échos :
* - Christie's vends fossiles... à Paris : Sous la houlette de F. Curiel, on notait un rare poisson ange (Eoplatax pailio) du Monte Bolca à 120.000 €, un oeuf d'Æpyornis de Madagascar à 72.000 €, un crabe Harpactocarcinus quadrilobatus de l'Eocène italien pour 33.600 €... sans oublier
*- "Serpents : Sympas d'ici" :
Le musée promenade de la Réserve géologique de Haute Provence se propose de mieux faire connaître ces "mal aimés" jusqu'au 29 février 2008. Les spectaculaires fossiles présentés vieux de 48 Ma proviennent des schistes bitumineux de Messel (Allemagne).
www.resgeol04.org ou 04 92 36 70 70.

Les nouveaux minéraux (5) : Chronique de Fabien Cesbron
Qaqarssukite-(Ce), Samarskite-(Yb), Clinohydroxylapatite, Allanpringite, Bykovaïte


L'actualité paléontologique : Chronique de Patrice Lebrun - Rédacteur en chef -

*- Un nouvel amphibien du Trias en Antarctique : Mise à jour d'une portion de crâne de 60 cm de Parotosuchus, un amphibien de 2 m de long du groupe des temnospondyles apparus au Carbonifère inférieur, 40 Ma avant les dinosaures et qui survécurent jusqu'au Crétacé inférieur...
*- Un nouvel âge pour Titanis walleri : Ce phorusrhacide de 1,4 à 1,9 m de haut pour 150 kg découvert dans les sédiments du Néogène supérieur de la Floride et du Texas a été daté par l'analyse des terres rares absorbées dans les os fossiles lors de la diagenèse.....
*- Les cladoxylopsides, premiers arbres géants : L'évolution des arbres de taille comparable à ceux actuels est à l'origine d'une transformation fondamentale des écosystèmes terrestres. Archæopteris, un progymnospermopside a longtemps été considéré comme le plus ancien arbre (- 380 à - 360 Ma) notamment du fait de sa dispersion géographique. Deux spécimens d'Eospermatopteris (- 385 Ma) de + de 6 m ont été mis à jour avec leur cime intacte appartenant à Wattieza....

Le modelé karstique Haut Jura
Texte et photos de Joan DEVILLE

Les lapiaz (ou karst - mot d'origine croate) témoignent de l'action dissolvante de l'eau sur des affleurements de roche calcaire ou dolomitique qu'elle creuse plus ou moins profondément de trous, cannelures, rigoles... phénomènes remontant à plusieurs millions d'années.

L'auteur nous signale avec précision les lapiaz (8) méritant un détour par exemple "Après Septmoncel, la route de Genève continue sur le flanc oriental du mont Sur-les-Grés. Une centaine de m après le C1 prenant à gauche vers La Vie Neuve, un chemin bien tracé au niveau du panneau routier 70, monte vers le sommet où la dalle calcaire à nu apparaît sillonnée de crevasses profondes de quelques dm séparant des lames aux crêtes acérées"

Les dolines Ce mot d'origine slave désigne une dépression superficielle du modelé karstique de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres de de diamètre, de forme circulaire à ovale, sa profondeur allant de la cuvette renversée au profond entonnoir.


Coup d'oeil dans la grotte des Moidons

Il semble admis que leur formation résulte de la dissolution de la roche carbonatée à partir d'un point de moindre résistance. On peut en observer dans le Jura (3) notamment à Chaudezembre à droite en contrebas de la D25 allant des Bouchoux à La Pesse...

Les grottes touristiques ouvertes au public sont au nombre de 3 dans le Jura. La grotte des Moidons découverte en 1966 avec plusieurs salles ( stalagmites, colonnes, gours, marmites....) dont une de + de 4000 m² avec un spectacle son et lumière. La grotte des Planches qui se visite sur 350m des 1670 m reconnus avec à l'entrée des vitrines présentant minéraux, matériel spéléo.... et la grotte de Beaume les Messieurs aménagée sur 600 m avec des salles de 80 m de haut, un lac, de remarquables concrétions mis en valeur par un jeu de lumière doublé de musique.


A la découverte des Pyrénées centrales et occidentales
Les Pyrénées et le talc de Luzenac - (Première partie)
Texte et photos de Jacques TOURET

Les Pyrénées : "L'autre" chaîne de montagnes
Les Pyrénées sont comparables aux Alpes par l'âge (début de formation au Jurassique) et par le jeu des plaques eurasiennes et africaines sur les débris de l'ancienne chaîne hercynienne. Mais leur structure est fondamentalement différente : non pas dissymétrique avec pour les Alpes un gigantesque déferlement de nappes d'est en ouest, mais un noyau cristallin (Pyrénées centrales) flanqué de deux ensembles sédimentaires.
Les déformations pyrénéennes sont accompagnées d'un métamorphisme avec une prépondérance de roches carbonatées (calcaires transformés en marbres), minéraux (scapolite, talc avec le plus important gisement mondial...) et peu de schistosités.
De récentes études ont montré que ces particularités proviennent du fait que la péninsule ibérique, microcontinent dérivé de la plaque africaine n'est venu percuter L'Eurasie qu'au début de l'Aptien (- 100 Ma) qu'après un ballet d'ouest en est, coulissant le long de la chaîne....


Coupe du gisement de Trimouns
Le trajet d'est en ouest à partir de Foix, se déroulera principalement sur le versant français avec une incursion en Espagne par la vallée d'Aspe pour rejoindre les célèbres affleurements Crétacé Tertiaire du Pays Basque et les mines d'Eugui  (magnétite et dolomies) et Navajun (pyrite) . Les principaux secteurs clés visités seront :
  1. Gisement de talc de Trimouns
  2. Complexe ultrabasique de l'étang de Lerz
  3. Affleurement des marbres des Pyrénées centrales
  4. Nappes de la région de Gavarnie
  5. Ophites et roches intrusives de la vallée d'Aspe
  6. Affleurements Crétacé Tertiaire du Pays Basque
Le talc de Luzenac
La société des Talcs de Luzenac, propriété de Rio Tinto exploite de manière hypermoderne un des plus importants centres de production de talc à partir d'un minerai composé d'un mélange de talc (blanc) et de chlorite (gris) mais l'oeil des ouvriers marocains demeure pour la constitution de 20 tas de couleur différente allant du gris au blanc. Ces ouvriers sont autorisés à prospecter et à vendre les échantillons qu'ils découvrent.
Minéralogie et géologie. Situé au sein de la couverture charriée du dôme gneissique du Saint Barthélemy, le gisement de Trimouns est un exemple classique d'amas métasomatique, talc, chlorite et quelques autres minéraux ayant remplacé les minéraux des roches pré existantes (pegmatites, schistes et dolomies)
Le talc Mg3Si4O10(OH)2 se forme essentiellement à partir des carbonates de dolomies jurassiques (Ca,Mg)(CO3)2, par départ de Ca, CO2 et apport de Si et OH.


Talc de Trimouns - Vue partielle 40 mm


Parisite de Trimouns - Cristal de 12 mm

La théorie du métasomatisme explique bien les faits observés dont les fronts "cristaux" de très grande taille avec tendance à la cristallisation d'espèces rares et à Trimouns des minéraux de terres rares principalement du cérium. Ces cristaux trés prisés n'excèdent généralement pas quelques millimètres. Carbonates (bastnäsite, parisite/synchisite), phosphates (monazite, xénotime).... au total une bonne centaine d'espèces
Rappelons que les principaux termes utilisés (soulignés) sont définis dans le lexique de fin d'article
A suivre

Évolution des Pseudotissotinæ
téthysiens (Cénomanien / Turonien)
Didier BERT

 Pseudotissotinæ téthysiens
Famille Pseudotissotidæ HYATT 1903
Sous-famille
Pseudotissotinæ HYATT 1903

  1. Genre Thomasites PERVINQUIERE 1902
    Espèce type : Pachydiscus rollandi PERON 1889
    Thomasites rollandi (THOMAS & PERON 1889)
    Thomasites meisteri nov. sp.
  2. Genre Pseudotissotia PERON 1897
    Espèce type : Ammonites gallieni d'ORBIGNY 1850
    Pseudotissotia gallieni (d'ORBIGNY 1850)
    Pseudotissotia faustinleybachæ BERT, PERES & MARCHAND 2006

Pour chaque espèce, outre la description l'auteur donne la synonymie, l'holotype, la localité type, la répartition stratigraphique ainsi que les rapports et différences entre les espèces.


Pseudotissotia gallieni (d'ORBIGNY) Ø 140 mm


Pseudotissotia faustinleybachæ
BERT, PERES & MARCHAND, 2006,
holotype forme plate Ø 70 mm

Phyllogenèse et évolution des Pseudotissotinæ téthysiens
Données stratigraphiques : En Europe de l'Ouest, le premier représentant du genre Thomasites (T. meisteri nov. sp.) est connu dès le sommet du Cénomanien supérieur, juste en dessous de la base de la zone à Neocardioceras judii et il est communément admis que l'origine du genre Pseudotissotia PERON 1897 est à rechercher dans le genre Thomasites PERVINQUIERE 1902.
Caractères évolutifs : Les caractères susceptibles d'évolution sont d'ordre ornementaux (quatre stades potentiels) et morphologique (forme de la section et de l'ombilic)
Évolution : La coquille de Thomasites meisteri nov. sp. est dominée par le type ornemental bituberculé et côtes bien présentes, ornementation vraisemblablement hérité de certains Vascoceras dans lesquels cette espèce tire probablement son origine. Thomasites rollandi (THOMAS & PERON 1189).....etc

Conclusion : La canalisation évolutive de la lignée téthysienne Thomasites / Pseudotissotia semble impliquer  la présence d'hétérochronies du développement ontogénique telles que définies par Gould (1977). Les comparaisons entre les espèces successives révèlent une péramorphose complexe associant accélération et hypermorphose dans le cadre d'un péramorphocline au sens de McNamara (1892).....
Rappelons que les principaux termes utilisés (en gras) sont définis dans le lexique de fin d'article
A suivre


Axinite
Un borosilicate alumino-calcique
Chronique de Fabien CESBRON

Initialement découvert en 1781 par Jean Godefroy Schreiber (1746 - 1837)  - qui après avoir étudié à la célèbre Académie des Mines de Freiberg exploita pour le comte de Provence (frère du roi) des mines d'or et d'argent du Dauphiné.... -,  dans la région de Saint Christophe en Oisans, il fut qualifié "d'espèce de schorl" et ce n'est qu'en 1822 que Haüy lui donna le nom d'axinite du grec "axinê" signifiant hache pour rappeler la disposition et le tranchant des cristaux.


Axinite du Cornillon, Isère, France.
Cristal de 28 mm

Tous les termes du groupe sont tricliniques :

  1. Manganaxite
    Ca2Mn2+Al2(BSi4O15)(OH)
  2. Ferroaxinite
    Ca2Fe2+Al2(BSi4O15)(OH)
  3. Magnésioaxinte
    Ca2MgAl2(BSi4O15)(OH)
  4. Tinzénite
    (Ca2Mn2+Fe2+)3Al2(BSi4O15)(OH)
Propriétés physiques et optiques - fragile - cassure irrégulière à conchoïdale - clivage parallèle aux feuillets de la structure - transparente à translucide - éclat vitreux - couleur jaune miel au brun - (la magnésioaxinite peut être bleue en Tanzanie) - biaxe négative....

Conditions de gisement - La ferroaxinite, la plus courante est surtout un minéral de métamorphisme régional de degré faible à élevé se retrouvant parfois dans des roches affectées par un métamorphisme de contact tandis que la manganaxinite se forme typiquement dans ces conditions, surtout en présence d'un métasomatisme boré. Si les sites ayant fourni de beaux cristaux sont nombreux, incontestablement la palme revient à ceux des fentes d'extension affectant les séricito-schistes de Puiva (Tyumen Oblast - Oural sub-polaire - Russie) qui atteignent 20 cm en association avec du quartz enfumé, de la fluorine rose, de la fluoroapatite....etc.


Clypeaster
Un oursin très commun
Chronique de Patrice LEBRUN

Clypeaster LAMARCK 1801 constitue l'unique genre de la famille de Clypeasteridæ AGASSIZ 1835 dont les plus anciens représentants ne sont connus qu'à partir de l'Éocène supérieur. Encore largement représentés dans les océans actuels, ces clypéastéroïdes (oursins irréguliers) se distinguent par la présence de piliers internes formant des parois concentriques autour de la périphérie du test.... une ceinture pérignathique à cinq paires d'éléments ambulacraires....etc.
Clypeaster possède un test ovale ou subpentagonal à angles arrondis. Le disque apical est centré.
L'espèce type est Clypeaster rosaceus (LINNAEUS 1758)



Clypeaster campanulatus du Burdigalien de Corse L = 125 mm

Les plus proches parents de Clypeaster sont les arachnoïdes (Phillipsater, Scutellinoïdes, Fossulaster, Ammotrophus, Monostychia...) qui s'en distinguent par la présence de 4 gonopores, d'un péristome affleurant au niveau de la surface orale....

Clypeaster possède de  nombreux synonymes juniors tels
Rhaphidoclypus AGASSIZ 1863 (infundibulum bien développé et piliers internes plus ou moins absents),
Bunactis POMEL 1887 (pétales surélevés), Eurycolia LAMBERT 1912,
Leptoclypus KOEHLER 1922 (absence d'infundibulum),
Orthanthus MORTENSEN 1948 (bordure fine..)

Clypeaster est l'un des oursins communs des sédiments marins du Tertiaire et du Quaternaire. Si de nombreuses espèces lui ont été attribuées comme C. rosaceus, C. humilis, C. ægyptiacus... en dehors de l'espèce-type,seules deux autres espèces présentent toutefois une structure en double paroi, ce qui dénote la grande hétérogénéité morphologique de ce genre (cf. Mortensen 1948)
La plupart des espèces rapportées à Clypeaster vivent en eau peu profonde et les formes les plus aplaties ont adopté un mode de vie comparable aux dollars des sables (Scutellina)...

Dans ce numéro 361, vous retrouverez également

  1. Sur les traces d'un gisement français... Le sable bleu d'Onival
  2. La fiche pour débuter avec  Notions sur la nomenclature


Hemicidaris intermadia de l'oxfordien moyen
Novion Porcion - Ardennes - Ø 30 mm

  • Écho de la bourse de La bourse de Bogny sur Meuse 14 et 15 avril 2007