Fluorine rose sur muscovite
Chumar Bakar - Pakistan -

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NUMÉRO 357 - Janvier/Février 2007

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Lors de la bourse de Munich nous avions appris l'ouverture d'un site aux enchères consacré aux minéraux, fossiles et sciences de la Terre www.fossbay.com - Il  comptait moins d'une centaine de pièces 15 jours après son ouverture et il semble que les collectionneurs avertis souhaitent inspecter sous tous les angles la pièce convoitée afin de détecter d'éventuelles restaurations, un petit défaut de cristallisation... etc.

Manipuler le spécimen avant l'achat, l'examiner sur 360° si nécessaire à la loupe semblent une démarche incontournable et les bourses semblent avoir encore de beaux jours.

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Nous recherchons des articles sur Minéraux et Fossiles de France
Contacter Patrice Lebrun
01 48 43 88 02 ou minetfoss@wanadoo.fr


Les Actualités

Les échos :
* - La fin du "trou" de Barlet : Sis sur la commune de Langeac, il a pour origine l'effondrement de la mine ouverte en 1842 et en raison de sa spécificité représente un site de choix pour de nombreux géologues et amateurs. La cause de sa fermeture "une mise en sécurité" pour des "risques" que pourraient encourir des promeneurs.....
*- Recyclage de la lithosphère: Claude Herzberg, géologue de l'université du New Jersey a montré, suite à des études menées au Mauna Kea que de gros morceaux de croûte lithosphérique subductée s'étaient enfoncés de plusieurs centaines ou milliers de kilomètres avant de refaire surface dans les épanchements de laves tholéiitiques des volcans hawaïens.

*-
Cédérom sur les volcans : réalisé par Jacques Marie Bardintzeff "Comprendre les volcans - Tout savoir sur le magma, le feu des entrailles de la Terre et des cratères" - Collection Ça m'intéresse - 300 photos, 20 vidéos, 250 articles.... une excellente réalisation

Les nouveaux minéraux (3) : Chronique de Fabien Cesbron
Pseudojohannite, Chivruaiite et Allochalcoselite


L'actualité paléontologique : Chronique de Patrice Lebrun - Rédacteur en chef -

*- Gogonasus et l'origine des tétrapodes : Le passage des poissons aux tétrapodes est l'un des évenements les plus importants de l'évolution des vertébrés. Un spécimen de Gogonasus poisson tétrapodomorphe du Dévonien supérieur découvert en 2005 dans une concrétion calcaire du Frasnien inférieur (- 384 à - 380 Ma) de Gogo (Australie) a permis de montrer que Gogonasus possédait une mosaïque de caractères plésiomorphiques et de structures spécialisées de nature tétrapodienne.
*- De l'ambre crétacée à Martigues : avec quelques fragments de bois lignifié a été découvert dans le quartier de La Mède dans 2 niveaux à lignite des formations du Santonien. Ces nodules de résine fossile se rapprochent le plus des ambres baltes du Tertiaire
*- Des vertébrés fossiles dans le métro de Toulouse : Cette région connue pour les nombreux restes de mammifères terrestres extraits des molasses d'Aquitaine a vu la découverte dans 2 puits recoupant l'Oligocène terminal et le Miocène basal, de restes de rhinocératidés (Diaceratherium lemanense, Mesaceratherium paulhiacense, Protaceratherium minutum), d'artiodactyle....
*- Pliosaure géant : quasi complet de 8 à 9 m pour 10/15 t mis à jour près de Diabasodden (Spitzberg)

Apparition de la vie sur la Terre
Les plus anciennes traces
Frances WESTALL

Les roches d'Isua (Groenland) vieilles de 3,8 milliards d'années sont équivoque concernant la vie du fait de l'absence entre autre de bactéries endolithes contaminantes. Par contre les roches de Barberton (Afrique du Sud) et Pilbara (Australie) datées de 3,5 et 3,3 milliards d'années montrent que les eaux littorales peu profondes hébergeaient une vie bactérienne anaérobie mais aucun indice ne montre l'existence d'une photosynthèse.

Complexe d'Isua Akilia
Les cherts (silex), les "banded iron formations" (roches ferrugineuses rubanées), les turbidites... du complexe groenlandais étaient considérés jusqu'en 2000 comme les plus anciens sédiments. En 2002/2003 il a été démontré que ces "métasédiments" ne sont pas issus de protolithes sédimentaires puisque ces derniers étaient d'origine ignée. Les processus métasomatiques liés au métamorphisme semblent ainsi à l'origine du carbone à partir de la décrépitation de la sidérite

Barberton et Pilbara
Les roches de Barberton (Frontière du Swaziland) et de Pilbara correspondent essentiellement à des clastes volcaniques fortement affectés par l'activité hydrothermale. Peu altérées par le métamorphisme (faciès prhnite-pumpellyite), ces roches peuvent fournir d'importantes informations sur les conditions environnementales de la Terre primitive. Ces roches ne contiennent pas de cyanobactéries, organisme à métabolisme photosynthétique aérobie longtemps considéré comme les principaux microfossiles de la vie primitive. Mais on a détecté des restes de "mattes" bactériens de l'Archéen inférieur qui se sont formés à la surface des sédiments. Ils résultent de l'activité de micro organismes anaérobies.



Roches très métamorphisées d'Isua - Groenland


Structures présentes dans les cherts de Pilbara et identifiées par Schopf (1993) comme des cyanobactéries fossiles

Une vie anaérobie à l'Archéen inférieur
Cette vie consistait en micro organismes identiques aux bactéries actuelles. Ces bactéries mesuraient entre 0.5 et 1μm et les chaînes filamenteuses d'un diamètre inférieur à  pour quelques dizaines de microns de longueur. Invisibles en lames minces, les biofilms du fait de leur taille (plusieurs centaines de cm²) sont facilement observables.

Un monde microscopique
La préparation des échantillons par corrosion à l'acide fluorhydrique est délicate et plusieurs observations au microscope électronique à balayage de haute résolution sont nécessaires pour éliminer toute possibilité de contamination et mettre en évidence des traces de vie.


Les machines à balancier cornouaillaises et leur utilisation
à Montebras (Creuse)
Fabien CESBRON (avec des notes de Jacques Geffroy)

La machine à balancier cornouaillaise bien qu'elle fût par la suite utilisée pour des tâches autres que l'épuisement de l'eau vit ses développements dans ce comté et fût très utilisée dans les mines métalliques et houillères de Grande-Bretagne et essaima partout dont à Montebras (Creuse). Cet article dont l'essentiel des informations provient de l'ouvrage de Barton (1969) est uniquement consacré aux utilisations de la vapeur pour le problème de l'exhaure

Edward Somerset imagina dés 1662 une "fontaine à vapeur" où deux récipients se remplissaient alternativement de vapeur qui en se condensant créait un vide aspirant l'eau d'un puits à une profondeur maximale de 10 m compte tenu de la pression atmosphérique exercée sur l'eau. Mais ce fut Denis Papin (1647-1712) qui le premier, en 1687, conçut la théorie d'une machine à vapeur et réalisa en 1698 les premiers essais et fit fonctionner le premier bateau à vapeur en 1707.


Schéma d'une machine de Newcomen vers les années 1715

Schéma d'une machine typique de Boulton et Watt vers 1780
Pompe à air pour améliorer le vide du condenseur
La chaudière dans un autre bâtiment

La machine de Newcomen
Thomas Newcomen
(1663-1729), mécanicien anglais conçut dés 1716 une machine pour pomper l'eau dont nous savons avec certitude qu'un modèle fonctionnait en 1720 à la mine de cuivre de Wheal Fortune et que beaucoup d'autres suivirent. Cette machine fonctionnait en introduisant de la vapeur grâce à une soupape d'admission, l'air plus lourd était chassé par le bas puis une fois la soupape d'admission fermée, de l'eau froide était injectée pour entraîner une condensation de la vapeur d'où création du vide (ou chute de pression) et descente de la maîtresse tige  puis réinjection de vapeur.... I
l convient de noter que la vapeur de joue pas un rôle moteur, c'est la pression atmosphérique qui effectue le travail. Une telle machine dont la plus grosse connue avait un cylindre de Ø 183 cm fut installée dés 1736 dans une mine de houille
La machine de Boulton et Watt
La machine de Newcomen était grande consommatrice de charbon, ce qui posait un problème aux exploitants de mines autres que la houille. James Watt (1736-1819) déposa en 1769 un brevet pour un nouveau type de machine à vapeur que Mathieu Boulton (1728-1809), ingénieur et industriel, avec qui il s'associa, fabriqua (500 ex entre 1776 et 1800) dans son usine de Birmingham. Les trois principales innovations de J. Watt étaient :

  • Fermeture de la partie supérieure du cylindre et admission de la vapeur par le haut. Ainsi c'est l'expansion de la vapeur qui fait descendre le piston et remonter la maîtresse tige
  • Adjonction d'un condenseur séparé, placé sous le plancher et baignant dans de l'eau froide apportée par une pompe d'alimentation et maintenue à température
  • Chemisage du cylindre avec circulation de vapeur permettant de garder celui-ci toujours chaud et de considérablement économiser l'énergie

De nombreuses copies furent faites (malgré un brevet courant jusqu'en 1799) mais les procès furent gagnés notamment contre les constructeurs E. Bull et J. Hornblower

Les machines cornouaillaises après 1800
Boulton et Watt devinrent riches en demandant en paiement annuel le tiers de la valeur du charbon économisé par rapport à une machine de Newcomen. A la chute du brevet en 1800, de nombreux constructeurs se lancèrent sur le marché avec de nombreuses améliorations.
Les pompes


Pompe foulante à plongeur

Les pompes
L' innovation de la pompe foulante à plongeur fut l'oeuvre de Joël Lean en 1801. L'avantage résidait dans le fait qu'avec des pompes à divers niveaux, tout le travail d'exhaure s'effectuait durant le mouvement de descente de la maîtresse-tige. Les corps des pompes pouvaient atteindre 50 cm avec une couche intérieure de bois ou laiton pour éviter l'action corrosive des eaux acides et pour cette même raison les sièges de soupapes étaient recouverts de cuir de bison ou d'hippopotame!!!

Les chaudières
De forme "cornouaillaise", long cylindre de 9m de long pour un diamètre de 1,7 m, elles étaient parcourues par un unique conduit de 0.76 m. Des pressions de 35, voire 42 bars pouvaient être atteintes. L'usure des parois, pouvant atteindre 90% par an, due aux eaux rendues acides par l'altération des sulfures (pyrite et arsénopyrite) nécessitait de fréquents changements de chaudières et entraînait nombre d' explosions.

Les machines
Elles s'orientèrent vers un gigantisme des cylindres jusqu'à 3,66 m pour une station de pompage aux Pays Bas, vers un gigantisme des bras plus de 10 m pour 52 t à la mine East Pool.... Si les premières pompes électriques virent le jour en 1906, les "cornouaillaises" continuèrent d'être utilisées jusque dans les années 30 et la dernière cessa son activité le 1er mai 1955.

Les machines cornouaillaises en France
D'après J. Geffroy, 4 vraies ^pompes cornouaillaises auraient fonctionné sur les mines françaises. Pontgibaud (Puy de Dôme) 1 machine au puits Agnès de la mine La Brousse et une autre au puits Taylor de la mine du Roure. Pontpéan (Île et Vilaine) une machine installée au puits du Midi. Montebras (Creuse) une machine installée au puits n°5.

Crioceratites
Une ammonite hétéromorphe
Chronique de Patrice LEBRUN


Crioceratites LEVEILLE 1837 (= Crioceras ORBIGNY 1842 ?  GIOVINE 1950), basé sur Crioceratites duvali DIENER 1925, est une ammonite hétéromorphe du Crétacé inférieur (Valanginien supérieur à Barrémien supérieur) qui montre un enroulement selon une spire plane et lâche dont l'angle du déroulement peut augmenter avec l'âge.

Quatre sous genres peuvent être reconnus

  1. Crioceratites (Crioceratites) LEVEILLE 1837 qui regrouperait les formes à nombreuses côtes mineures et côtes majeures à un ou trois tubercules avec ou sans constriction
  2. Crioceratites (Paracrioceras) SPATH 1924 qui se distinguerait du précédent par des côtes majeures plus resserrées plus fortes et à plus robustes épines et à un enroulement ayant tendance au déroulement en fin d'ontogenèse
  3. Crioceratites (Sornayites) WIEDMANN 1962 dont l'enroulement devient jointif.
  4. Crioceratites (Spathicrioceras) dont l'ornementation commence par des côtes majeures bituberculées séparées par des côtes mineures.

     

Crioceratites est un genre montrant une grande répartition géographique (Europe, Sud Russie, Japon, Californie, Madagascar...) et bien représenté en France avec de nombreuses espèces.



Crioceratites cunieri
Hauterivien inférieur de la Drôme Ø 103 mm


La Marcassite
Un sulfure de fer
Chronique de Fabien CESBRON

Le nom de marcasite selon l'IMA ou marcassite selon la langue française recouvrait à ses débuts un certain nombre de sulfures (marcassite plombée ou sulfure d'antimoine utilisé pour l'affinage de l'or) et d'arséniures métalliques. Longtemps rapprochée ou confondue avec la pyrite, on doit à l'irlandais Robert Boyle (1627 - 1691) d'avoir reconnu cette espèce comme un sulfure de fer mais la confusion dura (Cf. Wallérius, Haüy, Beudant... ) et ce n'est qu"en 1845 que le minéralogiste allemand Haidinger donna le nom de "markasit" à ce sulfure de fer orthorhombique.



Marcassite du cap Gris-Nez (Pas de Calais)
l = 70 mm

Propriétés
De formule chimique FeS2 la marcassite est orthorhombique et possède un dimorphe cubique la pyrite dont la structure est assez proche..
Sa composition est constante et contrairement à la pyrite on n'y trouve jamais de nickel ou de cobalt, quelques rares fois des traces de cuivre ou d'arsenic
Morphologie très variée, macle commune donnant des groupements en "sapin de Noêl" comme ceux du cap Gris-Nez...
Opaque, éclat métallique d'un jaune plus pâle  que la pyrite et tirant sur le verdâtre.
Densité de 4,88
Dureté de 6-6,5 comme la pyrite appelées pierre d'arquebuse avant d'être remplacées par le silex

Gisements
Souvent associée à la pyrite, elle se transforme en celle-ci en cas d'excès de soufre et à une température de 150°C mais en principe ces 2 espèces peuvent coexister jusqu'à 450°C. On la retrouve en beaux cristaux dans les gîtes plombo-zincifères du bassin du Mississippi, à Santa Eulalia au Mexique.... et dans toutes les roches sédimentaires (calcaires, marnes...) où elle peut former rognons et stalactites.


Dans ce numéro 357, vous retrouverez également

  • Un compte rendu de la bourse de Lyon des 10, 11 et 12 novembre 2006 où on pouvait apprécier des échantillons de la mine d'or d'Iouriren (Maroc), une reconstitution d'un serpent madtsoiide de 11,3 m (Éocène égyptien) Gigantophis garstini...
  • Un compte rendu de la bourse de Munich des 3,4 et 5 novembre 2006 avec toujours une forte présence des "Schmuck" (gemmes taillées, bijoux, objets sculptés dans la roche..) qui attirent le grand public et permettent à ces grandes bourses aux Minéraux et Fossiles de perdurer.


Elbaite et quartz
mine Tourmaline Queen, Californie



Afghanite de Sar-e-Sang - Badakhshan -
Afghanistan - H = 35 mm

  • Sur les traces... d'un gisement français : La calcite de Coudes (sud du Puy de Dôme)

  • Pour débuter ... Faire une coupe géologique

  • Fiche Musée... Voyage au centre du Lutétien à Fleury la Rivière


Mimétite de la mine de Congresso Léon
Chihuahua - Mexique

Azurite de Bisbee - Arizona