Sérandite du Mont Saint Hilaire - Québec - Canada - Grand Cristal 25 mm

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NUMÉRO 354 - Octobre 2006

Alcide d'Orbigny (1802-1857) après 12 années de travail publia en 1852 les 9 premiers volumes de sa Paléontologie française qui regroupe 2800 espèces

Alfred Lacroix (1863-1948) publie en 1893 et 1898 sa Minéralogie de la France qui décrit tous les minéraux connus en métropole et dans ses vastes colonies

Le BRGM entreprend dans les années 1970 sous la direction de Roland Pierrot (1930-1998) un Inventaire minéralogique de la France dont moins de 20 départements ont fait l'objet d'une publication

Si l'établissement d'un catalogue actualisé a fort peu de chances de voir le jour dans un avenir proche, Minéraux & Fossiles se proposent de revisiter de nombreux gisements célèbres ou non

Annuaire des Sciences de la Terre

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Les Actualités

Les échos :
* - Henri Barré reçoit Alcide d'Orbigny à Thouars ? : Rencontre probable quand on sait Alcide d'Orbigny séjourna à Thouars en 1849 où il découvrira le Toarcien.... quand on sait qu'il avait un correspondant amateur éclairé des sciences et quand on sait qu'Henri Barré (1824-1887) médecin, esprit curieux, passionné d'histoire et de sciences.... et dont la demeure avec ses collections est un musée
*- Le Quaternaire, de retour ? :
En février 2006 il a été proposé de rétablir le Quaternaire (abandonné en 2004 pour le Néogène) en fixant une limite de 2,6 millions d'années incluant ainsi le Gélasien soit le dernier étage du Pliocène.
*-
Paléo Passion : Un collectionneur J-D Perez se propose de faire visiter gratuitement sa collection de 700 fossiles et minéraux à Aigues Mortes les week-ends et vacances scolaires 06 09 08 16 45
*- Déces de Gilbert Gauthier (1924-2006) :  Ingénieur des Mines de Liège, collectionneur il fut le spécialiste de la minéralogie classique mais plus spécialement de celle du Haut Katanga (R. D. Congo) où il exerça de nombreuses années notamment à Shinkolobwe.

Les nouveaux minéraux (3) : Chronique de Fabien Cesbron
Alpersite, Cadmoindite et Johnsenite-(Ce)



Des Fossiles en Haute Loire - deuxième partie
Joan DEVILLE

Fin du Tertiaire et du quaternaire

  1. Cussac : Site sur la commune de Polignac étudié par F. Robert qui permit de mettre à jour entre autres des squelettes entiers de cerf (Cervus solilhacus) d'aurochs (Bos urus), des dents de Tapir arvernensis, Elephas primigenius...

  2. Denise (volcan de la ...) : Site bien connu où en 1897 furent mis à jour des restes de loup (Canis lupus), de cervidé (Megaloceros giganteus), de rhinoceros (Cœlondonta antiquatis)...

  3. La Baume (abris sous roche, commune de Solignac sur Loire) : Deux abris découverts en 1964, le premier daté du Moustérien et le second du Magadalénien avec des restes de mulot (Apodemus sylvaticus), caille des blés (Coturnis coturnis), chiroptère (Nyctulus noctula)... etc.

  4. Abri Laborde à Chanceaux : Site étudié par M. Boule en 1899 puis Peyroni en 1946

  5. La Malouteyre : Gisement reconnu depuis 1848 par Aymard puis maintes fois fouillé qui livra des fossiles de cervidé (Cervus tetraceros), de cheval (Equus stenonis)

  6. La Rochelambert : Site de la vallée de la Borne signalé en 1892 par M. Boule puis P. Bout, un géologue découvrit de nombreux ossements - Gazella borconica, Croizetoceros ramosus medius, Epimachairodus.... puis en 1950 J. Viret et S. Schaub dégagèrent le niveau fossilifère (argiles bleutées) avec de nombreux restes exposés au musée Crozatier puis fouilles en 1974.....

  7. Le Riou : Site en amont de Taulhac où les argiles micacées et ploiinifères furent étudiées en 1960 par F. Florschütz... en 1830 les sables granitiques avaient livré des restes de.....
  8. Le Rond, abri près de Saint Arcons d'Allier : Abri sur la rive du ruisseau La Fioule fouillé en 1897 et qui donna des restes de Lepus timidis (lapin), Microtus novalis (Campagnol des neiges)...
  9. Les Rivaux : Gisement connu depuis 1836, daté de 50 000 ans où M. Boule lui même découvrit des reste de hyène (Crocuta speleæ), de marmotte (Marmota marmota), de bison (Bos primigenius)...
  10. Morgeac


Bois de Præmegaceros solihacus dégagé en 1875 par l'abbé Gimbert et conservé au musée Crozatier du Puy en Velay


Première planche illustrant le Mémoire sur les ossements fossiles de Saint Privat d'Allier (1829) signé J-M Bertrand de Doue

  1. Nollet : Site au centre d'un ancien cratère d'explosion, os de Elephas meridionalis
  2. Orciers (grotte) : Grotte dont le contenu a été publié en 1913 par H. Matte. Parmi les découvertes des restes d'un canidé d'origine asiatique très rare (Cuon europeus) de lemming (Lemmus lemmus), de chamois (Rupicapra tragus) de chocard des Alpes ( Pyrhocorax alpinus), de pigeon biset (Columba livia)....
  3. Montagne de Peylenc : Abri préhistorique étudié à partir de 1966 près de Saint Julien Chapteuil
  4. Polignac et les alentours : A 600 m à l'est de Sinzelles se trouve la grotte du Rond du du Barry, la plus grande de Haute Loire (42 m x 14 m) décrite dés 1835 par F. Robert. On y a reconnu 4 couches avec faune et industrie, la faune étant publiée en 1971/72 par Bayle des Hermens...
  5. Pranlary
  6. Saint Privat d'Allier : Site découvert par M. Hibbert, médecin écossais qui fût fouillé par Bertrand de Doue et parmi les ossements et dents, Hippopotamus antiquus (hippopotame), Pachycrocuta brevirostris (hyène), Leptobos (élan)...
  7. Saint Vidal
  8. Senèze : Site à 12 km au sud de Brioude sur la route traversant un cratère d'explosion... la plupart des mammifères sont dégagés dans des dépôts de pente (sables lacustres à - 10 m) par le propriétaire des lieux... En 1953 une prospection méthodique est effectuée par sondages du CEA et la flore déterminée par Mme Denèfle-Lariole fut interprétée en 1969 par H. Elhaï... les diatomées (700 espèces) furent inventoriées par Aline Ehrlich et la faune étudiée par S. Schaub avec entre autres deux espèces de singes (Macacus florentinus et Dolichopithecus arvernensis) des antilopes (Nemohœdus, Procamptoceras, Gazellospira...). Site daté de 1,5 à 2 Ma.
  9. Sinzelles
  10. Soleilhac : Ce secteur a subi moult transformations de - 4 Ma à il y a 900 000 ans environ avec l'ouverture du cratère d'explosion de Soleilhac large de 1000 m qui devint pendant 150 000 ans un lac  qui se combla en laissant 50 m d'empilements de sédiments. Les premières découvertes remontent à 1841 et la première détermination des collections a été le fait de M. Boule - Elephas antiquus, Ursus deningeri, Bison schœtensaki... datés de - de 1 million d'années. Ce site a été fréquenté par l'homme qui a utilisé des os pour faire un muret de protection.
  11. Soyes et Vazeilles Limandre
  12. Vialette : Sur la commune de Saint Paulien, ce gisement, découvert dés les années 1820, seul appartenant au gisement du Villafranchien a connu de nombreuses campagnes de fouilles depuis un siècle. On y a reconnu des rhinocéros, des mastodontes (Mastodon lorsoni, M. arvernensis), des tapirs, des cerfs (Cervus jardinenis et C. perrieri)... Gisement daté de 3,5 Ma.

Quartz en Bretagne - Seconde partie
Texte et photos de Louis CHAURIS

Dans les roches intrusives
Le quartz est un minéral essentiel de nombreuses roches intrusives notamment la grande famille des granites où il n'offre guère de particularités. Citons entre autres les fréquentes myrmékites ou quartz vermiculé en association avec le feldspath, sans forme géométrique, les extinctions onduleuses dans les granites cataclastiques, les ocelles à tendance sphéroïdale, enveloppées par une couronne de clinopyroxène dans certains gabbros et certaines diorites...
En règle générale, le quartz est le minéral des granites le plus résistant aux processus d'altération d'origine profonde (hydrothermale) comme la kaolinisation ou d'origine superficielle (météorique) comme l'arénisation. Seule exception remarquable à la résistance du quartz lors de l'altération hydrothermale, la genèse des épisyénites ou épisyénisation qui entraîne la disparition du dit quartz. Ce lessivage se traduit par une texture vacuolaire dont quelques occurrences ont été mises à jour dans le massif de Plouaret (Belle île en Terre), sur l'île Millliau...


Falaises rougeâtres du cap Fréhel
(Côtes d'Armor)
Dans les pegmatites
Dans les pegmatites à texture zonée, le quartz apparaît sous différents habitus.
Vers les bordures en association "graphique" avec le feldspath (rive gauche de l'estuaire de l'Horn au nord de Plougoulm)
Vers la partie centrale des filons, formant le "cœur quartzeux" en masses souvent énormes sans cristaux apparents (estran de l'île Béniguet, île de Batz...
A signaler la carrière Christ dans le massif du Yaudet où fut recueilli dans les druses d'une pegmatite des mégacristaux de quartz enfumés (jusqu'à 3 kg) avec une bonne proportion d'individus biterminés, pratiquement détachés de l'encaissement et fréquemment traversés de cristaux aciculaires tourmaline.

Dans les roches volcaniques et apparentées
Seules méritent d'être signalés les porphyroïdes (ignimbrites) qui affleurent à Piriac et présentent des "yeux quartzeux bleutés", les spilites de la pointe de Guilben avec leurs gros noyaux de cornaline rouge foncé et le complexe volcanique de Kerdonie à Belle-Île avec des lentilles de jaspe rouge pouvant atteindre 10 m

Dans les roches sédimentaires
La péninsule bretonne est très riche en grés qui sont des roches détritiques formées de grains de quartz, plus ou moins soudés, auxquels peuvent s'adjoindre du feldspath (grès arkosique), du mica (grès psammitique) et si la recristallisation est forte, les grès deviennent des quartzitzes. De texture très diverse... la couleur l'est tout autant : rose (Erquy), lie-de-vin (Plourivo),
gris-noir (Morlaix)... Citons les grès blancs de l'Ordovicien inférieur en presqu'île de Crozon et les grès verts (présence de chlorite) du bassin de Chateaulin

Dans les roches métamorphiques
Les lentilles de quartz (schistes de Morlaix...) qui peuvent présenter un intérêt minéralogique lorsqu'il y a présence de silicates de métamorphisme comme le disthène - carrière des Salles à Landrévarzec où les lentilles peuvent atteindre 100 x 70 cm avec des cristaux de disthène de 5 cm)
Les nids quartzeux albite-chlorite (micaschistes de Groix et presqu'île de Rhuys)

Dans les filons
C'est le lieu privilégié d'expression du quartz et celui qui attire les collectionneurs.


Mine de Montbelleux (Ile et Vilaine) Filonnet intraschisteux de quartz à wolframite


Druse intragranitique avec cristaux de feldspath et de quartz à Gwernavalou
(Côtes d'Armor)

Quartz des filons stannifères,  wolframifères
Dans le district de Nozay-Abbaretz, 5 gros filons ont été identifiés dont 1 de 12 km mais la minéralisation reste sporadique. A l'est du Nozay, par rapport au granite générateur les filons sont localisés soit dans la zone acrobatholitique (Villefoucré), soit dans la zone acro à cryptobatholitique (Beaulieu) soit dans la zone cryptobatholitique.
Dans le champ du Bois-Vert, un "filon principal" de 4 m de puissance avec d'autres orientés E-W et de fréquentes anstomoses.

Au Bois-Vert, la paragenèse reste relativement simple. Le quartz blanc, mat, laminé, esquilleux, avec feutrage ou amas de muscovite, est le porteur de la cassitérite. La tourmaline est essentiellement concentrée dans les épontes schisteuses. Les autres minéraux sont représentés par le béryl, le mispickel, le molybdène, la pyrite....
Quartz des filons plombo zincifères
Sur le gisement du Huelgoat, le filon d'une puissance de 3 m s'étend sur 1100 m et plus de 300 m de profondeur. La minéralisation est essentiellement constituée de blende et de galène dans une gangue quartzeuse. Le quartz offre une texture rubanée parfois "en cocarde"
Quartz des filons uranifères
Dans ses gisements le quartz revêt divers aspects reflétant les étapes de la genèse des filons. Ainsi au gisement de Bonot en Berné troue-t-on du quartz en peigne légèrement hématisé, du quartz grenu avec pechblende, du quartz gris-noir à grain fin....
Quartz des filons antimonifères
Au Semnon en Martigné_Ferchaud, , le gîte est en relation avec un filon de diabase de 5 à 15 m de puissance intrusif dans les schistes. La minéralisation est en stockwerk. La paragenèse (berthiérite, stibine...) appartient au type auro-antimonifère à gangue quartzo-carbonatée.
Quartz des filons à minéralisations successives
A suivre
                                                                       

Bourse  de Millau 2006
Texte et Photos de Albert DUMUR

Trente cinquième édition de cette bourse qui accueillait comme chaque année les collectionneurs amateurs (150) venant des différentes régions et pays frontaliers (Italie, Espagne...) et cette année on pouvait observer de la fluorine des anciennes mines de Valzergues et Peyrebrune, de la mine d'Arbouët dans les P.O...


Béryl goshenite de la vallée du Shirgar au Pakistan - Cristal de 2 cm -


Crâne de de Nemorhæ
dus sp., capriné du Pléistocène du Hunan - Chine - L = 22 cm

Parmi les minéraux et fossiles admirés au gré des stands

  • Des fluorines vertes sur quartz de Namibie
  • Une exceptionnelle ammonite déroulée du Crétacé supérieur du Japon Nipponites mirabile

La Sérandite
Un minéral exceptionnel du mont Saint-Hilaire (Canada)

La sérandite, syénite feldspathoïdique, très riche en soude fut découverte en 1913 (et analysée en 1931) par Alfred Lacroix sur le l'ïle de Rouma dans l'archipel de Los en face de Conakry (Guinée). Elle se présentait sous la forme de cristaux allongés de 5 cm d'une couleur "rose fleur de pêcher".

Occurrences
Au mont Saint Hilaire, les cristaux peuvent atteindre 20 cm de long pour une épaisseur de 7 cm. Ce minéral s'observe dans les xénolithes à sodalite et les pegmatites recoupant les syénites et les syénites à néphéline d'un gabbro syénitique alcalin intrusif.
L'habitus des cristaux de sérandite varie du type aciculaire vers l'aspect trapu ou lamellaire qui peuvent former des agrégats radiés.
La couleur passe du rose pâle au rose saumon, au rouge rosé, à l'orangé profond au brun et au noir.
Les grands cristaux translucides à opaques ont un éclat vitreux, gras ou mat.
Le gisement exceptionnel du mont Saint Hilaire outre la sérandite a fourni 137 silicates.


Sérandite, analcime, Ma-neptunite, natrolite et ægirine du mont Saint Hilaire


Riche association avec leucophanite et sérandite du mont Saint Hilaire

Composition chimique
La sérandite est un silicate manganosodique qui appartient au groupe de pyroxénoïdes de la classe des inosilicates. Des analyses sur des échantillons de Tanohata (Japon) ont permis d'établir sa composition chimique moyenne (Mn1,88Ca0,17Mg0,01)Na1,00HSi2,97O9
Étymologie
En l'honneur de J.M Sérand qui aida A. Lacroix dans sa récolte d'échantillons.
Cristallographie
La sérandite appartient au système triclinique. Les clivages sont parfaits. Les macles peuvent se faire par hémitropie. La dureté atteint 5 à 5,5. La densité est de3,4. Le trait est blanc.
Morphologie
Ce minéral est caractérisé par un degré de symétrie très faible, il n'y a ni axe, ni plan de symétrie. Toute face possède une autre face parallèle
Pseudomorphoses
On a trouvé des pseudomorphoses d'elpidite, de nenadkevichite, de rhodochrosite...
....etc.