Squelette de bison géant d'Amérique du Nord, Bison latifrons

NUMÉRO 352 - Juillet/Août 2006

Le Tome 3 de Les Minéraux, leurs gisements, leurs associations est paru pour être présenté à la bourse de Sainte Marie aux Mines et ainsi satisfaire de nombreux collectionneurs français et francophiles qui trouveront en 176 pages dont 32 planches photographiques de quoi passer des moments agréables de lecture et nous souhaitons à tous de fructueuses vacances minéralogiques et paléontologiques

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Les Actualités

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A. Holbecq  donne les critères permettant d'envisager si votre découverte est une météorite

Les échos :
* - Le plus ancien minéral : connu à ce jour est un zircon vieux de 4,2 milliards d'années découvert dans un complexe gneissique d'Acasta, sur la bordure occidentale du craton Slave au N/O du Canada
*- Géomania.
Exposition "Ces cristaux qui nous étonnent" consacrée à la cristallographie pour fêter son 10ème anniversaire. Du 16 juillet au 26 août à la mairie de Saint Etienne de Chomeil (Cantal)
*- Exposition Etna à l' École des Mines de Paris jusqu'au 31 décembre 2006.
*- Exposition sur les oursins, échinodermes et étoiles de mer à l'église St Sauveur de Fos sur mer (13) du 8 juillet au 24 septembre

Les nouveaux minéraux (5) : Chronique de Fabien Cesbron
Zincolibéthénite, Fluorpargasite, Sélénojalpaïte, Lafossaïte et Calciopetersite


L'actualité paléontologique : Chronique de Patrice Lebrun - Rédacteur en chef -

*- Un nouveau compsognathidé du Jurassique supérieur. Juravenator starki a été découvert dans les calcaires du Kimméridgien supérieur de la carrière Stark près de Schamhaupten en Bavière près de 150 ans après la mise à jour de Compsagnathus longipes qui joua un rôle fondamental dans l'étude des liens de parenté entre les dinosaures et les premiers oiseaux. La découverte porte sur un squelette juvénile de 75/80 cm de long  quasi complet....
*- Un mammifère semi aquatique au Jurassique moyen Ce squelette partiel d'un grand mamaliaforme docodontien, Castorocauda lutrasimilis a été découvert dans la formation Jiulongshan vieille de 164 millions d'années. Ce carnivore de + de 500 g était voisin de la loutre avec une large queue aplatie recouverte d'écailles analogue à celle du castor actuel d'où le nom docodontien qui signifie "en queue de castor".....


La forêt fossile de Champclauson
Site paléobotanique exceptionnel
 
Texte, schémas et photos de Paul Gobillot

Champclauson, hameau du sud des Cévennes sur la commune de Grand'Combe, non loin d'Alès (Gard) permet de découvrir une extraordinaire forêt de lycopodes arborescents en position de vie, datés du Stéphanien moyen (300 Ma)

Dans le musée sont présentés d'énormes (Ø 100 cm) embases de troncs fossiles marqués de lignes verticales et des vitrines où sont exposées les pièces les plus fragiles. De nombreux panneaux et un diaporama (en cours) en partenariat avec des établissements scolaires voisins expliquent les végétaux de cette époque et leur fossilisation.

La visite (60') se poursuit dans un petit train qui traverse le hameau minier de Champclauson avec ses galeries, ses forêts sur fonds d'anciens terrils pour atteindre la carrière de grés où l'oeil distingue des touffes de plantes arborescentes.

Un peu de paléobotanique
Les arbres sont des lycopodes arborescents dont on retrouve
dans la forêt méditerranéenne des descendants de petite taille (sélaginelles, isoètes).
Les racines (Stigmaria) étaient généralement caractérisées par 4 gros rameaux horizontaux qui se ramifiaient. Les cicatrices de surface sont les points d'insertion des appendices fixant la plante au sol et permettant l'absorption des sels minéraux
La tige dont le diamètre diminuait avec la hauteur pouvait atteindre 30 à 40 m.
L'écorce dure présente parfois des cicatrices foliaires de forme hexagonale d'où le nom de Sigilaria ou sigillaire



Lycopode arborescent de Méons au moment de son dégagement en 1896
L'écorce extérieure des parties basses des tiges dressées subissaient une décortication laissant apparaître des lignes verticales de ponctuation ovoïdes d'où le nom de Syringodendron
Au sommet des tiges se développait un bouquet de feuilles longues, étroites, terminées en pointe les Cyparites - Au
Stéphanien les plantes à fleurs n'existaient pas.
Les lycopodes arborescents devaient avoir une croissance rapide dans une période au climat chaud et humide sur un limon fertile riche en sel minéraux.


Écailles sporifères d'un lycopode arborescent du Carbonifère

Processus de fossilisation en position de vie
Sables et fines particules s'accumulaient autour des troncs lors des crues jusqu'à provoquer l'asphyxie de la plante tout en protégeant le tronc de toute érosion. Au retrait des eaux, la chaleur et l'humidité provoquaient le pourrissement puis la destruction des parties molles, ne laissant subsister que l'écorce créant ainsi un cylindre vertical creux... puis une nouvelle crue ramenait d'autres matériaux pour combler ce vide.
La pression a chassé l'eau, la matière organique s'est transformée en charbon, les grains de sable se sont soudés pour former du grés....

Reconnu des 1890, ces arbres ont été détruits pour accéder aux couches de houille et si le site fut reconnu comme exceptionnel par Charbonnages de France en 1963 (mais laissé à l'abandon) puis classé en 1993, on ne doit son sauvetage qu'à M. Souchon et son Association Le Bois Fossile


La Toscane
Paradis pour les amateurs de roches et de minéraux
Île d'Elbe, granites et pegmatites - cinquième partie
 Jacques Touret

Granodiorite et porphyroïdes : le complexe magmatique

Le complexe magmatique de l'île d'Elbe s'est mis en place en deux épisodes distincts : vers - 8 Ma (Tortonien, Miocène supérieur) les porphyres de Portoferraio et l'aplite du Capo Bianco dans des intrusions très peu profondes et vers - 7 Ma (Messinien) la graniodiorite du mont Capanne et les roches associées telles les pegmatites à tourmaline.

Cette granodiorite est franchement plutonique donc a cristallisé à plus grande profondeur que les porphyroïdes. L'altitude plus élevée du Mont Capanne s'explique (démonstration faite par une équipe grenobloise) par une élévation en bloc postérieurement à la cristallisation du magma.


Maquis touffu en dessous du village de San Piero où ont été trouvés les plus beaux cristaux de tourmaline

Les pegmatites, produits de différenciation tardive du magma granitique

Les magmas granitiques ont le pouvoir de dissoudre une quantité importante d'eau (10% en poids). Lors de la cristallisation, cette eau va être expulsée et va créer autour du batholite un cortège filonien dont la composition varie en fonction de la distance et parmi ce cortège les pegmatites caractérisées par des tailles de cristaux pouvant atteindre plusieurs mètres voire dizaine de mètres pour des quartz ou feldspaths du Brésil ou Madagascar.

Selon CERNY on distingue autour des granites à dominante mantélique des pegmatites NYF (riches en Niobium, Yttrium et Fluor) - minéral dominant la topaze - comme le gisement Pikes Peak au Colorado. Autour des granites produits par fusion crustale des pegmatites LCT (riches en Lithium, Césium, Tantale) dont la tourmaline est le minéral dominant.

C'est à cette dernière catégorie qu'appartiennent les pegmatites de l'île d'Elbe


Faciès "tête de Nègre" montrant les formes de dissolution du somment noir - H = 6 cm

Quelques affleurements clés

  1. Le Cave (carrière Bontempelli) - Accès facile , un des meilleurs endroits pour étudier le faciès moyen de la granodiorite du mont Capanne : roche grise moyennement grenue avec quelques phénocristaux (4 à 5 cm) de feldspath potassique automorphe

  2. Les pegmatites à tourmaline de San Piero et San Ilario di Campo - Sur des terrains privés, des trous d'une dizaine de mètres avec un mas de déblais où avec de la chance en cassant bien un cristal de 2 ou 3 cm peut être trouvé. F. PEZZOTTA a décrit spécialement pour Minéraux & Fossiles les affleurements
    *- Catri et Fosso Marcianella (Nord-est de San Ilario di Campo)
    *- Alentours du village de San Piro di Campo
    *- Pegmatites de "Grotta d'Oggi" - localité la plus célèbre pour ses elbaïtes d'où provient un échantillon (exposé à Florence) comportant 132 cristaux.
    *- Pegmatites de San Silvestro et Rosina découvertes par Frederico PEZZOTTA en 1989 et 1992
    *- Plage de Spartaïa, proche de Procchio avec de spectaculaires cristaux de wollastonite
    *- Capo San Andrea, en bord de mer.

Dans ce dernier article consacré à la Toscane et à l'île d'Elbe, le lecteur trouvera également deux encarts ayant pour sujet :
  • Structure des pegmatites LCT miarolitiques
  • Verdélite et rubellite, le mystère des tourmalines polychromes

Bisons fossiles en Amérique du Nord - Seconde partie -
Jean-Pierre SYLVESTRE

"Préhistoire du bison" américain
On estime aujourd'hui que des hommes peuplaient le Nouveau Monde depuis 50.000 à 40.000 ans avant J.C au vu des découvertes d'objets façonnés (Yukon - Canada) datés de 29 à 25000 ans , de résidus de carbonisation issus de fours alimentaires (Texas) datés de 38000 ans et d'autres résidus indiquant plus de 40000 ans . Il n'est pas prouvé que ces "premiers hommes" soient les ancêtres des Amérindiens modernes pour lesquels les archéologues définissent 18 périodes allant de la période dite "Clovis" (entre 11500 et 10500 ans avant J.C) à "Plains Side-Notch" (600 à 200 ans avant J.C).
Clovis est le nom de la ville (Nouveau Mexique) où furent découverts en 1923 des os calcinés de bisons, chevaux et des mammouths qui semblent avoir été la proie de prédilection pour  les pointes de flèches de 7 à 8 cm.
La période suivante, celle de Folsom  également au Nouveau Mexique montra que ces chasseurs utilisait un propulseur sous la forme d'un manche en bois à l'extrémité recourbée en bec.

Puis ce fût l'arrivée des chasseurs Planos qui utilisait des pointes non cannelées et qui développèrent la chasse "par culbute" qui consiste à affoler les bêtes et à les conduire à se précipiter du haut d'une falaise. Cette technique perdura jusqu'au 19ème siècle. Les couteaux étaient en silex et en obsidienne. Cette technique permit de développer une organisation structurée au sein de la communauté.



M. Small Legs présente quelques pointes de flèches paléo-amérindiennes


Falaise de Head Smashed de Buffalo Jump (Alberta) utilisé pour la chasse à la culbute

Les méthodes de chasse aux bisons
Les territoires étaient immenses, le bison a un odorat très développé, une vitesse de pointe de 50 km/h et l'approcher (sans chevaux) demandait une grande habileté
  1. Traque à l'approche
  2. Encerclement
  3. Poursuite
  4. Rabattage vers un piège naturel ou artificiel
  5. Culbute
Sites archéologiques de chasse aux bisons américains
Le site appelé Old Women's Buffalo Jump (ainsi nommé car ce site était utilisée par une tribu de femmes Pieds Noirs) près de Caley à 80 km au nord de Calgary, fût découvert en 1952 et fouillé en 1958/59 permit de mettre à jour une couche d'os sur une épaisseur de 4 m et une superficie de 30 m² avec + de 1000 silex taillés, des massues en pierre, des couteaux et divers autres objets de la vie quotidienne. Figurant sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, ce site semble avoir été utilisé de 12 avant J.C jusqu'au 19ème siècle.
Le second site canadien est le Head Smashed in Buffalo Jump est situé à 175 km au sud de Calgary, falaise de 18 m, est également classé par l'Unesco depuis 1981. Ce site fût utilisé il y a 7700 ans, voire 10000 ans et jusqu'à la période historique marquée par l'arrivée des Blancs.

Les Paléo-Amérindiens ont-ils exterminé le bison antique ?
Les paléontologues ont constaté la disparition de ± 60 espèces de grands mammifères depuis la fin du Pléistocène qui s'étala sur 3 millions d'années. La moitié des extinctions sont contemporaines des chasseurs de Clovis.
La taille des mammifères diminua progressivement et si le bison antique disparut, le bison des prairies lui survécut.
Les causes semblent diverses selon les espèces (climatologie, épidémies venues avec les migrants d'Asie...) mais l'homme est sans aucun doute le plus grand des prédateurs et il a été montré que la chasse par culbute conduisait à un énorme gâchis et que la disparition du bison entraîna celle de ses prédateurs, Canis dirus, Smilodon californicus....

 


Sur le site de Head Smashed, les visiteurs peuvent observer le travail des archéologues qui ont déjà dégagé des milliers d'ossements


Lexique stratigraphique français mis à jour en 1905 (5)
Chronique
de Joan DEVILLE
De Pennsylvanien à Sparnacien

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Chronique de Joan DEVILLE
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Comptes rendus de bourses


Compte rendu de la bourse de Cesson Sévigné