Rhodochrosite de la mine d'Uchucchacua (Pérou) l = 30 mm

NUMÉRO 342 - Septembre 2005

Dans son éditorial, Patrice Lebrun nous rappelle que le spinosaure ou "lézard à épines" a été décrit pour la première fois en 1915 par Stromer mais que celui-ci n'était connu que par des fragments de crâne, vertèbres et côtes récoltés dans le Crétacé d'Afrique... Un crâne complet récolté par un géologue, dans les années 60, dans les Kem-Kem avait retenu par le MNHN qui par la suite s'est dédit..... afin de vérifier si celui-ci est une trouvaille capitale pour la paléontologie ou une curiosité pour amateur fortuné.... Souhaitons que si la nouvelle expertise confirme la nature exceptionnelle celle-ci ne soit pas dans une institution américaine...

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Les Actualités

Les échos :
Lors d'une vente le 7 juillet à l'hotel Drouot,
Un crâne de spinosaure marocain estimé 200/250.000 € fut préempté par le MNHN à 81000 € hors frais un record en France pour la paléontologie; à signaler également un prix de 9000 € pour un Phylloceras malgache de 100 cm de Ø scié et poli.


Les nouveaux minéraux (8) : Chronique de Fabien Cesbron
Larisaïte, manganokukisvmite, magnésiostaurolite, västmanlandite-(Ce), aurivilliusite, hapkeite, yazganite et holstamite


L'actualité paléontologique : Chronique de Patrice Lebrun - Rédacteur en chef -
Spinosaurus, spinosaurien du Crétacé (Albien-Cénomanien) pouvait atteindre 12/15 m pour un poids de 4/6 tonnes - voire 17,4 m pour 12/19 t - est remarquable par sa "voile tégumentaire" soutenue par des épines dorsales pouvant atteindre 1,6 m de haut. Son appareil masticateur hautement spécialisé et les découvertes (écailles de poissons, jeune iguanodon...) dans la cavité abdominale laisse penser que son régime alimentaire aurait été comparable à celui du crocodile du Nil qui associe poissons et vertébrés terrestres. Ce régime mixte aurait favorisé le succès des spinosauridés.
L'espèce type de Spinosaurus S. ægyptiacus a été décrite par Stromer en 1915 à partir de deux rameaux mandibulaires ayant conservé quelques dents in-situ.... etc. Toutes ces pièces appartenant à un individu sub-adulte ont été récoltées par Markgarf durant l'été 1912 dans la formation cénomanienne de Baharija, à trois kilomètres au nord de Jebel el Dist, près de Marsa Matruh (Centre Egypte).


La péninsule de Kola (Russie) - Première partie
Aperçu sur la géologie
Fabien CESBRON

Introduction
La péninsule de Kola est une des 4 unités tectoniques du bouclier baltique de l'est d'âge précambrien. Située en majeure part au delà du cercle polaire arctique (66°33' de latitude nord), elle est bordée au nord par la mer de Barents, à l'est et au sud par la mer Blanche et à l'ouest par la Norvège mais surtout la Finlande ancien Grand-duché appartenant à la couronne de Russie.
Géologiquement, le bouclier balte est constitué de terrains antécambriens formés de roches détritiques sédimentaires qui ont été par la suite métamorphisés; on note également la présence de d'ensembles volcano-sédimentaires et différents types d'intrusions mis en place au Protérozoïque.

A Zapolyarny, au nord du complexe de Pechenga a été implanté le "Kola Superdeep Borehole", (KSDB-3) sondage le plus profond du monde qui commencé en mai 1970 fût arrété en 1994 faute de moyens après avoir atteint 12.261 m.

De 0 à 6842 m, séquence volcano sédimentaire

  • 0-1400 m faciès prehnite pumpellyite
  • → 3200 m faciès épidote chlorite
  • → 4900 m faciès biotite actinolite
  • → 6000 m faciès épidote amphiboles
  • → 6842 m faciès amphibolites

De 6842 à 12.261 m, roches archéennes

Ce sondage n'a pas permis d'atteindre la discontinuité de Mohorovicic séparant le Sial du Sima, mais a mis en évidence un degré géothermique faible puisque la température n'était que de 210°C à 12.261 m et aussi une zone de fracturation importante entre 7 et 10 km siège d'une circulation de saumures

N.B Le sondage le plus profond de France a atteint 3500 m à Sancerre-Couy (Cher)


Cristaux de kyanite de Keivy
Collection musée de géologie d'Apatity (Kola)

Tectonique et minéralisations
Selon Gorelov & Turchenko (1997), la péninsule de Kola se subdivise en plusieurs unités tectoniques :
Les gneiss granulitiques archéens - constitués de granulites felsiques à deux pyroxènes, de schistes à pyroxène-amphibole, d'amphibolites, de gneiss et de roches charnokitiques. Egalement dans la région de Korva-Kolvitsa des intrusions de typiques de l'Archéen supérieur et dans le bloc central des plutons alcalins. Gîtes de fer, titanomagnétite, sulfures Cu-Ni...
Les ceintures de roches vertes de l'Archéen supérieur - constitués de basaltes d'épanchement sous-marins dits tholéiitiques associés à des komatiites péridotiques... Présence de quelques roches volcaniques felsiques et sédimentaires. Intrusions de gabbros-labradorites... renfermant des formations ferrifères rubannées. Egalement des sulfures Cu-Bi, des gisements de Cu-Mo, du graphite.
Le bassin intra-cratonique de Keivy - constitué de schistes et de paragneiss. Le métamorphisme de schistes riches en alumine a donné d'importants gisements de kyanite et on a relevé la présence de cristaux de staurolite de + de 10 cm.
La ceinture de rift protérozoïque de Pechenga-Varzuga - avec le long des failles des intrusions basiques et ultrabasiques contenant des gisements de Cu-Ni et d'apatite Fe-Ti.


Vue générale du bâtiment abritant le sondage - Au premier plan des épilobes.

Gisements précambriens
Les formations rubanées ferrifères constituées de quartzites datées de - 2830 Ma regroupent plus de dix gisements totalisant plus de 3 milliards de t contenant 23 à 33% de minerai de fer.
Les gisements de Cu-Ni associés à quatre types d'intrusions dont les gabbro-wehrlites (district de Pechenga), les péridotites-pyroxénites-norites (ceinture de rift Péchenga-Varzuga); les intrusions olivites-herzburgites et websterites-gabbros-norites ne sont plus en exploitation.
Le district de Pechenga - Les gîtes de ce district autrefois situés en territoire finlandais furent utilisés par les Allemands au début de la seconde guerre mondiale puis par les Russes qui les gardèrent une fois la guerre finie. Ce complexe comprend 4 formations volcano-sédimentaires totalisant 10 km d'épaisseur et occupant un vaste synclinal de 70 x 35 km. avec d'importantes minéralisations d'intérêt économique chalcopyrite, magnétite... et bornite, cubanite, sphalérite... en minéraux secondaires.
Le district de Monchegorsk - Ces gisements découverts au début du siècle dernier donnaient un nickel pur riche en palladium qui servit entre autres à frapper les premiers "nickels". Un gigantesque complexe produit du cuivre et du nickel par traitement électrolytique mais aussi du rhodium, de l'or, du sélénium, du tellure.... et une importante pollution acidifiant lacs, rivières et forêts.
à suivre

Gregoryceras Spath 1924
Peltoceratinæ (Ammonitina)

Didier BERT

Répartition géographique
L'aire géographique de Gregoryceras est large, pourtour de la méditerranée, Europe occidentale mais aussi Europe de l'est, Madagascar, Iran, Inde, Mexique... Chili, Etats Unis... mais l'auteur traite plus particulièrement les Gregoryceras de l'Oxfordien inférieur et moyen de L'Europe et du Maghreb.

Etude systématique
Famille Aspidoceratidæ ZITTEL 1895
Sous -famille Peltoceratinæ SPATH 1924
Genre Gregoryceras SPATH 1924
Espèce -type : Ammonites transversarius QUENSTEDT 1847


Holotype de Gregoryceras defayi
BERT, MARCHAND, GYCI & DELANOY 2003
Drôme - Ø 74 mm

 


 
Holotype de Gregoryceras ferchaudi
BERT
2004
Poitou - Ø 70,5 mm
 

Diagnose du genre Gregoryceras SPATH (émendation Bert, 2004) : genre regroupant des espèces généralement évolutes de taille petite et moyenne. Le stade juvénile est lisse et la section est sub-circulaire dans les premiers tours. Les côtes sont fortes sans jamais être tranchantes, le plus souvent bifurquées au niveau de la zone péri-ombilicale; ce point de dichotomie est matérialisé par un renflement bulliforme toujours émoussé parfois pincé.
Contenu spécifique du genre Gregoryceras - A l'origine ce groupe comprenait huit espèces du "groupe Peltoceras transversarium" et depuis 14 espèces (dont 3 au Chili) supplémentaires ont été décrites...
Systématique
Remarques sur quelques espèces non retenues parmi les Gregoryceras - Gregoryceras lorioli créé par de Grossouvre (1917) n'est qu'une forme tératologique de Cardioceratinæ. Cet auteur est le premier à reconnaître que la figure originale de Gregoryceras toucasianum de d'Orbigny est un synthétogramme et que celle-ci n'a aucune valeur taxonomique. Gregoryceras pseudotransversarium GYGI 1977 est en réalité un synonyme mineur de Gregoryceras transversarium (QUENSTEDT 1847)
Remarques sur Pseudogregoryceras JEANNET 1951. Ce genre comprenait 3 espèces dont deux furent écartées (tiechei et neumayi) pour cause d'absence de relation phylétique et en 1977, Gygi placa Pseudogregoryceras en sous genre de Gregoryceras.
Conception des espèces - Les espèces du genre Gregoryceras étaient surtout considérées en fonction de leurs caractères typologiques (formes à flancs convexes, à flancs plats, à section trapézoïdale, concaves...). Il a été démontré (Bert et al 2003, Bert 2004...) qu'en réalité la forme de la section n'est pas un critère d'attribution spécifique valable pour les populations de Gregoryceras mais qu'elle fait en réalité partie intégrante de la variation intraspécifique. Ainsi pour une aire géographique donnée il n'existe en fait qu'une seule espèce de Gregoryceras par niveau en particulier pour le domaine téthysien. Globalement tout se passe comme s'il n'existait qu'une seule espèce polymorphe évoluant au fil du temps.

Les caractères à prendre en compte sont la taille qui augmente de 50 mm à 180 mm au cours de l'évolution et à l'ornementation dont six stades ont été définis et huit espèces de Gregoryceras ont pu ainsi être définies au cours de l'Oxfordien inférieur et moyen


Gregoryceras tenuisculptum GYGI 1977
Alpes maritimes -  Ø 76 mm

  1. Gregoryceras iteni (JEANNET 1951)
  2. Gregoryceras defayi (BERT, MARCHAND, GYGI & DELANOY 2003)
  3. Gregoryceras tenuisculptum GYGI 1977
  4. Gregoryceras riazi (de GROSSOUVRE 1917)
  5. Gregoryceras riaziformis BERT 2004
  6. Gregoryceras ferchaudi BERT 2004
  7. Gregoryceras transversarium (QUENSTEDT 1847)
  8. Gregoryceras devauxi BERT & ENAY 2004
Evolution
L'évolution graduelle des Gregoryceras suit un développement centripète (peramorphocline) associant accroissement de la taille adulte (hypermorphose) et apparition de plus en plus précoce des caractères adultes (accélération)
Le problème du dimorphisme chez Gregoryceras SPATH 1924
La maturité des spécimens
L'aspect du péristome chez Gregoryceras
Le dimorphisme sexuel est - à la suite de Makowski (1962) et Callomon (1963) - généralement admis par les paléontologues pour de nombreux groupes d'ammonites mais dans le cas de Gregoryceras, il n'existe à ce jour aucun élément convaincant (BERT 2004)
Le problème de l'origine du genre Gregoryceras SPATH 1924
Le genre Gregoryceras semble apparaître subitement avec l'espèce Gregoryceras iteni (JEANNET 1951) dans la sous zone Cardioceras cordatum. L'hypothèse de BONNOT (1995) selon laquelle Gregoryceras s'enracinerait dans le genre Peltoceratoides SPATH 1924 semble la plus vraisemblable.

Après vos vacances
Joan DEVILLE

Septembre et octobre réservent parfois de belles journées permettant de garder le contact avec la géologie en visitant sites, musées, voire en participant à des excursions et ce mois-ci l'auteur s'intéresse au Limousin (Corrèze, Creuse et Haute Vienne).

Epidote en Bretagne
Louis CHAURIS

L'Epidote de formule Ca2(Fe,Al)Al2[O OH SiO4 Si2O7] offre une densité de 3,4 et une dureté de 6 à 7. Elle appartient au système monoclinique et présente souvent une teinte verdâtre de différences nuances et ses occurrences sont fréquentes dans la péninsule bretonne.


"Pseudo-skarn" de Kerdu - Association
 grenat épidote et quartz - l = 100 mm

Pseudo-skarn

Un "skarn" fissural affleure sur l'estran et la falaise près de Kerdu (Perros-Guirec) dans la zone de contact entre le granite cadomien de Perros et une dolérite filonienne anté hercynienne à l'est de du granite de Ploumanac'h. La paragenèse est constituée de grenat (andradite, grossulaire), de magnétite, scheelite, quartz... et d'épidote se présentant en masses granulaires d'individus jointifs et cristaux prismatiques de teinte verte atteignant parfois 20 mm de longueur.

Schistes verts, pillow-lavas et spilites

  • Porz Mellec (Plestin)

  • Pointe de Séhar (Locquémeau)

  • Pointe de Guilben (Paimpol)

  • Pointe de Caroual

  • Pointe de La Houssaye

  • Carrière de l'étang de Trunvel

Schistes bleus

  • Ile de Groix dont une partie est classée réserve minéralogique, l'épidote est présente sous forme de clinozoïsite et de pistachite avec des teintes de polarisation dites en "lmanteau d'arlequin"

Amphibolites et/ou pyroxénites

  • Pouldu

  • Embouchure du Blavet

  • Bourgerel

  • Guernehé (Billiers)

  • Tréhiguier (Pénestin)

  • Pointe du Bile (Pénestin)

  • Région nantaise

  • Environs de Saint Lunaire

Roches basiques intrusives hydro-thermalisées
L'épidote est un minéral tardif fréquent dans diverses roches intrusives riches en chaux, affectées par des processus hydrothermaux ultimes : dolérites, métadolérites et diabases, kersantites et métahornblendite
Dégénérescence hydrothermale de pegmatites granitiques


Sainte Marie aux Mines 2005

Du 23 au 26 juin, 900 exposants des 5 continents sur 20.000 m² entre l'espace ouvert place des Tisserands et 400 tentes, ont présenté à 25.000 visiteurs des milliers de minéraux et fossiles mais aussi des bijoux, des gemmes, des "objets en pierres"...


Asaphus et Paraceraurus de l'Ordovicien   Région de St Pétersbourg - Russie - L = 9 cm


Sélénite de Naica , Chihuahua - Mexique
Hauteur : 15 cm

Parmi toutes les pièces de qualité présentées, Patrice LEBRUN a pu admirer au gré des stands,
  • Octaèdres de spinelle rouge de Pein Pyit (Mongolie - 200 / 300 €)
  • Pyromorphite en cristaux de 3 mm de section de Guiling (Chine - 600 €)
  • Fluorine en octaèdres de 4/5 cm de Gandzou (Chine - 3200 €)
  • Macle "papillon de quartz de Huxi (Chine - 6500 €)
  • Quartz à inclusions de fluorine d'Amborompotzy (Madagascar - 15 à 100 €)
  • Elbaïtes vertes de la mine de Pedernara (Brésil - 7500 à 12.000 €)
  • Cavansite de Wagholi (Inde - 500 €)
  • Vivianite gemme de 100 mm de Morococala (Bolivie - 4800 €)
  • Campaniles géants du Lutétien de Fleury la Rivière (Marne - Fr - 350 à 550 €)
  • Hippocampe du pliocène moyen de Fiume Marrechia (Italie - 250 €)
  • ... etc