Mimétite et wulfénite de la mine Ojuela, Mapimi (Mexique) l = 60 mm

NUMÉRO 341 - Juillet/Août  2005

Ce numéro voit le retour de la rubrique Fiche Minéralogique due à notre ami belge Roger Warin et la rubrique Petites Annonces qui sont gratuites pour tous nos abonnés.

Dans un proche avenir une rubrique Fiche Paléontologique et puis un forum qui publierait  vos réactions, suggestions et compléments d'in formations aux articles... puis un "Club du renseignement " qui viendrait répondre à vos questions....

Annuaire des Sciences de la Terre

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Les échos favorables à la nouvelle présentation nous conduisent à vous donner
Toujours plus de sujets et d'informations
Bonnes vacances estivales


Les Actualités

Les échos :
Espace géologique à La Bourboule avec notamment une partie consacré au massif du Sancy et à la valorisation de la collection (1500 espèces) de minéraux du club de géologie, stages d'initiation (sur le terrain) aux sciences de la Terre....
Paléosite consacré aux Néandertaliens.
Vulcania : Mise en place du plus grand simulateur (capacité de 60 personnes) européen de séismes.
"Géants disparus" : Exposition de la Société de minéralogie et paléontologie de Dijon
Nécrologie : Disparition à l'âge de 91 ans d'Edouard Gübelin, docteur en minéralogie et un des fondateurs de la gemmologie moderne.

Les nouveaux minéraux (8) : Chronique de Fabien Cesbron

L'actualité paléontologique : Chronique de Patrice Lebrun - Rédacteur en chef -
Découverte d'un sauropode au cou trapu du Jurassique supérieur en Patagonie dans le tithonien. Baptisé Brachytrachelopan mesai, c'est un dinosaure de petite taille (< 10 m).
Symbiose fossile vieille de 600 millions d'années découverte dans les phosphorites marines de la formation de Doushantuo à Weng'an (Chine du sud), elle est basée sur l'association d'un champignon hyphæ finement filamenteux et d'une cyanobactérie coccoïde.
Endémisme au Permien. Découverte de deux nouveaux amphibiens temnospondyles dans la formation de Moradi à 20 km d'Arlit (Nord du Niger) témoignant de l'existence d'un endémisme contrôlé par le climat de la Pangée du Permien Supérieur.


Le Sinémurien - Première partie
Un étage du Jurassique
Enrico POZZI

Généralités et gisements
Le Sinémurien est un étage du Jurassique inférieur ou Lias. Il a été créé par d'Orbigny en 1849 et en 1850 il présenta une liste de 31 ammonites considérées comme caractéristiques de cet étage (T , Céphalopodes p 567). Le nom dérive de Sinemurium, nom latin de Semur en Auxois dont les alentours montrent d'importants gisements.
R. Mouterde, réalisa dans les années 1951/1953, les premières coupes précises considérées comme description du stratotype et en 1980 fixa les repères lors du 26ème Congrès géologique international.
A l'origine le Sinémurien correspondait à l'ensemble du Lias inférieur appelé "calcaire à gryphées arquées" par Dufrénoy et Elie de Beaumont...

Aujourd'hui le Sinémurien est divisée en :


Les gisements

  • Mandelot - (Côte d'Or)
  • Ménétoy - (Côte d'Or)
  • Posanges - (Côte d'Or)
  • Charentois - (Côte d'Or)
  • Nolay - (Côte d'Or)
  • Antigny le Château - (Côte d'Or)
  • Chalet-Voyron et Rif-Tor - (Oisans)
  • Mornay sur Allier - (Cher)
  • Jalogny - (Saône et Loire)
  • Salins les Bains - (Jura)
  • Le Grammont - (Suisse)
  • Col des Euschels - (Suisse)
  • Jansegg - (Suisse)
  • La Tsintre - (Suisse)
  • Les Pâles - (Suisse)

 


Eparietites fowleri (J. Buckman)
Sinémurien supérieur d'Arnay sous Vitteaux (Côte d'Or) - Ø 57 mm


Gagaticeras gagateum (Young & Bird)
Sinémurien sup. d'Arnay s Vitteaux - Ø 41 mm


Mandelot - Côte d'Or

Coupe fournie pour chaque gisement avec indication des sous zones ayant fourni des fossiles. B Bucklandi, C Charlesi, S Scipionianum, Sa Sauzeanum, T Turneri, O Obtusum, Ca Carixien et les numéros indiquent les espèces trouvées : 1 Coroniceras multicostatum, Arnioceras sp., 2 : Coroniceras aff. subrotiforme, C. aff. oblongaries.... etc.
A suivre n° 343


Nomenclature des minéraux : digressions
Seconde partie : Tribulations orthographiques en minéralogie

Jacques GALVIER

Signes graphiques particuliers, subtilités d'emploi
Les réformes de la nomenclature, les ajouts dûment homologués par la CNMMN de l'IMA (invalidations redéfinitions, descriptions de nouvelles espèces, modifications de la classification...) sont admises et assimilées après une période de 2 décennies voire moins.
Concours du tréma
Crocoïte - expression française commune - est une appellation ancienne (in Beudant 1832) nommée tout d'abord crocoïse (du grec krokos qui rappelle sa couleur) puis vers 1970 se transforma en crocoïte. En l'état actuel, dans le but d'être en totale conformité avec l'orthographe en vigueur dans la nomenclature internationale, il convient de s'accorder sur le fait que pour les désinences minéralogiques en "ine" ou en "ite" des noms d'espèces minérales, le "i" doit être prononcé à l'exception de antimoine (antimony dans la nomenclature) et ses dérivés et d'exemples purement francophones issus de noms propres comme descloizite que d'aucuns s'évertuent à prononcer dèscloïzite à l'inverse de zoizite, référence à l'érudit et mécène autrichien Sigmund Zois (1747/1819) dont le nom ne porte pas de tréma.
Nous préconisons ainsi d'adopter comme convention la phonétique [it] ("ite") pour la mise en désinence des noms d'espèces dans toutes les situations.
Les termes actuels de la nomenclature internationale officielle ne font jamais apparaître de tréma sur la lettre "i" celui-ci étant habituellement prononcé sauf dans l'exception francophone quand "i" se trouve précédé de "a", "e" ou "o" comme dans descloizite

Descloizite de Black Butte, comté de Yavapi (Az - Usa) l = 2,7 mm


  Tsumcorite de Tsumeb (Namibie)
l = 2 mm

Quelques accents phonétiques francophones
En français, les accents peuvent être grammaticaux (à), verbaux (î, û) ou phonétiques et ainsi placé sur le "e" l'accent peut prendre les formes aigu, grave ou circonflexe.
Dans la nomenclature hormis le "bêta" français, on ne recense qu'un seul chapeautage du "e" celui de laforêtite ainsi nommée en l'honneur de Claude Laforêt, minéralogiste du BRGM.
Citons le cas de l'espèce dédiée à Jacques Cassedanne, professeur de minéralogiede l'Institut de géosciences de Rio de Janeiro, collaborateur de Minéraux & Fossiles avec la trés française et erronée calligraphie cassedannéite ...
Dans la littérature minéralogique française, on a pris la (mauvaise) habitude de faire appel à ses propres signes graphiques dans l'expression des espèces minérales et de poser des accents là où ils n'existent pas dans les expressions naturelles ou officiellement admises.

Les traits d'union
En général le trait d'union sert à démarquer les préfixes et les suffixes des termes racinaires dans les noms d'espèces minérales mais ne s'emploie jamais pour distinguer des variétés minérales; pourtant sa présence serait bien utile pour la bauranoite que l'on aura tendance à prononcer [boranoit] alors que le "Ba" est l'élément baryum et le terme racinaire uranoite - idem pour la calciouranoite que l'on doit prononcer "calcio-uranoite"
Nous suggérons que l'emploi du trait d'union soit systématique pour séparer deux voyelles ou deux consonnes successives, identiques ou non, appartenant à deux termes distincts servant à la construction d'un nom d'espèce, de même qu'une lettre quelconque de fin de suffixe et un "j" ou un "h" (consonne muette) initialisant un terme racinaire.

Les apostrophes dans les noms d'espèces
Elles sont exceptionnelles mais présentes dans des termes dérivés de noms propres toponymiques ou de personnalités. Citons entre autres la d'ansite définie en 1958, minéral dédié à Jean D'Ans, ancien professeur de minéralogie de l'université de Berlin qui reste un des seuls exemples du répertoire minéralogique avec la o'danielite (1981), la ye'elimite (1985)...

La cédille
La nomenclature n'en compte qu'une seule avec la françoisite-(Nd) une espèce nommée en l'honneur d'Armand François, ancien géologue de la compagnie zaïroise Gécamine pour un minéral découvert dans le gisement de Kamoto-Est au Sud Shaba
A suivre n°344


Préparez vos vacances
Joan DEVILLE

Retrouvez des adresses et les coordonnées de musées, d'associations, d'expositions... et de sites de découvertes se rapportant aux minéraux et aux fossiles dans les régions Basse-Normandie, Haute-Normandie. Le numéro de mai a traité de la Bretagne et des Pays de Loire, celui de Juin du Poitou-Charentes et de l'Aquitaine

Géocronite et jordanite
Roger WARIN

La géocronite est l'une des vingt-quatre phases cristallines appelées "sulfosels" du système PbS-As2S3-Sb2S3. Ce minéral est la phase ternaire la plus riche en PbS et elle apparaît dans des dépôts hydrothermaux dans lesquels la minéralisation en Pb, As et Sb est présente.



Géocronite de Turtschi dans le Biennenthal
Valais (Suisse)

Le terme sulfosel indique un certain type de sulfures non oxydés dont les structures sont différentes de celles des sulfures. Cette classe est représentée par plus d'une centaine d'espèces minéralogiques dont l'importance reste néanmoins mineure et que l'on retrouve associés à des sulfures plus communs dans des veines de nature hydrothermale.

Origine
La géocronite fût découverte à Sala (Suède) et  nommée en 1841 par Svanberg avec les racines grecques "gé" (Terre) et "Kronos" (Titan symbole du plomb pour les alchimistes). Ce minéral apparaît rarement en cristaux mais le plus souvent en masses informes. La mine de Silver King (Utah) a fourni l'échantillon dont la morphologie fût étudiée par Robert D. Douglas.

Cristallographie
Système cristallin monoclinique 2/m
Pseudo orthorhombique
Cristaux rares, se présentant en masse granulaire ou terreuse avec macles répétées [001] ou [101]
Dureté (Mohs) de 2,5 et densité calculée de 6,51.
Opaque, éclat métallique, couleur du trait gris plomb à gris bleu.

Composition chimique
La géocronite est l'analogue antimonieux de la jordanite Pb28As12S46. Alors que la jordanite est est le terme d'une solution solide l'unissant à la géocronite, le terme opposé (sans As) de ces deux sulfosels ne semble pas exister. Les diverses analyses de multiples échantillons d'origines diverses analysés sont compatibles avec la formule générale de la géocronite Pb26-30(As, Sb)12-14S46-48

Jordanite
Minéral de référence de la géocronite, la jordanite est aussi monoclinique et pseudo orthorhombique
La géocronite est constituée d'un assemblage compact d'atomes de soufre formant des couches dans lesquels s'intercalent des couches métal contenant 3 sites Pb et un site As ou Sb.


Jordanite de Lengenbach, Biennenthal
Valais (Suisse)

La vallée de la Binn
Cette région des Alpes est caractérisée par une géologie complexe. A côté de différents gneiss et serpentinites se trouvent des dépôts de schistes du Jurassique et des roches dolomitiques du Trias, ces dernières générant la minéralisation des sulfosels.
Cette dolomite saccharoïde affleure en plusieurs points de la vallée et dés le 18ème siècle la carrière de Lengenbach fut connue pour ses minéraux rares dont sur une soixantaine découverts une dizaine n'ont jamais été découverts ailleurs. Le dernier minéral déterminé par Stefan Graeser (2001) est la sichérite un sulfosel de thallium et d'argent.