Découvrez la nouvelle présentation de la revue qui vous offre en outre 64 pages au lieu de 48 pour un prix d'abonnement inchangé.


Retrouvez la rubrique Actualité

  1. Les échos avec ce mois des brèves sur : les "cristaux de l'Oisans" et "l'affaire des cristalliers", la menace qui pèse sur un site géologique de la région de Barrême, le musée Lecocq de Clermont-Ferrand... un compte-rendu de la bourse de la Roque d'Anthéron
  2. Paléontologie avec 2 sujets "Preuve d'une radiation crétacée des oiseaux modernes" et "Des grands mammifères au Crétacé inférieur"
  3. Nouveaux minéraux
  4. Agenda des bourses et expositions

Coup d'Oeil sur la Réunion
1 - Formation fossilifère du "grès de plage"
Texte, photos et carte de Stephen DURIF

Le "grès de plage" ou "beach rock" est un processus de diagenèse naturelle qui se présente sous la forme de bancs parallèles au rivage à faible pendage vers la mer.

Composition
Grains de sable basaltique, débris ou d'animaux entiers d'origine marine, algues, madrépores, tests de foraminifères, spicules d'alcyonnaires... enrobés dans un ciment calcaire (aragonite, calcite)
Origine de la formation
Le "beach rock" provient de la consolidation du sable biodétritique qui emprisonne des pièces entières. La cimentation se produit à faible profondeur dans la zone tidale où se produirait une activité photosynthétique au contact eau salée eau douce entraînant une précipitation du carbonate de calcium.
Gisements
Les plus remarquables sont ceux de la plage Saint Leu qui peuvent atteindre 5 m d'épaisseur pour 20/30 m de large sur 300 à 500 m de long. Leur âge est évalué entre 5000 et 2800 av. J.C
Cette formation est intéressante car il s'agit d'une fossilisation "actuelle" in situ et de visu relativement rapide permettant d'étudier l'évolution des formes vivantes de la zone.
Rappelons que l'essentiel des lagons sont classés en zone naturelle protégée et que les prélèvements sont strictement réglementés


Page agrandie


Niobite de Creuse et larvilaïte des Côtes d'Armor
"Dubitation"

Jacques GALVIER

Dubitation : du verbe dubiter (employé exclusivement en géologie). Faculté de formuler dans son esprit plus de questions que le cerveau ne peut apporter de réponses.

Les sciences de la Terre sont bâties avant tout sur des faits d'observation, incontournables, dont les modélisations informatiques modernes, qui cherchent à les substituer, ne donnent qu'une approximation. A partir de l'évidence des faits, sont établies des hypothèses sur lesquelles sont ensuite échafaudées des interprétations. Les données en géologies sont hors d'échelle de notre environnement quotidien (les heures deviennent des millions d'années, la surface d'une pièce, d'un terrain devient celle d'un bassin sédimentaire....) et notre conception rationaliste de cet environnement est pervertie alors que notre discernement est perturbé.
Dans son numéro 336, Minéraux & Fossiles, l'article de M. Galy donne tout à la fois des informations inédites et originales sur la Creuse qui outre ses granites et leucogranites hercyniens (utilisés pour les bordures de trottoirs et les pavés parisiens) présente des anatexites et des granites d'anatexie à cordierite


Page agrandie

Les pegmatites granitiques sont les habituels hôtes des minéraux niobio-tantalifères lorsque le niobium et le tantale se sont trouvé en teneurs suffisamment élevés dans des liquides magmatiques différenciés (résiduels).
L'auteur mentionne la présence d'or sur des gneiss et de la rhyolite ce qui laisse à penser que si cette prospection était alluvionnaire on se trouve devant une situation inédite laissant penser à un volcanisme récent inconnu dans cette région.

Les minéraux niobio-tantalifères les plus répandus appartiennent au groupe de la columbo-tantalite dont la discrimination visuelle des espèces est quasi impossible. Le terme niobite est un synonyme désuet de columbite.

En 1801 C. Hatchett isola un métal inconnu dans une pegmatite et le nomma niobium (en référence à Niobé la déesse des larmes, fille de Tantale) . En 1805,  Robert Jameson, minéralogiste écossais  nomma columbite (en référence à Christophe Colomb) le minéral d'où fut extrait le niobium.

La seconde partie de l'article de M. Galy parle de pétrographie et non de minéralogie puisque la larvilaïte (ou laurwikite) est une roche. Si ces formations sont avérées, il s'agit d'une découverte inédite qui aurait justifier un article complet.
Les larvikites ont été définies dans la région de Larvik au sud de la Norvège où elles étaient exploitées en carrières comme pierres décoratives compte tenu de la présence de grands cristaux d'anorthose. Ce sont des roches magmatiques plutoniques sous-saturées en silice de la famille des syénites.

Micrographie des surfaces cristallines
Anthony DE GOUTIERE
Traduction de Patrice Lebrun

Les substances cristallines formées dans la croûte terrestre ont été soumises à des changements importants de température et de pression. Superficiellement, des structures microscopiques se sont développées, très souvent géométriques suivant la structure atomique du cristal hôte.

Le matériel utilisé a été un Canon digital SLRD (digital) EOS monté sur microscope Wetzlar.
La lumière était assuré par deux fibres optiques à intensité lumineuse variable orientées obliquement par rapport aux surfaces de manière à accentuer le relief.

Fig. 2 & 3. (en haut et à gauche) prises sur la partie non polie d'un cristal de béryl vert pâle mesurant 57 x 11 mm pour 42,97 carats.

Fig. 4. Diamant octaèdre de 1,39 carat.

Fig.5. Microphotographies d'une des faces du diamant ci dessus


Page agrandie


Nouveau panorama des échinodermes - Quatrième partie
Bertrand LEFEBVRE (chargé de recherches au CNRS) & Jean-Pierre PRANDINI

Si aucun fossile d'échinoderme n'a été retrouvé à ce jour dans les roches du Précambrien (> à 540 millions d'années), trois types d'arguments suggèrent leur présence :

  • La biologie moléculaire à partir d'estimation sur le taux de mutation de certains gênes indique que l'ancêtre commun chordés échinodermes vivaient de - 1000 à - 600 millions d'années

  • Des embryons phosphatés découverts dans le Précambrien terminal de Chine ressemblent fortement à ceux des échinodermes

  • Des fossiles d'organismes mous d'"Ediacara" présentent des de vagues symétries 3 et 5.

L'ère primaire voit apparaître les plus anciens représentants de la quasi-totalité des phylums actuels (arthropodes, brachiopodes... échinodermes ...vertébrés.. ) qui vont acquérir la capacité à secréter un squelette minéralisé. Cette diversification majeure a été favorisée par la multiplication des niches géologiques dues à la dislocation du super-continent Rodinia. Ainsi les couches les plus anciennes de l'ère primaire contiennent des fossiles de toutes les classes d'échinodermes à l'exception des blastoïdes.

L'évolution des fonds marins expliquent l'apparition, l'évolution ou la disparition des échinodermes. Au Précambrien terminal les fonds étaient "scellés" par des voiles bactériens qui formaient en surface une couche ferme et spongieuse, puis vint la bioturbation entraîna la disparition ces fonds au profit de substrats et aérés et ce fut le développement des fonds indurés (carbonatés) dans les mers chaudes ce qui va entraîner une importante radiation avec la domination des crinoïdes.


Page agrandie

La première grande crise biologique à l'échelle de la planète date de la fin de l'Ashgillien ou Ordovicien terminal. Elle toucha fortement les échinodermes pelmatozoaires. Cette crise se déroula en deux phases une glaciation avec une très forte chute du niveau marin (régression mondiale) puis dés le Silurien un réchauffement avec une remontée du niveau (transgression marine) suite à la déglaciation qui aurait privé les eaux profondes d'oxygène.

Au Dévonien supérieur alors que les masses continentales se regroupent pour former à nouveau un super-continent La Pangée la crise appelée limite Frasnien-Famennien vit l'extinction de 21% des familles, 50% des genres et 75% des espèces. Le fait majeur fut la quasi disparition du milieu récifal qui occupait une surface 10 fois supérieure à ce qu'il est de nos jours.

La fin de l'ère primaire fit la plus grande crise que la terre ait connue avec la disparition de 57% des familles et 90% des espèces. Seules 5 classes d'échinodermes purent survivre (crinoïdes, astéroïdes, ophiures, holothuries et échinidés).

A l'ère secondaire, l'éclatement de la Pangée favorise de nouvelles et importantes diversifications. L'arrivée des prédateurs (crustacés décapodes, poissons téléostéens) font disparaître ophiures epibenthiques (vivant en surface du fond) et crinoïdes pédonculés au profit d'espèces mobiles ou fouisseuses. La crise du secondaire qui vit l'extinction des dinosaures n'affecta pas la plupart des familles d'échinodermes.
Les auteurs donnent à la fin de l'article une bibliographie de 70 ouvrages.

Préparez vos vacances
Joan DEVILLE

Retrouvez des adresses et les coordonnées de musées, d'associations, d'expositions... et de sites de découvertes se rapportant aux minéraux et aux fossiles dans les régions Bretagne et Pays de Loire. Les deux prochains numéros (juin et juillet traiteront les autres régions)

Minéraux, fossiles et contrebande
Philippe AUREGLIA

La législation semble floue d'autant qu'en France les minéraux et les fossiles sont légalement assimilés à des biens culturels et que la convention de l'Unesco sur les biens culturels du 14 novembre 1970 ne fait qu'une seule allusion au domaine minéral  dans l'article premier ".....sont considérés comme biens culturels les biens qui à titre religieux ou profane, sont désignés par chaque Etat comme étant d'importance pour l'archéologie, la préhistoire, l'histoire, la littérature, l'art ou la science et qui appartiennent aux catégories ci-après :
a) collections et spécimens rares de zoologie, de botanique, de minéralogie et d'anatomie; objets présentant un intérêt paléontologique
"
Deux seuls cas sont à signaler en France, la vente, dans les années 1980, par des particuliers (à l'aide d'une publicité tapageuse) de fossiles provenant de gisements de la région de Chambéry et des Alpes de Haute-Provence et la saisie au port du Havre le 14 juin 1999 suite à une "fausse déclaration d'espèces" - les produits déclarés ne sont pas ceux contenus dans les caisses - de 315 oeufs de 12 kg chacun. A vrai dire les douaniers classèrent ces oeufs comme des "oeufs de dinosaures" alors qu'il s'agissait d'oeufs d'Æpyornis maximus sorte d'Autruche géante endémique à Madagascar et qui disparût vers le 17ème siècle très probablement anéantie par l'homme.