Quartz "Gwindel" enfumé de Val Stöckli (Val Giuf, Grisons - Suisse) Long : 19 cm

NUMÉRO 338 - Avril  2005

Patrice LEBRUN et Minéraux & Fossiles attirent l'attention des lecteurs sur le sort des mines de La Gardette et du Pontet que la DRIRE envisage pour des raisons de sécurité et - aussi pour éviter toute action en justice contre l'Etat en cas d'accident - de foudroyer à l'explosif .
La mobilisation des minéralogistes, des élus et des responsables de musées français et étrangers ont permis de surseoir à "l'anéantissement" de ce haut lieu de la minéralogie française dont le quartz figure en bonne place dans les musées internationaux et fut utilisé pour les lustres du château de Versailles.
La vigilance doit être de mise et un soutien au Syndicat intercommunal des communes de l'Oisans qui se propose de gérer ces sites doit être fait www.lagardette.com et www.lagardette.info

Annuaire des Sciences de la Terre

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Retrouvons dans ce numéro :
Une nécrologie de Hubert CURIEN (1924-2004) et un compte rendu de la bourse de Munich.


Nouveau panorama des échinodermes - Troisième partie
Bertrand LEFEBVRE (chargé de recherches au CNRS) & Jean-Pierre PRANDINI

Crinozoaires
Stylophora (Gill & Caster 1960) classé autrefois dans les "carpoïdes" sont connus du Cambrien moyen jusqu'au Carbonifère supérieur et leurs restes ont été décrits en Asie, Afrique, Amériques, Australie...
Ceux sont des organismes asymétriques aplatis doté d'un appendice articulé l'aulacophore.
Crinoidea (Miller 1821) ou lis de mer. Connue depuis l'Ordovicien inférieur jusqu'à l'époque actuelle. Il s'agit de la seule classe "pelmatozoaire" (organismes attachés au fond marin ou à un support) vivant actuellement.

Astéorozoaires
Somasteroidea (Spencer 1951). Cette classe regroupe plusieurs genres d'astérozoaires tous paléozoïques et il est aujourd'hui communément admis que les somastéroïdes représentent le groupe souche dont dérivent les deux autres classes (étoiles de mer et ophiures)
Ophiuroidea (Gray 1840). Connues dés l'Ordovicien inférieur, les ophiures sont des formes très proches des Asteroidea. Caractérisées par^par la présence d'un disque central bien individualisé dont émanent des bras grêles et allongés qui sont des extensions de l'ensemble de la paroi du corps.


Crinoïde Comatulida Solanocrinites thiollieri (de Loriol) - Kimméridgien - France



Ophiuroïde Tæniaster ibericus Hammann & Schmincke - Ordovicien moyen - Espagne

Asteroidea (Baumeister 1837) ou étoiles de mer. Découverts dans l'Ordovicien inférieur, les Asteroidea sont des échinodermes éleuthérozoaires (mobiles) caractérisés par un corps dont la face orale (tournée vers le bas) est aplatie et la face dorsale (tournée vers le haut) est plus ou moins bombée. Les bras sont comme pour les ophiures des extensions du corps mais les étoiles de mer ne possèdent pas de disque central bien différencié. Les bras jamais ramifiés sont généralement au nombre de 5 mais peuvent atteindre 6, 10 voire 15 ou même 30
Echinozoaires
Ophiocistioidea (Sollas 1899). Du grec "Corbeille à serpents" les ophiocistioïdes sont des échinozoaires primitifs connus de l'Ordovicien inférieur au Permien et qui ont été décrits en Afghanistan, Australie, Europe... Pentaradiés libres, au corps plus ou moins bombé, ils présentent une capsule dorsale et une face orale (Ubaghs 1953, 1966)
Holothuroidea (de Blainville 1834) ou concombres de mer. Signalés dés l'Ordovicien, les restes entiers sont rares - du fait de l'absence de squelette rigide - et l'on retrouve le plus souvent des restes microscopiques, des spicules osseux nommés sclérites. Certaines holothuries se retrouvent flottant dans le plancton (Pelagothuria natatrix) tandis que d'autres peuvent atteindre 200 cm de long pour 5 de diamètre (Synapta maculata). De couleur grisâtre ou marron dans les mers européennes, elles peuvent prendre de vives couleurs dans les récifs coralliens. Ces concombres de mer se retrouvent dans toutes les mers, tous les biotopes jusqu'à des profondeurs de 10.000 m où ils semblent avec d'autres échinodermes constituer la majorité des êtres vivants.


Ophiuroïde et astéroïde de l'Ordovicien supérieur (Maroc)

Echinoidea (Leske 1778) ou oursins (échinidés). Connus dés l'Ordovicien supérieur, cette classe qui comptait quatre ordres au Paléozoïque n'en compte plus qu'une aujourd'hui les Cidaroida. Les échinidés sont des échinodermes éleuthérozoaires (non attachés) dont le test présente une face inférieure aplatie où se trouve la bouche et une face supérieure plus ou moins bombée. A partir de formes globuleuses à symétrie pentaradiée (échinidés réguliers) l'évolution s'est caractérisée par une évolution des formes en rapport avec l'adaptation à d'autre biotopes entraînant des modifications morphologiques (échinidés irréguliers)

A suivre


Quartz Gwindel
Roger WARIN

L'aspect typique d'un cristal de quartz est est celui d'un prisme hexagonal surmonté de deux pyramides terminales. En fait la pyramide apicale pseudo-hexagonale est la combinaison de deux rhomboèdres dont l'orientation est décalée à 60°. Du fait de l'absence de symétrie, certaines faces n'ont pas de parallèles en position opposée et deux structures spatiales sont possibles donnant un quartz "droit" ou bien un quartz "gauche".
Gwindel (ou Gwindln) est un mot issu d'un patois helvète désignant une malformation du genou, signifiant tordu. En français ces quartz sont appelé quartz-peignes et en anglais twisted quartz.

Cet échantillon illustre un groupe que l'on que l'on dit ouvert formant un double peigne. Présenté verticalement par rapport à son élongation selon un axe a, il est fait de superposition de plusieurs individus placés horizontalement (axe c). En fait grace à un aplatissement progressif cet échantillon évolue vers ce que l'on appelle un Gwindel fermé.
Ceci est dû à la longueur quasi égale de chaque individu, alors que dans des Gwindel plus "grossiers" ils raccourcissent progressivement quand l'édifice s'allonge.
La conséquence de cette régularité, c'est la fusion de certaines faces en une seule.

L'auteur nous présente 18 photos de diverses groupements cristallins permettant à l'amateur  de mieux décrypter un Gwindel

Ce Gwindel est droit comme l'attestent de petites faces plagièdres et sa torsion vers la gauche. Cet exemple est intéressant car il montre que l'élongation selon l'axe a n'est pas nécessairement perpendiculaire à la gangue rocheuse.


A propos des raz-de-marée
Joan DEVILLE

Océans et les mers ne sont que des accumulations d'eau dans des dépressions naturelles entourées de terres émergées et l'eau comme tous les liquides est incompressible et se stabilise à l'horizontale.
Si une force modifie brutalement cet équilibre mobilisant une colonne d'eau de plusieurs mètres sur une surface de 100.000 km², l'eau va tendre à retrouver son horizontalité et à occuper toute la nouvelle dépression qu'elle ait augmenté ou diminué. Ainsi les causes du raz-de-marée :
  • le volume de la dépression augmente suite à un effondrement du fond par un tremblement de terre, il se produit en surface un "creux" d'où une forte agitation de l'eau

  • le volume de la dépression diminue suite à la surévaluation d'un bloc par un tremblement de terre - cause des évènements de décembre 2004 -

  • explosion volcanique comme le Krakatau (1883) qui créa une vague de 30 m qui tua 30.000 personnes à 120 km.

  • essais atomiques par l'évaporation d'une masse d'eau énorme en quelques secondes

  • impact de météorites

La longueur des ondes dépend de la période et de la vitesse de propagation elle même fonction de la hauteur d'eau. Par grande profondeur (5500 m) la vitesse est rapide (800 km/h) et la période longue (150/200 km.), ces deux dernières diminuant avec la profondeur ce qui explique l'accroissement de la hauteur de la vague à l'abord des côtes (85 m en 1771 au Japon, 67 m le 28 mars 1964 en Alaska)

Le raz de marée est un phénomène immémorial et nombre d'auteurs avancent que l'éruption du Santorin (1500 av. J.C) a généré une vague de 150 m de haut qui aurait anéanti la civilisation crétoise. Citons la vague de 31 m qui tua le 12 juillet 1993 à Okushiri (Japon) 239 personnes.... et plus prés de nous les raz de marée de Antibes ( 165 et 1818), Marseille (1725 et 1821)....
Il existe des réseaux de surveillance notamment dans l'océan Pacifique mais le problème reste de savoir qui doit être prévenu et comment préparer rapidement ( 10/20 h) à évacuer des zones à forte densité comme la mégalopole de Los Angeles.