Malachite de Kolwezi (R.D.Congo)
larg. = 9 cm

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NUMÉRO 336 - Février  2005

Patrice LEBRUN, nous informe de la parution du premier volume (sur 3) de la nouvelle édition -   après 30 ans d'attente - revue et augmentée des Minéraux, leurs gisements, leurs associations de P. Bariand, F. Cesbron et J. Geffroy.

Nouvelle attaque sur Internet par un professeur d'université contre les collectionneurs de fossiles en demandant une interdiction pure et simple de la récolte des fossiles considérant que "les gisements paléontologiques correspondent à des lieux de mémoires au même titre que les sites archéologiques" et qu'une"commercialisation abusive est à l'origine d'un pillage des gisements"

Annuaire des Sciences de la Terre

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Rubriques "Les Echos" et "Analyse d'ouvrages"
Albert Dumur nous fait le compte-rendu de la  bourse de Jouy en Josas avec toujours des photos de qualité.

Nouveau panorama des échinodermes - Première partie
Bertrand LEFEBVRE (chargé de recherches au CNRS) & Jean-Pierre PRANDINI

Dans son ouvrage consacré aux oursins, Patrice LEBRUN (1988) soulignait d'emblée l'homogénéité du phylum des échinodermes même si tous les échinodermes n'ont pas la peau épineuse, ni une symétrie axiale de base 5 et même si tous ont des ambulacres...encore ne faut-il pas se fier à l'étymologie du nom (du latin ambulare, marcher) car ceux-ci ne sont pas fondamentalement des organes de locomotion

Si le meilleur ouvrage sur ce phylum reste le Treatise of Invertebrate Paleontology (parties S-1966-, T-1967-, U-1987-) de R.Moore qui décrit de nombreux genres des 22 des 23 classes connues ce jour, il présente l'inconvénient d'être en anglais et de proposer une phylogenèse qui n'est plus d'actualité.
Les deux caractères permettant de déterminer qu'on est en présence d'un échinoderme sont la nature du squelette "externe" et la présence d'un système aquifère
Les deux ouvrages de référence sur ces échinodermes de P. LEBRUN sont encore disponibles

Origine et filiation (phylogenèse) des échinodermes
La diversification a été rapide (50 millions d'années) puisque les 20 classes existaient au Paléozoïque et même pour la plupart au Cambrien et Ordovicien.
Au Précambrien, aucune découverte si ce n'est "Arkarua" ?.
La théorie de la "Dipleurula" par Bather selon laquelle l'histoire du phylum serait reproduite dans les phases successives de la maturation de l'individu,de l'embryon à la forme définitive. Dipleurula est le premier stade à partir duquel les larves se développent et se distingue de l'oeuf au moment de la gastrulation (formation du tube digestif) mais selon Ubaghs, la Dipleurula n'apparaît comme une forme fugace, voire implicite, que dans l'ontogenèse de 5 classes d'échinodermes actuels.


Crinoidea : Dorycrinus gouldi, Carbonifère (Indiana - Etats Unis)

Certains échinodermes du Paléozoïque inférieur à l'allure vaguement bilatérale et dépourvus de trace de pentamétrie (carpoïdes, homalozoaires) ont conduit certains auteurs a suggéré que les "carpoïdes" seraient le "chaînon manquant" entre échinodermes et chordés (Jefferies 1967, 1990).
Les derniers travaux de phylogénie moléculaire indiquent qu'au sein des deutérostomes, les échinodermes sont davantage apparentés aux hémichordés qu'aux chordés.
Les faunes du Cambrien inférieur de Chine et plus particulièrement les vétucoliens (groupe disparu) permettront-ils de lever le voile sur les origines des échinodermes.

Formes radiées et formes non radiées
La pentamétrie (ou son absence) a été longtemps considérée comme un des caractères fondamentaux dans la classification des échinodermes mais l'absence de symétrie radiée chez les "carpoïdes" conduisit Bather (1929) à une subdivision du phylum en 2 groupes, "Radiata" et "Bilateralia" mais ce second terme s'est trouvé vite inapproprié pour certains groupes.
Certains auteurs (David & Néraudeau - 1994) ont envisagé l'hypothèse qu'une trimérie (présente chez les hélicoplacoïdes, certains édrioastéroïdes...) précédait la pentamétrie dont nombre d'auteurs pense qu'elle provient d'un processus complexe de modification de la morphologie pour s'adapter à un mode de vie fixée. Cette pentamétrie a évoluée pour s'adapter aux conditions de survie (ophiures, crinoïdes, étoiles de mer...)

Formes fixes et formes libres
La coexistence ancienne des formes fixées (pelmatozoaires) et des formes libres (éleuthérozoaires) suggère l'importance du milieu la structure radiée permettant une meilleure fixation et le squelette interne une protection pour des formes incapables de fuir.
"Sédentarité - mobilité", "attachement-autonomie" apparaissent aujourd'hui comme des caractères moins déterminants compte tenu du déplacement (par le courant, par leurs propres moyens, par la fixation à un support mobile....) de certaines larves comme les crinoïdes qui par la suite connaissent un "état fixé".
A l'échelle géologique, les observations les plus récentes incitent à garder l'hypothèse d'une tendance dominante à une évolution de l'attachement vers l'autonomie.
Vingt deux édrioastéridés de Ø 4 à 7 mm (21 Hemicystites bohemicus et 1 Argodiscus homyl - ce dernier de diametre un peu plus grand) attachés à la carapace d'un trilobite (L= 97 mm Selenopeltis buchi buchi du silurien de Bohême (Tchéquie). Dessin d'après moulage - Original au Musée de Prague
Ces organismes se sont développés sur l'animal vivant sans gêner ses mouvements (Prokop 1965)

Eclairage de la théorie extraaxiale-axiale
Cette théorie (Mooi et al 1994, David & Néraudeau 1994....) met en évidence un caractère fondamental permettant de déterminer de manière cohérente des différenciations successives des principaux groupes

Elle considère comme caractère déterminant la composition du squelette, laquelle est en rapport étroit avec cette composante organique propre au phylum qu'est le système aquifère. Validée par des observations embryologiques, elle présente l'avantage d'être applicable aux formes fossiles
A suivre

Indices de niobite et d'or (Creuse) et larvilaïte (Côtes d'Armor)
J.A  GALY

Ce bref article présente les résultats de recherches dirigées initialement sur l'or au sud du village de Sainte Feyre (Sud de Guéret - Creuse -). Les sondages du ruisseau de la Bétoule laissèrent apparaître des petits cristaux brun foncé à noir de niobite (FeMn)Nb2O6 et un indice important constitué de filons et stockwerks fût découvert principalement dans le gneiss. Ces mêmes recherches permirent également la découverte d'un indice de gisement de columbo-tantalite (Fe,Mn)(Nb,Ta)2O6. Un important indice d'or libre dans du quartz, enchassé dans du gneiss, du granite, du leptynite...a également été mis à jour

A l'occasion de la découvert d'un indice de niobite au nord-est de Loudéac - Côtes d'Armor, fût découvert un intéressant gisement de laurwikite, roche non exploitée en France mais extraite du graben permien d'Oslo (Norvège) pour la construction de décoration funéraire.

Deux cartes situant les indices sont données par l'auteur

La malachite - Première partie
Joan DEVILLE

Etymologie : du grec Malakhe (Mauve) en allusion à la couleur du feuillage d'un vert très particulier de cette plante médicinale.
Un peu d'histoire
Ce fut probablement le minerai de cuivre de la Préhistoire ( 5000 ans avant J.C) car affleurant au Proche Orient (Période Chalcolithique) elle permet à une température de 7/800°C (charbon de bois incandescent) de donner un cuivre métallique malléable.
L'Egypte utilise ses pigments pour les peintures et la civilisation romaine diffusent cette technique.
La haute antiquité l'utilise comme pierre de décoration - Temple de Diane à Ephèse -
Les femmes mésopotamiennes et égyptiennes s'en servent comme fard à paupières.
Théophraste (372-287 av. J.C) la cite sous le nom de "chrysokolla" minerai de cuivre
Pline l'Ancien (23-79 av. J.C) la nomme "malâche"
Agricola (1546) la nomme "molochite"
L'abbé Fontana (1778) la nomme cuivre carbonaté
Buffon écrit dans sa Minéralogie " On pourra voir au Cabinet du roi les superbes morceaux de malachites soyeuses, cristallisées,  mamelonnées dont l'auguste impératrice de Russie a eu la bonté de me faire don"



Malachite et azurite de Governador Valadares, Minas Gerais - Brésil - L = 15 cm

Ce minéral fut étudié par Brasseur et J. Toussaint (1938) qui proposèrent sa structure. L. Ramsdell et C.V Wolfe (1950) revirent et corrigèrent leurs conclusions.

Caractéristiques minéralogiques
Classification : Carbonates hydroxydés avec anions libres.
Classe cristalline : V, monoclinique holoèdre 2/m.
Paramètres de la maille cristalline
Formes cristallographiques : pinacoïde, prisme...Dana (1951) cite 8 formes. Macles fréquentes.
Structure cristalline : chaque ion de cuivre est entouré de deux ions hydrogène et deux (OH)-
Caractéristiques physiques : dureté Mohs 3,5 à 4; densité 4,05; très biréfringente, pléochroisme faible..

Habitus
Cristaux isolés de grandes dimensions rares.
La malachite se trouve en masses concrétionnées, zonées....d'un volume parfois considérable. La surface est lisse, la partie interne fibreuse, radiée avec des bandes parallèles de couleur.
Grande variété de pseudomorphoses principalement après azurite, cuivre et cuprite.

Sur le plan chimique
Ce carbonate de cuivre hydraté a pour formule Cu2+2(CO3)(OH)2 et la première analyse est due à Vauquelin puis Berthier analysa des échantillons de Chessy. La malachite contient en moyenne 71,95% de CuO, 19,90% de CO2 et 8,15% de H2O.
A suivre

De l'opportunité du choix d'un échantillon minéralogique et
de la nécessité de collectionner
Roger WARIN


Tourmaline de Coronel Murtas (Minas Gerais)
28 x 5 cm

Les vrais collectionneurs n'investissent pas dans leurs achats, ils se contentent de l'échantillon le plus approprié à leur collection. Néanmoins la minéralogie est spéculative et certaines pièces ont vu leur prix x par 10 à 100 tourmalines rouges d'Itatiaia, mine Jonas, Minas Gerais au Brésil, rhodochrosites d'Hotazel au Kalahari en Afrique du Sud, apatites de Panesqueira au Portugal....ou bien les prix sont restés stables ou ont perdu de leur intérêt par une grande production des mines.

Parmi les béryls, citons les héliodores de Wolodarsk (Ukraine), les béryls framboise ou pezzotaïtes de Madagascar, les stibines géantes et les découvertes de Chine....etc.

Que faire? Se faire plaisir en acquérant un échantillon le plus parfait possible, pas d'ébréchures, cristaux bien formés, pas de dépôts, couleur franche...en sachant que la valeur est corrélée à la dureté même si certains carbonates comme l'azurite, la cérusite et la rhodochrosite sont très appréciées. Aussi pour certaines calcites et fluorines.

De la nécessité de collectionner
Adalberto GIAZOTTO
, de Pise (Italie) est un des plus grands collectionneurs contemporains au monde et son objectif est de constituer une collection dans le but de conserver des exemplaires des minéraux de la même manière que les chefs d'oeuvres de la peinture, de la sculpture....sont préservés
Extraits des propos de M. A. GIAZOTTO
Les pièces minéralogiques de grande taille et de grande beauté sont extrêmement rares. Leur préservation dépend du goût, de l'intelligence et des connaissances qu'ont les hommes vivant en milieu minier.....la nature est avare d'exemplaires hors du commun et les explosifs utilisés massivement pour extraire le minerai détruisent tout...Il n'y a pas de culture de masse en ce qui concerne les minéraux...En général les experts d'art méprisent complètement l'esthétique naturelle et énergique de certaines pièces minéralogiques. Si des échantillons exceptionnels étaient exposés dans les musées d'art, ce profond vide culturel serait peut être vaincu...

La collection de M. GIAZOTTO avoisine les 1000 pièces et il a récemment regroupé d'incroyables spécimens de soufre associés à d'autres minéraux en faisant du porte à porte auprès d'ex-mineurs en Sicile (région d'Agrigento, Enna, Caltanissetta).
M. GIAZOTTO souhaite sensibiliser les autorités européennes à la minéralogie à un moment où les budgets sont rognés et ou actionnaires préfèrent distribution de dividendes à mécénat.

Citons en exemple le MNHN de Luxembourg dont la section minéralogique dirigée par M. Simon Philippe grâce aux autorités du Grand Duché et au mécénat privé a initié un musée moderne. Les collections amateurs réunis aujourd'hui correctement étiquetés seront demain une source d'informations pour les scientifiques de demain et après des années de léthargie, les musées pourront retrouver des spécimens "modernes" à présenter à leur public.