Tongoboryceras sp du Coniacien
Bagua Grade Amazones - Pérou - Ø 110 mm

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NUMÉRO 335 - Janvier  2005

Patrice LEBRUN, nouveau rédacteur en chef signe son premier éditorial en nous annonçant pour un prochain numéro plus de pages, d'informations et d'articles sans augmentation de l'abonnement.

La collection des Minéraux de Jussieu qui expose l'une des plus célébres collections privées de météorites, celle de M. Alain Carion, semble (avec une quasi certitude) ne devoir être que déplacé dans une autre aile du campus.

Annuaire des Sciences de la Terre

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Fabien Cesbron présente 7 nouveaux minéraux.
Albert Dumur nous fait les compte-rendus des bourses de Saint Raphael et Lyon avec toujours des photos de qualité.

L'origine des chevaux
de Hyracotherium à Equus - Deuxiéme partie
Jean-Pierre SYLVESTRE avec la participation de Patrice LEBRUN

Dinohippus, l'ancêtre du cheval moderne
Les descendants de Pliohippus continuent de prospérer en Amérique du Nord et apparâit au Miocène supérieur l'ancêtre d'Equus, Dinohippus avec 3 espèces dont D. coalingensis, D. leardi...

Equus, le cheval moderne
Equus, apparu il y a 4 millions d'années, peuplait l'Amérique du Nord et si les squelettes complets sont rares, les paléontologues ont néanmoins décrits 59 espèces et 5 sous-espèces. Les dimensions étaient trés diverses allant de l'onagre pygmée (Equus tau) au cheval géant (Equus giganteus).
Les espèces les plus communes furent le cheval de Scott (Equus scotti) et Equus occidentalis. Citons également le zébre d'Amérique (E. simplicidens), le cheval de Mooser (E. parastylidens)....
La découverte dans le Yukonnais (Canada) d'une peau de E lambei (vieille de 26.000 ans) et de pattes momifiés permirent par une analyse ADN de montrer la trés proche parenté avec les actuels Equus.


Cladogramme de la famille Equidæ

Equus atteignit le continent sud-américain au début du Pléistocène et 3 espèces se différencièrent : le cheval nain des Andes (Equus andium), le cheval préhistorique argentin (E. curvidens) et.... qui disparurent à la fin du Pléistocène il y a 10.000 ans.
L'extinction d'Equus du continent nord américain il y a 8000 ans serait due à une épizootie dévastatrice.

Equus, en Eurasie
Equus franchit la Béringie pour atteindre l'Asie avec le cheval indien (E. sivalensis) puis l'Europe avec le cheval de Sténon (E. Stenonis) apparenté à un zébre primitif. Dix-huit espèces de ce dernier furent identifiés parmi lesquelles outre E. stenonis (6 sous espèces), E. bressanus (France), E. stehlini (France), E. suessenbornensis....E. taubachensis, E. palustris (France)...
Les chevaux stenoniens furent à la fin du quaternaire remplacé par le cheval de Przewalski, le tarpan (E.gmelini) et le cheval caballin moderne (E. caballus) qui furent domestiqués il ya 5000 ans.
Les cheval sauvage "pur" n'existe plus.
Les espèces d'Equus actuelles sont 3 espèces de zébre dont celui des montagnes (Equus zebra), l'âne sauvage d'Afrique (E. africanus), l'hémione (E. hemionus), le kiang du Tibet (E. kiang) et l'onagre
(E. onager). Le zébre d'Afrique du sud ou couagga (E. quagga) disparut à la fi du 19ème siècle.
Le retour du cheval en Amérique du nord
Le 25 septembre 1493 17 caravelles avec une trentaine de chevaux quittèrent l'Europe et le mustang ( de mestena, troupeau ou horde ?) naquit de ces chevaux espagnols importés au 16ème siècle.
Classification des équidés
En 1992, Bruce J. Macfadden proposa une classification actualisée des équidés fossiles et actuels
Class Mammalia Linné 1758 - Ordre Perissodactyla Owen 1848 - Famille Equidæ Gray 1821 avec 3 sous familles dont celle des Equinæ Gray 1821 à laquelle appartient
Equus Linné 1758.

L'auteur nous donne la liste des galeries où les amateurs peuvent voir des chevaux fossiles

Muséum de l'Université de Provence à Marseille
Texte et photos de Philippe AUREGLIA

Ce musée de paléontologie est ouvert (sur rendez vous) aux amateurs et leur permet d'observer certains fossiles-types. A l'entrée une ammonite de Ø 100 cm du crétacé supérieur (Coniacien supérieur ou Santonien, La Cadière d'Azur), puis des vitrines avec une carapace intacte de tortue de 28 cm de longueur (Owenemys corroyi Bergonioux, Yprésien supérieur, La Palette)...puis les une plaque avec des Prolebias (long : 30 mm) du Stampien supérieur...un spécimen de 29 cm de Sapindophyllum marioni Laurent (Turonien supérieur de la Mède)....

Une trés belle collection de rudistes (bivalves) du professeur Jean Philip, conservateur du musée. Une vitrine d'oeufs de dinosaures et un os de Botriospondylus madagascariensis...

Un fossile est d'abord un objet de science avant d'être un objet d'art  et la protection du patrimoine géologique fait l'objet de nombreuses explications avec une lutte contre le mercantilisme et la vente des fossiles. www.up.univ-mrs.fr/paleontologie-provence/

Serpentinites et chromite en Bretagne
Louis CHAURIS
A la mémoire de Jean Bouladon, géologue au BRGM

Si les occurences de serpentinites sont connues de longue date, Lacroix dans sa Minéralogie de France ne cite que la carrière de Malabry comme occurence de chromite.

Serpentinite de Lamballe - L = 70 mm



Chromite de Kerguelmés, Peumerit - l = 50 mm

Bretagne septentrionale
Les affleurements de serpentinites, actuellement reconnus, sous forme de lentilles discontinues, de quelques centaines de mètres d'extension longitudinale maximale, constituent deux segments, séparés  par le complexe gneissique cadomien de Guingamp.
Les serpentinites du district de Belle-Isle-en-Terre (seules analysées) montrent une grande homogénéité de composition chimique (MgO, SiO2, Fe2O3....); la texture est souvent massive à grain fin.
La teneur moyenne en chrome est légèrement supérieure à 0,3% et celle en nickel à 0,14%. Outre l'antigonite, deux mineraux nickelifères sont signalés la pentlandite et la millérite.
La chromite se présente disséminée sous forme de petites plages indépendantes parfois associées à la magnétite ou en rubans parallèles de puissance allant jusqu'à 20 mm. Les grains de chromite (0,2-0,5mm) offrent un habitus arrondi à sub-automorphe.
La serpentinite de Kermeno a été utilisée comme pierre de taille (Barrois 1905), celle de Coêtmieux a été façonnée sous le nom de "serpentine vert de mer de Saint Brieuc"

Bretagne méridionale
Peumerit
: plus vaste massif de serpentinite (± 600 ha) de Bretagne et le plus riche en chromite. La découverte fut faite par un éléve du lycée Le Likés en 1957 et en 1959 une lentille de chromite fut mise à jour dans la carrière de Kerguelmés et plusieurs centaines de kgs de minerai furent recueillis dans les éluvions prés de Kerantrevez, des Moulins-Verts et de Ty-Lan. A Kerguelmés, la serpentinite vert-sombre est massive avec présence de veinules de chrysotile, de magnétite.. la chromite formait en 1960 un alignement de quelques mètres avec une puissance de 40 cm avec des grains atteignant 10mm. A Kerantrevez, présence significative d'ilménite dans la chromite...
Ile de Groix : deux occurences ont été décrites, l'une sur la côte sud à Kermarec (non retrouvée), l'autre sous le fort du Grognon avec une serpentinite à antigorite et chrysotile d'une puissance de 15 m.
District de Blain : il s'allonge de Quilly à Héric en trois segments représentant l'extrémité ouest de la limite septentrionale du complexe de Champtoceaux.

District de Champtoceaux : les occurences de serpentinite se situent prés de Pont-de-Louen où elles forment une échine silicifiée de plusieurs kms. Ces intenses silicifications sont, de loin,  les plus importantes de France et la présence de calcédoine et d'opale indique qu'il s'agit d'un phénomène de basse température

S-O. de la zone broyée sud-armoricaine dans la région nantaise : Ces occurences sont nombreuses (La Ville-au-Vay, Saint Mars de Coutais, Sainte Lumine...) mal connues et 3 méritent une mention spéciale : Montbert, Malabrit (seul indice de chromite signalé par Lacroix) et Sem

Sem : Ce massif au nord-ouest de Donges, mentionné dés 1830 a été décrit avec précision en 1968 par Lasnier. La serpentinite (1300x800 m) forme un relief, dans un contexte de gneiss migmatique, occupé par des réservoirs de carburant et interdit d'accés. La serpentinite de teinte noirâtre est essentiellement formée d'antigorite avec trés accesoirement de la chrysotile, de la chlorite, du talc... Lasnier a observé entre autres au sud de Bochet des géodes de quartz à tendance améthyste dans les diaclases, des cacédoines sphérolitiques à l'est des Harrois.

Exposition Météorites

Cette exposition qui se tient au 34 rue de Jussieu, Paris 5ème jusqu'au 28 février 2005 présente la principale collection privée de météorites en France. Celle-ci réunit des échantillons de toutes les météorites d'importance et appartient à Monsieur Alain CARION, docteur en physique, membre de la Meteoritical Society, auteur de nombreux articles et ouvrages dont Les Météorites et leurs Impacts et les Météorites en France écrit en collaboration avec MM. P. Lebrun et J. Deville.

Quelques exemples de météorites et impactites exposées

  • Echantillon de 5 kg de la chondrite carbonée d'Allende tombée le 8 février 1969 dans le Chihuahua mexicain. Une des météorites les plus primitives.
  • Chondrite L6 de l'Aigle (Orne) tombée le 26 avril 1803, étudiée par L. Biot qui permit de conclure que des "pierres pesantyes" pouvaient tomber du ciel.
  • Fragment de la chondrite amphotérite LL6 d'Ensisheim, la plus ancienne météorite conservée en Europe, tombée le 16 novemebre 1492
  • Fragment de la chondrite carbonée primitive d'Orgueil tombée le 14 mai 1864 dans le Tarn et Garonne et contenant des molécules organiques d'origine extra-terrestre.
  • Plaque polie de la sidérite octaédrite IICD de Nantan tombée au XVIéme siécle dans le Guangxi chinois mais découverte en 1958.
  • Météorite DAG 670, probable fragment de la surface de Mars
  • Echantillon de Lunab 05, achondrite bréchique d'originr lunaire récoltée le 22 avril 2001 dans le désert d'Oman
  • ....etc.