Fluorine et quartz hématoïde d'Aouli
Midelt - Maroc - 60 mm

NUMÉRO 328 - Mai  2004

Nouvelle présentation de la revue qui a choisi de privilégier les illustrations des plus beaux échantillons vus dans les bourse de préférence à des comptes rendus fastidieux d'autant plus qu'il y a des répétitions incontournables - des marronniers comme disent les journalistes -

En préparation un article sur la malachite et les photos de mines sont les bienvenues.

Annuaire des Sciences de la Terre

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Retrouvons dans ce numéro :

Un compte rendu de la bourse de Belfort avec les magnifiques photos d' Albert DUMUR ainsi que la rubrique de Fabien Cesbron qui présente sept minéraux nouveaux et celle de Joan Deville Analyse d'ouvrages.

Volcanologie de la montagne du Pic (Açores)
Première partie
par Guy CANIAUX

Pico (447 km²) est la deuxième plus grande des neuf îles que compte l'archipel des Açores après l'île se São Miguel (747 km²). Elle prit se nom au XVème siècle lors de la colonisation portugaise.
Morphologiquement l'île se compose de 3 complexes volcaniques distincts : Le volcan du Topo, le complexe volcanique de São Roque - Piedade et la montagne du Pic.

Morphologie générale
Le Pico couvre une surface de 275 km², culmine à 2351 m d'altitude (plus haut sommet des Açores et du Portugal) et repose sur des fonds marins de ± 1000 m. C'est le plus volumineux (97 km3) des strato-volcans de l'archipel.
Le tablier lavique. Les pentes sont faibles de 10° à partir de 1200 m jusqu'à 5° à 200 m. Les zones habitées sont établies sur la franche côtière ceinturant le volcan et les populations ont développé la culture de la vigne qui s'accomode de l'absence de terre arable. Plus haut vergers et pâturages. On observe de nombreuses falaises fossiles résultant de l'érosion de falaises vives submergées par de récentes coulées.
Le cône terminal. Commençant vers 1200 m, il a une forme régulière avec des pentes progressives de 10 à 40°. Son flanc nord et partiellement sud et est sont recouverts de vastes dépôts de versant (blocs rocheux) provenant d'effondrement : ce sont les quebradas. Ailleurs des coulées de "laves en tripes" (entrail pahoehoe lava). A 2050 m un méplat et à 2250 m un très vaste cratère-puits de 550 m de diamètre et 25 m de profondeur contenant un petit cône de 125 m de haut.

Les volcans adventifs
Pas moins de 190 cônes (Nunes et al 1999) monogéniques sont recensés autour du Pico. Par ordre de fréquence décroissante :
Cônes de scories basaltiques tels Cabeço (volcan) Gordo, Cabeço do Escalvado, Pico da Urze...Leur hauteur peut atteindre 150 m pour un diamètre à la base de 800 m.
Spatters-cones tels Cabeço Redondo, Bico do Milhafre...aux pentes raides et cratères profonds se retrouvent entre 1000 et 1200 m à la base du cône terminal du Pico.
Fissures éruptives telles les fissures 1150, sommitale...qui peuvent atteindre plusieurs centaines de m.
Anneaux de tuf avec 2 appareils : Cabeço Debaixo da Rocha et Ilheu Deltado et Ilhéu Em-Pé (ces 2 derniers formant une même structure)

Tectonique
L'extrême jeunesse du volcanisme de Pico fait que les accidents tectoniques ne peuvent être déduits qu'indirectement des alignements de cônes, de cratères, de bouches ou fissures éruptives.

Les accidents ONO-ESE
L'alignement des cônes de scories matérialise l'ascension des magmas dans cette direction. Celle ci seraitla manifestation de la zone de fractures Faial-Pico qui s'étend sur 300 km.

Les accidents NNO-SSE
L'alignement Cabeço Redondo Piquinho et Cabeço de Baixo sur 11 km fut le théâtre de l'éruption de 1718 et la source probable des séismes de 1973.

Les accidents NE-SO et E-O
Illustré par les alignements sur les flanc sud et sud ouest tel  Cabeço Queimado Cabeço do Dorio, ils traduisent l'existence de zones de faiblesse au sein de la croûte océanique.
A suivre

Le Crétacé des Ardennes françaises
par Philippe COOREMAN

Moins répandu que le Jurassique, le Crétacé inférieur est présent à travers son dernier étage L'Albien, (vieux de 100 millions d'années) tirant son nom de l'Aube, région française où Alcide d'Orbigny détermina son stratotype. Cet étage peut être également étudier à la carrière de Courcelles dans l'Aube, à la marnière (transformée en étang) de Boursin prés de Réty.....

Albien de Machéroménil
L'étage de l'Albien a été mis à nu lors du tracé de l'autoroute A34 entre Faissault et Saulces-Monclin et le grattage "superficiel" reste très productif tout en respectant le site et les travaux des entrepreneurs.
Les agriculteurs de Machéroménil, au XIXème siècle, extrayaient les "coquins" nodules phosphatés et fossilifères qui lavés et broyés servaient à amender les champs. Ces fossiles sont datés de l'albien moyen horizon Douvilleiceras mammillatum
Ces nodules de couleur sombre qui blanchissent avec le lessivage des pluies contiennent une faune assez riche d'animaux nageurs (ammonites), benthiques (gastéropodes) et fouisseurs (bivalves) et autres crustacé et petits vertébrés.


Gastéropodes
1 à 4 Naticopsina gaultina - 5 Pleurotomaria sp - 
6 et 7 Viviparus sp - 8 Anchura carinata
9 Bathrotomaria sp - 10 Astele Conoideum

Spécimens découverts en 12 jours de fouilles

Bois fossiles
certains truffés de galeries de tarets (20 à 30 morceaux dont 4 ou 5 identifiés)
Coraux solitaires tel Trochocyatus conulus
Brachiopodes dont de rarissimes térébratulidés Moutonithyris Dutemplanea
Bivalves très fréquents en moules internes parmi lesquels Thetironia minor, Cucculaea glabra, Eripyla striata, Isognomon raulianus....
Gastéropodes
Scaphopodes tel Dentallum decussatum
Vers marins tel Serpula socialis
Crustacés (pattes, pinces) indéterminés
Ammonites telles Beudanticeras beudanti, Hoplites dentatus, Douvilleiceras inæquinodum, Cleoniceras cleon.... Protanisoceras sp. déroulées mais en fragments....
Nautiles tels Nautilus bouchardianus
Vertébres de poisson osseux non identifiés
Dent broyeuse de poisson pycnodontidé
Requins tel Cretolamna appendiculata

Albien de Faissault et Turonien de Faissault-Neuvizy
Toujours sur le tracé autoroutier, n retrouve dans l'Albien des galets phosphatés contenant des fossiles mais ceux-ci sont indéterminables. Par contre des exemplaires silicifiés de Micraster leskei incomplets et déformés ont été retrouvés, probable reliquat d'une transgression du Crétacé supérieur (Turonien?)

L'or de l'Abitibi - Québec - Canada
par Jean-Pierre SYLVESTRE

Historique
En 1613, Samuel de Champlain reçoit dun chef amérindien Algonquin une lame de cuivre de 30 cm., cuivre extrait prés du lac Témiscamingue. En 1869, le géologue explorateur Robert Bell baptise plus de 3000 lieux d'accidents géographiques des baies James et Hudson....etc. puis en 1872 et ouvert la première mine d'argent puis de cuivre (1883)... En 1900 la présence de terrains aurifères et cuprifères est signalée dans la région de Chibougamau...
C'est le 19 juin 1906 que 2 prospecteurs français de Ville-Marie, Auguste Renault et Alphonse Ollier découvre de l'or filonien en Abitibi (canton de Beauchastel) prés d'une nappe d'eau qu'il baptise lac Fortune. Les découvertes se succèdent et le 4 juillet 1911 est découvert de l'or natif sur les terrains qui deviendront la mine Sullivan.
En 1918, première extraction mécanique sur les terrains qui deviendront lamine Shawkey.
De 1920 à 1922, découvertes très nombreuses de chalcopyrite aurifère dans le canton de Rouyn.
En 1923 découverte des gisements qui verront la création de la ville Val d'Or.
31 mars 1929, sortie de la mine Siscoe du premier lingot d'or d'une valeur de 34.000 $ canadiens.
De 1927 à 1937 20 mines d'or sont mises en exploitation dans l'Abitibi (200 dans le nord Québec) et ont produit à ce jour 1.860 tonnes d'or.
Géologie
La région de l'Abitibi est composée par une ceinture de roches vertes essentiellement formée de produits volcaniques et sédimentaires déposés il y a 2,7 milliards d'années et d'intrusions gabbroïques, tonalitiques ou granadioritiques.

La faille de Cadillac longue de 160 km,  orientée ONO, résulte de la collision de deux plaques tectoniques. Cette faille a ouvert le chemin aux fluides hydrothermaux profonds qui en remontant ont déposé les divers filons - 137 indices et présence de minerais ont été décelés  et 4 mines restent encore en exploitation.


Filonnets aurifères dans bloc de quartz laiteux

Au Val d'Or, l'or gît dans toutes les roches mais le minerai seulement dans la diorite (20% de pyrite et teneur en or de 5,28 à 7,15 g/t), le porphyre.(5% de pyrite et teneur en or de 2,22 à 3,42 g/t) et le grauwacke (faible teneur en pyrite et or mais teneur or/argent 1 pour 1)

La mine Lamaque
Le gisement fut découvert en 1923, l'exploitation commença en 1935 et prit fin en 1985 après avoir produit 25.000 t d'argent et 14 tonnes d'or. Sa teneur moyenne était de 6,1 g/t.


Mine à ciel ouvert Lamaque

A l'origine du village minier de Bourlamaque (1935) puis de la ville de Val d'Or (1937) classée monument historique en 1979, la mine est un des éléments de la Cité de l'Or qui permet de découvrir la géologie, la vie des mineurs, de visiter chevalements, sécherie et...galeries souterraines (5h de visite) guidés par des étudiants en géologie.

A signaler entre autres : le chevalement n°7 (1936) qui atteignit - 1096 m en 1940 et qui pouvait remonter jusqu'à 7 t de minerai en 3 minutes. La descente à - 91 m par une rampe de 500 m où l'on peut voir tous types (un "Jim Crow" pour donner la courbure aux rails) de matériels des veines aurifères

Une entreprise Exploration Malartic-Sud Inc.détient des titres aurifères sur une quinzaine de sites à 70 km au nord de Val d'Or et dont les réserves estimées sont très importantes : Croinor (16,5 t), Chimo (16,5 t), Robinson (7 t).... En outre l'auteur a pu voir des exemplaires de quartz aurifère de Red Lake (Ontario) dont certains quartz noirâtres type enfumé aurait une teneur de 1000 à 5000 g/t !!!!!!!!!!!