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NUMÉRO 313 - Janvier 2003 Dans son éditorial Albert
DUMUR présente ses meilleurs vux à tous les abonnés et lecteurs et les
remercie de leur fidélité. Ndlr : Un bref condensé des principaux points traités par P. Lebrun. |
Ammonites |
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| Les ammonoïdes, important groupe d' invertébrés exclusivement marins, sont apparus au Silurien supérieur et ont disparu au Maastrichtien après une existence de 325 millions d' années. Ces mollusques se distinguent par leur coquille externe cloisonnée et un siphon situé prés du bord marginal (siphon ventral). | |
![]() Principaux composants de la coquille d' un ammonoïde (Aconoceras). A : vue latérale dont la loge d' habitation es sectionnée sagittalement - B : vue adorale - C : section transverse (d' après Doguzhaeva & Mutvei 1991 |
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Coquille ou appareil hydrostatique |
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| La coquille est constituée pour résister à la pression hydrostatique et agir
comme un flotteur. Elle est composée de chambres (cameræ) délimitées par des cloisons
(septa) qui constituent le phragmocône. Les chambres sont interconnectées par l'
intermédiaire d'un siphon, tube poreux permettant le pompage du liquide caméral contenu
dans les dernières loges afin de conserver les propriétés hydrostatiques de la
coquille. Les coquilles matures varient généralement entre 4 et 20 cm quoique des taxa
crétacées soient de taille supérieure. Diversité des formes Formes monomorphes. La diversité résulte principalement de la forme de leur ombilic correspondant à la surface concave latérale déterminée par le dernier tour. On distingue huit types morphologiques dont sphærocône, discocône, cadicône....etc. Formes hétéromorphes. Dés le Dévonien, de nombreux ammonoïdes adoptent une coquille qui s' éloigne de l' enroulement planispiralé à tours jointifs. On distingue 4 groupes et trente types. Section. Éminemment variable, on distingue 11 sections des tours parmi lesquels lancéolés, réniformes lenticulaires, subquadrangulaires, trapézoïdaux... Loge initiale et ammonitella. La loge initiale représente la première coquille secrétée par l' ammonoïde et l' ammonitella est formée de la loge initiale et du premier tour Ø = 0,5 à 2,6 mm. Phragmocône. C'est l'essentiel de la coquille avec 40 à 100 chambres Loge d' habitation. Celle-ci occupe généralement entre un demi et un tour complet et ne présente pas de septum. Péristome. L' ouverture de la loge d' habitation ventro postérieure (du moind chez les ménomorphes) possède un bord libre (péristome) correspondant à la région de croissance de la coquille. |
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Septa. Ce sont des structures internes complexes
constituant des squelettes successifs supportant et protégeant la région postérieure
des parties molles. Le premier septum est nommé proseptum et de 4 au premier tour le
nombre augmente pour se stabiliser vers le 5/7 ème tour. Cols septaux.Il s'agit d'une expansion annulaire calcaire qui se développe autour de l'orifice qui permet le passage du siphon entre les septa. Complexe siphonculaire. Il regroupe le cæcum, le prosiphon, les tubes siphonculaires (siphon), les dépôts auxiliaires, le revers septal, les membranes camérales. Sutures septales. Elles correspondent à l'expression de l' intersection linéaire théorique des septa avec la paroi interne de la conothèque. Pseudosutures. ....etc. l'auteur indique pour tous ces éléments les différents types structuraux, les fonctions et la morphogenèse |
| Ornementation post-embryonnaire Les combinaisons des ornements sont nombreuses et ceux-ci évoluent au cours de l' ontogenèse. Lignes d' accroissement. Uniquement observables sur les tests ayant conservé leur périostracum. Microsculptures. Sous forme de minuscules rides observables chez des spécimens bien conservés Côtes et costules. Elles correspondent à des replis du test et leur origine est probablement génétique. Mégastries. Épaisses lignes s'étendant de manière continue sur les flancs et le ventre. Tubercules et épines, constrictions et varices, carènes... |
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Animal ammonoïde Le corps était apparemment constitué de deux masses : le céphalopodium formé de la tête et des bras préhensiles et le palléoviscerum regroupant le manteau ceinturant les viscères. Bulbe buccal. |
![]() Discosaphites (D.) conradi du Maastrichtien de l' Alabama - États-Unis - Ø = 6 cm |
| Branchies
(très rare) une seule paire ? Un seul spécimen d' hiloceras levisoni semblent posséder
deux structures qui correspondent à ' empreinte de deux branchies. Poche du noir. Des empreintes ont été identifiées sur plusieurs spécimens, de la mélanine fut mise en évidence...mais ces découvertes prêtent à contestation. Bras et tentacules. Aucun indice indiscutable n'a jamais été retrouvé chez un ammonoïde. Manteau, hyponome et yeux. |
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| Ontogenèse | |
| L'ontogenèse peut être décomposée en quatre phases principales : | |
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Mode et taux de croissance |
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Dimorphisme et polymorphisme |
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| Dés le dévonien, un dimorphisme sexuel très marqué apparaît : un mâle petit (microconque) à péristome très différencié et une femelle grande (macroconque) à péristome simple. | |
| Paléoécologie | |
| Considérés traditionnellement comme des animaux lents vivant près du fond des mers intérieures, il semble avoir été en réalité des animaux pélagiques répartis équitablement entre les nageurs, les dérivants et les migrateurs verticaux (Un tableau panorama donne les habitats occupés) | |
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Modes de vie et niches écologiques
sont très difficiles à caractériser car le groupe est éteint, les parties molles
presque inconnues, les traces d'activité rares (vie dans l'eau) et les lieux de
reproduction inconnus. Dispersion et distribution géographique dues aux courants marins profonds pendant toute la phase néanique induisant donc de très longs déplacements. |
| Associations fauniques et biofaciés Durant leur leur longue histoire les ammonoïdes ont occupé presque tous les environnements marins du plateau continental. Plancher océanique, plates-formes distales et bassins profonds ( faciès nodulaires Ammoninitico-Rosso de la province méditerranéenne au Jurassique), calcaires bitumineux profonds (Trias moyen et supérieur avec des Ceratitidæ platyconiques), bassins épicontinentaux hypoxiques ou faciès à schistes noirs , bassins continentaux et faciès mixtes ( au Crétacé -Albien/Turonien dans la mer intérieure nord-américaine où 18 groupes sont reconnus), plates-formes carbonatées.... |
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| En derniers points, l' auteur aborde succinctement : l' alimentation, les prédateurs, la reproduction, la paléopathologie... | |
| Extinction des ammonoïdes | |
Au milieu des années 1990, le professeur WARD a présenté une analyse des facteurs biologiques et environnementaux influençant la diversité des céphalopodes et ayant pu conduire à leur anéantissement.Compétition avec d'autres céphalopodes (nautiloïdes et coléoïdes) plus mobiles et à partir du Mésozoïque avec les poissons télostéens. Prédation accrue à partir du Turonien et recul vers des eaux océaniques bathyales dépourvus d' ennemis mais moins favorables à la vie. Facteurs environnementaux dont principalement les régressions du niveau marin affectant la diversité des formes épicontinentales les plus nombreuses. L'extinction des ammonoïdes serait donc lié plus principalement à la régression progressive des mers aboutissant à l' élimination des formes benthiques épicontinentales (23 familles au Cénomanien, 15 au Santonien, 14 au Campanien...) et à a restriction géographique des survivants. L' extinction définitive aurait été soudaine avec la chute de la météorite au Yucatan qui aurait provoqué l'extinction de toute vie planctonique |
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