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NUMÉRO 304 - Mars 2002 Dans son éditorial Albert
DUMUR invite une fois encore les conservateurs musées, les amateurs et tous les
lecteurs à nous signaler l'ouverture ou le réaménagement de sites et d'établissements,
les expositions et toutes manifestations se rapportant aux sciences naturelles. A. DUMUR rappelle qu'un musée
doit pour répondre aux attentes des visiteurs présenter des pièces de qualité
et non comme on le voit trop souvent quasi uniquement des panneaux explicatifs et autres
pôles"interactifs". Rubrique de Fabien CESBRON avec 16 nouveaux minéraux |
Géologie et paléontologie au Liban |
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| Long de 210 km, le Liban se compose de 3 unités, le mont Liban dont le sommet
culmine à 3088 m, la plaine de la Beqaa avec deux grands fleuves (Litani et Nahr al Assi)
et l'anté-Liban avec le mont Hermon (2814 m) frontalier de la Syrie. Géologie générale Les plis - Larges anticlinaux orientés NNE et SSO séparé par un large synclinal sis dans la Beqaa. Accidents tectoniques - Nombreuses failles dont celle de Yammoumeh qui parcourt l'ouest de la Beqaa, reliant la faille de la vallée de la Jordanie à celle de Ghab au nord de la Syrie. La faille de Roum prés de Beyrouth est la limite des plaques arabique et africaine. Volcanisme - qui semble s'être arrêté récemment (10.000 ans) dans le Golan avec des témoins très anciens (Jurassique terminal) comme Dour Choueir-Zahle. |
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| Contexte tectonique moyen-oriental Disparition de la Tethys suite à la collision des plaques africaine et arabique avec celle de l'Eurasie il y a 40 millions d'années. Aujourd'hui la plaque africaine se déplace vers le nord traduisant une collision des deux autres plaques avec la mise en place dans la zone d'expansion de la Mer Rouge et du golfe d'Aden. Minéralogie Histoire géologique du Liban |
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| Épisode 1, le premier Rift de la fin du Permien au Trias inférieur. Mise en place de la Tethys dont
le niveau baisse au Trias permettant le dépôt de calcaires. (Aucune roche de cette
époque n'ayant été découverte, l'estimation a été faite par interpolation des
données de pays voisins) Épisode 2, période de stabilité tectonique durant la majeure part du Jurassique où les sédiments atteignent 2000 m. Ensembles monotones de la formation de Kesrouane. Épisode 3, soulèvement, volcans et deltas du Jurassique supérieur avec d'importantes déformations tectoniques, de grandes éruptions basaltiques, émergence puis érosion aboutissant au dépôt des grés du Chouf. dont l'épaisseur avoisine les 500 m et dans lequel se retrouve de l'ambre. Épisode 4, transgression marine et plissements. Soulèvement du mont Liban et au crétacé supérieur le haut niveau marin conduit aux dépôts carbonatés formés de calcaires fins et clairs dans lesquels se formèrent les "bancs à poissons" Épisode 5 Tectonique et climat doux marqué par le retrait de la mer de la Beqaa, la constitution du réseau fluviatile...réchauffement et début de l'activité humaine il y a 4000 ans. |
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![]() Gisement de Hakel à fort pendage |
![]() Magnifique spécimen de Cyclobatis mis à jour à Hakel (Ø 20 cm) |
| Faune abondante et variée La première citation est faite par le sire de Joinville dans son Histoire du Roi Saint Louis (1547) qui vit un de ces poissons en 1248. Environ 500 espèces se retrouvent dans ces calcaires des raies (Cyclobatis, Rhinobatos), poisson-scie (Libanopristis), crevettes (Æger libanensis), calmar (Libanoteuthis libanotica)...requins. La Fossilisation Généralement seules les parties dures (coquilles, dents, os...) sont fossilisées à moins de phénomènes exceptionnels : congélation (mammouth de Sibérie), marais d'asphalte (mammifères californiens), momification ou dessiccation, piégeage dans l'ambre...Au Liban, il y eut une mortalité massive et rapide due au développement de phytoplancton - par apport d'eau douce (pluies) - qui consomma la totalité de l'oxygène dissous. Sous l'effet des gaz de fermentation, les corps sont remontés à la surface puis sont retombés se recouvrant d'un pellicule de sédiment qui en se durcissant expulsera l'eau piégée dans les particules. La plupart des gisements à l'origine au fond des mers se trouvent à 1000 m d'altitude suite aux mouvements tectoniques et au plissement du mont Liban. |
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| Des pierres et des hommes De ces carrières furent extraites depuis des siècles des pierres à construire mais aujourd'hui la majeure part est exploitée pour les fossiles notamment les grands poissons cartilagineux. L'extraction est artisanale, une surface de 10 m² est creusée et ont extrait des blocs de calcaire à faible profondeur mais grande chaleur (calcaire réfractaire). Ces blocs souvent brisée pour les plus grands (pendage important) sont ensuite débités en plaquettes et vendus comme souvenir aux touristes. |
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Propos sur l'or en Armorique |
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| Les diverses prospections réalisées depuis les années 1960 (BRGM, Cominco, Sneap...) ont mis en évidence des centaines d'occurrences dont la plupart inconnues. Ces occurrences primaires (en roche) sont multiformes mais exploitables à partir de 10 t/g. Les découvertes ont laissées leur trace dans les toponymes (Laurière, l'Aurière, Lorière...) dont les graphies ont variées au cours des années et ceux-ci se retrouvent de nos jours plus fréquemment en Vendée et en Mayenne; à ce jour aucune étude n'a été menée sur le toponyme aour (or en breton) comme on le retrouve par exemple dans Roz-an-aour... | |
| Témoignages des anciens auteurs et des vieilles
collections La tradition a transmis la présence de l'or entre Locronan et Douarnenez et les registres (1506, 1509) de la Chancellerie de Bretagne mentionnent déjà des "mines" mais le document le plus fameux reste les listes de La Bretagne minière et les prospections du baron et de la baronne de Beausoleil au XVIIème siècle et si aucune mine n'a été trouvée, des occurrences bien réelles ont été mises à jour. On cite également des découvertes inopinées comme à Tressigneaux (sud de Landivisiau ) ou un caillou ramassé fut vendu 942 F à un orfèvre...L'or parfois n'est connu que par un spécimen étiqueté dans une collection (or d'Ouessant) Vestiges de vieux travaux preuves irréfutables d'exploitations, citons les "miaules" (grandes excavations) de la région de Craon peut être d'époque gallo-romaines et à Vieuxville (Livré) les déblais du talus de ce qui forme aujourd'hui un étang recèle des fragments de quartz à mispickel d'une teneur de 36 g/t. La datation (205 après J.C) de bois effectué à la mine de la Bellière (Maine et Loire) confirme l'ancienneté de nombreux sites. L'auteur nous livre des sites précis de travaux et la présence de fosses. |
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District
aurifère mal inventorié pour prospection des orpailleurs amateurs (environs de
Lamballe) 1 - Or alluvionnaire par teneurs croissantes selon travaux du BRGM 2 - Toponymes significatifs (plage de La Mine d'Or, La Lande Aurière) ou possibles 3 - Puits de recherches (noir : réalisé, blanc : prévu mais non effectué) |
| Or briovérien Les plus anciennes occurrences se retrouvent à Porz-Mellec (Plestin) dans le briovérien inférieur. L'or se retrouve en minuscules particules (0,1 mm) à l'intérieur de quartz présent dans des bancs de quartzite à hématite intercalés dans des schistes verts. Teneur de l'ordre de 02g/t. L'énorme amas de Rouez recèle environ 100 t d'or avec des teneurs pour la zone d'altération superficielle variant de 11 à 100 g/t, zone constituée de roche pulvérulente et de blocs indurés dont le traitement s'effectue par lixiviation. Or en liaison avec les granites En relation avec les granites cadoniens citons le Mont-Dol dont le leucogranite est recoupé de petit filon de quartz à mispickel dominant incluant de l'or natif. Également à Dompierre-du-Chemin (Ille-etVilaine) où le quartz à mispickel recèle une teneur de 8 à 12 g/t...Dans le granite hercynien, l'occurrence de la Boissière (locarn) dont une galerie (1967) a mis en évidence un filon quartzeux de faible puissance avec une teneur de 5 g/t et une paragénèse complexe. |
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| Gîtes de La Bellière et de La Lucette La concession de La Bellière (508 ha) a permis de traiter sporadiquement de 1906 à 1952, 850.000 t de minerais extraits de puits foncés à 150 m de moyenne et permettant d'atteindre des veines de puissance allant jusqu'à 20 m et la production a atteint 10,4 tonnes d'or. La paragénése comprend mispickel, pyrite, blende et galène et accessoirement or, chalcopyrite... Le gîte de la Lucette (841 ha) a été découvert en 1878 et exploité de 1904 à 1939 (filons "Georges" puis "Wilson") donnant en 1909 25% de la production mondiale d'antimoine. Au total 42000 t d'antimoine ont été extraites de cette mine ainsi que 8,3 t d'or dont des pépites de 3 cm et +. Autres indices L'auteur parmi ceux-ci abordent le gisement de Semnon (Ille-et-Vilaine) exploité de 1895 à 1918, l'indice de la carrière de la Bréhardière à La Chapelle-Basse-Mer (Loire-Atlantique), les buttes de Coësmes (Rennes)... |
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| Les alluvions aurifères Sables, graviers et poudingues pliocènes telles les nappes alluviales du bassin de l'Oust. Dépôts fluviatiles récents les plus nombreux et les plus intéressants pour les orpailleurs amateurs puisque vers les années 70 dans le Petit Trégor l'exploitation alluvionnaire de la cassitérite a donné 7 kg d'or comme sous-produit. Sables littoraux dont l'occurrence la plus connue reste celle de la plage de La Mine-d'Or à Penestin, également dans l'estran du Dahouet, les placers de Trévenaste à Sarzeau... |
![]() E. Houlgatte à la bâtée au pied des falaises de La Mine-d'Or au Dahouët |
| L'auteur pour conclure nous livre une trentaine de références bibliographiques. | |