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NUMÉRO 302 - JANVIER 2002 Spécial Bretagne A. DUMUR en
présentant ses vux souhaitent une plus grande symbiose entre les parties prenantes
de la géologie au sens "collection" nouveaux minéraux. Un compte rendu détaillé de la bourse de Lyon qui fidèle à sa tradition ne présente que des minéraux, des fossiles et des pierres fines taillées. |
Propos autour des roches et des minéraux de
la presqu'île de Crozon |
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| Réputée pour la richesse de ses faunes paléozoïques (Ordovicien, Silurien et
Dévonien), la presqu'île de Crozon a moins retenu l'attention des minéralogistes du
fait d'un métamorphisme peu sensible et de l'absence de granites. Cependant des sites
restent remarquables comme les pillow-lavas de Lostmarc'h, et des découvertes récentes
(chlorures de cuivre, galène de Landana, barytine de Raguenez, cinabre...) font de la
Bretagne une région de découvertes potentielles prometteuses. Le visiteur de la presqu'île est marqué par ses escarpements blanchâtres de "grés armoricain" d'âge ordovicien inférieur. roche très dure constitué essentiellement de quartz, elle fût utilisée du mégalithique (alignement de Lagatjar - Camaret) au XIXéme pour nombre de constructions (Forts de Brest) Son intérêt a été décuplé lors de la découverte de thorium, minerai radio-actif contenu dans le zircon et que l'on trouve en association avec le rutile qui a donné au grés cette teinte rougeâtre. Cette radio-activité avoisine les 150/250 µR/h pour atteindre 850 µR/h dans une lentille sise à Kerlaz (S.E de Camaret). D'intérêt minéralogique, les grés à rutile et zircon, du fait de la finesse de la granulométrie et de la dureté de la roche ne sont pas économiquement exploitables dans un avenir proche. |
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| Les ampélites sont d'anciennes vases sédimentaires dans un milieu très appauvri en oxygène, permettant ainsi la conservation de la matière organique liée à l'accumulation d'êtres vivants sur le fond marin. cette matière carbonée explique la teinte noirâtre des roches d'aspect schisteux. Certaines ampélites sont très riches en graptolites. L'analyse chimique des ampélites donne 45,5% de SiO2, 17,25% de Al2O3, 5,43% MnO....et perte au feu 22,19%. Ces roches noires furent souvent confondues au XIXéme siècle avec des gisements d'anthracite tel celui située dans l'anse de Dinan pour lequel un permis avait demandé dés l'an VI de la république. | |
| Les calcaires sont exploités depuis l'époque
gallo-romaine et un four à chaux de 250 x 80 cm a été découvert dans une falaise prés
de Treuzelom. L'occurence de La Tavelle (calcaire bleu foncé) est cité dés 1827 et sans
décrire tous les affleurements citons : Les calcaires de l'Ordovicien supérieur (Caradoc) plus ou moins associés au volcanisme sous-marin notamment à Lostmac'h avec un banc massif de 7/8 m, à Rozan dont le four à chaux ovoïde, tapissé de briques réfractaires a été classé en 1986 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques et à Trégarvat. Les calcaires du Dévonien inférieur : sites de La Fraternité, de Lanvernazal et de La Tavelle |
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![]() Dolérite altérée de teinte brunâtre et cassure tapissée d'hématite |
![]() Pointe de La Fraternité, Presqu'île de Crozon |
| Les minéralisations
ferriques semblent avoir
été exploitées dés l'époque gauloise mais avec plus de certitude sous l'influence de
l'abbaye de Landévennec. Des toponymes restent tels "Roumoullouarn" (le tertre
des amas de fers) proche du nom du village de Roumoulloam et une clouterie existait avant
la Révolution. Ainsi en 1837 un projet de haut-fourneau pour une production de 60 t/mois
fut-il établi. Le premier rapport sur les minerais de fer fût rédigé par l'ingénieur T. Lorieux (1837) et en 1844 paraissait La Géologie du Finistère de l'Ingénieur E. de Fourcy citant notamment les occurrences de Rozan dont Trégarvan avec une teneur de 42% mais aucun gîte ne fût jamais exploité. |
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Les minéralisations sulfurées sont en majeure part ferriques et cuprifères. cependant citons la fausse mine d'Argent rapportée par M. Delalande en 1725 et qui s'avéra n'être que de la pyrite; "mine" dont l'emplacement exact n'a pas été retrouvée.Le filon cuprifère de l'Aber, prés du four à chaux de Rozan et, connu depuis au moins 1846 et dont l'examen au microscope métallogénique a permis de mettre en évidence : limonite, hématite, chalcopyrite, bornite, idaïte, covellite, cuprite, digénite, malachite, paratacamite, botallackite. Le filon cupro-plombifère de Postolonnec dont la découverte probable remonte à 1847 est de structure filonienne, d'une puissance moyenne d'1m50, localement géodique. la minéralisation primaire consiste en blende (plages de 3/4 mm), pyrite grenue et dominante, chalcopyrite, cuivre gris, bournonite... |
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| Melnicovite
de Kerdreux reconnue dés
1847, ce filon doléritique sur quelques dizaines de m de large est parcouru par un
réseau de veinules pyritiques se rapportant à la variété melnicovite accompagnée de
silice blanche parfois en amas de plusieurs dizaines de cm. Chertytuffite de Kerdreux. Roche grise, esquilleuse à aspect de quartzite à grain fin de puissance allant à 1 m, il s'agit d'une roche intermédiaire entre un tuf probablement vitreux et une roche de précipitation chimique. |
![]() Galets cimentés par l'hydroxyde de fer |
| Quartz...Archéologie et minéralogie Bien que peu nombreux, les améthystes (notamment au cap de La Chèvre sont bien connues et une exploitation artisanale s'est poursuivie jusque vers 1960. Les quartz rayonnés ont été mis en évidence par les recherches archéologiques (Landaoudec) souvent utilisés pour la réalisation de mégalithes? Ces quartz présentent une forte structure radiée avec groupement de cristaux et grandes rosettes sphérolithiques. Dolérites Ces roches intrusives de la famille des gabbros, de densité élevée, vert sombre à noirâtre sont caractérisées par une texture due au développement d'un feldspath en lattes entre lesquelles a cristallisé un pyroxène (augite) et se présente sous forme de filons de deux époques différentes dans la presqu'île : Ordovicien supérieur et période triasico-liasique. La dolérite, fait rare a été employé comme pierre de taille pour la construction du fort de l'île de l'Aber en 1862. Microgranites Affleurant sous forme de sills ou de stoks (petits massifs), le grain très fin ne permettant pas d'identifier à l'oeil nu les minéraux, la roche est qualifiée d'aphanatique. La première description détaillée de cette roche dénommée alors "porphyre" remonte à 1809 sur l'île Longue et son exploitation industrielle pour pavés est attestée dés l'an X par la présence de forçats utilisés à cette tâche. Ces pavés servirent également à la construction des ports de Brest et Rochefort. L'île Longue est aujourd'hui une base de sous-marins atomiques et son accès très réglementé. Kersantite Dérivée de Kersanton, village aux confins orientaux de la rade de Brest, cette roche de la famille des lamprophyres est constitué de plagioclase (oligoclase à 50%), de biotite (35%), d'hornblende, pyroxène Sables lourds des plages |
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| Nouvelles
découvertes L'auteur conclut son article par les dernières découvertes minéralogiques faites par le BRGM : plomb, cuivre, antimoine, mercure, baryum |
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