Fluorine orangée de Cave-in-Rock - Illinois - Le plus grand cristal 9 cm d'arête - Photo de J.M Le Cléach

LE NUMÉRO 297 - Juillet/Août  2001

L' édito d' Albert Dumur nous rappelle que 2001est le centenaire de la bien connue loi sur la liberté d'association et qu'en remerciements des efforts bénévoles consentis la Société Amicale des Géologues Amateurs a créée une distinction symbolique la SAGA d'Or.

En souhaitant pour Géopolis une distinction officielle, A.Dumur nous informe de l'existence d'un rapport qui propose de retirer au MNHN de paris les laboratoires de recherche rattachées aux Sciences de la Terre avec la gestion des collections et les spécialistes attachés.

En plus des articles   retrouvez dans ce numéro :

  • Une brève sur le 45éme anniversaire de la cave de Turckeim et sa géologie

  • Une présentation de l'exposition AGATES à Jussieu (jusqu'au 31 Octobre)

  • Les Échos et Petites Annonces

Promenades paléontologiques dans le Péloponnèse (Grèce) - 1 -
450 ans de prospection sous terre

Texte et illustrations de Gero MOOSTLEITNER
Traduction de Joan DEVILLE

L'auteur nous propose dans le cadre de ses promenades de découvrir  les sites du Péloponnèse :
  • Théâtre et sanctuaire d'Asclepios, l'Asclépion d'Epidaure
  • Antique Olympie
  • Cité moyennageuse de Monemvasia (ou ...vassia)
  • Port antique de Plitra et la côte sud-orientale

Epidaure

L'Asclépion, situé à une dizaine de kilomètres d'Epidaure était consacré au dieu-médecin Asclépios. Il connut la prospérité au IVéme siècle avant J.C avec dans son théâtre de 55 gradins (14.000 places), d'une hauteur de 22 m,  l'organisation tous les 4 ans des "jeux asclépiens".
Les moellons des murs sont en calcaire à hippurites et en calcaire rougeâtre à ammonites.
Les calcaires du Hallstat d'Epidaure
Le Trias fût mis en évidence en 1896 par Douvillé qui découvrit des Joannites au pied de la colline de Mycènes puis Renz recueillit une faune abondante de céphalopodes dans les lentilles calcaires d'Asclépion. Les couches d'Asclépion contiennent des fossiles de l'Anisien supérieur au Carnien moyen et dans l'ensemble les calcaires hallsttattiens sont rouge avec des des encroûtements d'oxyde de fer et de manganèse.
Les gisements d'Asclépion
L'usage de marteau et burin est interdit de même que le ramassage de blocs métriques. Néanmoins un paysan voyant mon intérêt pour les "Ammonites" m'autorisa à ramasser les ammonites "abandonnées". La majeure part des fossiles est constituée par des céphalopodes dont l'identification (Monophyllites, Mégaphyllites, Ptychites, Bulgonites....) est souvent difficile car recouverts d'une couche d'oxyde de fer. Aussi des mollusques (Halobia), un brachiopode (Waldheimia sp.)...

Les "Ammonitico rosso"

La prospection est interdite à Epidaure dans les Ammonitico rosso du Lias.


Ammonites de l'Ano Fanari : 1- Mercaticeras sp
58 mm, 2- Phymatoceras sp 60 mm..
.

Gastéropodes des environs d'Olympie : 2 et 3 Murex (Phyllonotus) trunculus 35 mm, 6 et 7 Hinia incrassata 8 mm

Haute vallée de l'Ano Fanari
Les couches rouges s'étendent du Domérien au Dogger moyen avec des calcaires rouges puissants, tubéreux, fossilifères ainsi que les marnes. L'auteur a recueilli de nombreuses ammonites dégagées en un lieu dont il nous l'exacte situation.
Parmi les fossiles possibles mentionnés par Renz en 1909 mentionnons Hildoceras serpentinum, Coeloceras desplacei, Phylloceras nilssoni...et en 1965 Kottek reconnaissait de nouvelles zones entre le Domérien et l'Aalénien.

Olympie
Les vestiges et la ville sont très modestes en comparaison de la notoriété due aux Jeux Olympiques modernes et l'activité économique qu'ils génèrent. Ces jeux quadriannuels existaient déjà -776 av. J.C mais se limitaient à en une course unique de 600 pieds antiques (197,27 m); puis vinrent s'ajouter le pugilat, les courses de chars...etc. ces jeux imposaient aux états participants l'arrêt des hostilités armées. Les jeux survécurent durant la colonisation romaine et c'est Théodose I qui les interdit en 393. Tremblement de terre et inondations achevèrent de faire disparaître cette ville, redécouverte en 1723 mais mise à jour à partir de 1875.
Le champ de ruines d'Olympie
Située entre les fleuves Alphée et Kladéos, le site permet d'observer nombre de bâtiments parmi lesquels les restes du gymnase et de la palestre, le théokoléon, le léonidaïon (hôtel pour les hôtes de marques)...le stade pour 40.000 spectateurs...etc. Seuls les pierres de taille et les pilastres ont traversé le temps sans trop de dommage et on peut observer un calcaire coquillier contenant le lamellibranche Cerastoderma.
Si aux alentours le faciès marin pur est rarement bien conservé, les sites restent nombreux, faciles d'accés et l'auteur décrit le moyen de se rendre au gisement de Lalas qui laisse penser à une ancienne baie marine ensablée; parmi les trouvailles possibles :
  • Gastéropodes : Gibbula, Apporhais, Arcularia, Natica, Murex, Hinia ...Cythara forme magnifique de Cancellaria.
  • Lamellibranches avec Andara, Acanthocardia, Solecurtus, Venerupis...
  • Restes de crabes d'eau douce, foraminifères...

Institut Géologique Albert De Lapparent

L' IGAL est l'héritier direct des laboratoires de géologie et minéralogie créés lors de la fondation de l'Institut catholique de Paris. organisme autonome constitué en 1959, il rend hommage à Albert-Auguste de Lapparent , secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences et, un des géologues les plus en vus de son époque, auteur de nombreux ouvrages de référence.

A de Lapparent eut des successeurs illustres parmi lesquels P. Teilhard de Chardin (parti en Chine), C. Gaudefroy avec sa magistrale œuvre sur la Minéralogie du Maroc..et ainsi se constitua des fonds de collection très honorables dont :

  • Collection de Paléontologie du cambrien au Pliocène telle qu'elle servit à Jean Boussac pour la rédaction de son traité de Géologie dans les années 1880 et enrichie par des fonds de Barrande, Cotteau...
  • Collection de Minéralogie peu spectaculaire mais contenant espèces rares et de gisements disparus. Collection de micro-minéraux de Gaudefroy.
  • Collection de Pétrographie composée sur le mode régional.
  • Collection de Préhistoire avec des séries de tous les gisements classiques.

Depuis 1978, l'IGAL en sus d'une filière courte (3 ans) assure un cursus de 5 années avec délivrance du diplôme d'Ingénieur  avec un effectif réduit (total de 110 élèves) afin de privilégier l'expérimentation, la recherche tant sur le terrain que personnelle. Pour en savoir plus.

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