Épitaxie de Sphalérite sur Pyrite H = 50 mm

LE NUMÉRO 293 - MARS  2001

M. J. Géraud, président du club géologique des PTT, nous informe qu'un animateur de club a été condamné à 1500 F d'amende par un tribunal administratif, s'appuyant sur une ordonnance royale de 1681, pour avoir ramassé des roches contenant des fossiles....(no comment).

Albert DUMUR, également dans son éditorial annonce un prochain article reprenant l'histoire de la découverte de la faune d'Ediacara.

Également dans ce numéro outre les articles vous retrouverez les rubriques habituelles :

Petites annonces
Minéraux nouveaux (4) par Fabien Cesbron
Échos des bourses et expositions

 

MINAS GERAIS, sur la route des gemmes
Voyage de rêve au cœur du Brésil secret des "garimpeiros" et des mines

Textes et photos de Daniel PARDON

Sara Mount : 15 ans à arpenter le Brésil

Le développement du tourisme à thèmes depuis une quinzaine d'années à amener Sara Mount, américaine originaire de Virginie à développer des circuits de gemmologie et ainsi une dizaine de privilégiés, dont Minéraux & Fossiles, découvrent de Belo Horizonte à Teofilo Otoni des gemmes et échantillons exceptionnels en des endroits habituellement fermés aux visiteurs.

A la poursuite du diamant vert, version XVIe siècle

L'histoire du Minas Gerais ("Mines générales" en portugais) commencent dés l'arrivée des capitaines portugais à Rio, qui, à l'instar de Cortés au Mexique ou Pizarre au Pérou, espéraient découvrir des richesses. Des expéditions de "bandeirantes" partirent à la recherche de "pierres vertes" dont les indiens Guaranis parlaient et envoyèrent celles-ci à la cours de Lisbonne; ces "émeraudes" n'étaient en réalité que des tourmalines.

Des paillettes dans l'eau de vaisselle

Les esclaves des "bandeirantes" découvrirent un jour de petites paillettes prés d'un énorme rocher nommé "Itacolomi" par les indios, et ainsi naquit Ouro Preto (or noir) car l'or était emprisonné dans une gangue de palladium marron foncé. Les filons s'épuisèrent après deux siècles d'exploitation mais de nombreuses gemmes furent découvertes dont les gisements furent mis en valeur après 1945.

De Belo à Ouro Preto la baroque

Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais, moderne mais sans charme n'a pas réussi à devenir un centre connu pour ses gemmes et il faut rejoindre Belo puis Ouro preto où, dans les ruelles pavées de la vieille ville, amateurs et passionnés trouveront leur bonheur notamment dans la topaze impériale aux reflets de feu dont cette vile est un des rares sites de production. Les vendeurs de rue pullulent et vous proposent pierres brutes et taillées.

Le Carat

Unité de mesure des pierres précieuses et fines depuis 1907, le carat représente 0,2 gr. Son origine remonterait aux arabes qui utilisait comme unité de poids le "Qirat", graine du caroubier (Ceratonia siliqua) dont le poids était à peu prés constant. Ce terme se transforma en "kerathon" (grec) puis carat. Ce mot carat désigne aussi la teneur en métal précieux d'un alliage. L'or pur est à 24 carats mais son utilisation reste limité car très mou.
En bijouterie, on utilise généralement de l'or 18 K [signifiant que sur 24 gr, il y a 18 gr d'or et 6 gr d'autre métal (cuivre pour l'or rose) soit 25%].
Governador, cœur du Minas Gerais

La route rejoignant Governador Valadares, passe prés d'Itabira où existe un front de mine de fer de 20 kms mais qui produit aussi les plus belles émeraudes du Brésil et,  Minéraux & Fossiles vous fera visiter prochainement cette mine grâce à l'aimable autorisation du propriétaire la société Belmont. Lovée au pied de l'Ibiturina, cette ville connue pour la mine Cruzheiro et ses rubellites, est un centre de taille connu du monde entier et le centre de ralliement des vendeurs d'émeraudes qui travaillent sur le site de Nova Era.


Héliodore (béryl jaune) de + 200 carats

Teofilo, capitale mondiale de la pierre précieuse

Fondée par des immigrants allemands à la fin du  XIXéme siècle, le touriste peut voir dés son arrivée sur la place Tiradentes, à travers les hordes de vendeurs, toutes les gemmes du Brésil et ce à des prix attractifs (morganites et kunzites, tourmalines vertes, citrines jaune-orange...) qu'il est possible d'acquérir en espèces ou des travellers ou cartes bancaires....

Daniel PARDON donne toutes le coordonnées des des principales boutiques avec leurs spécialités, le contact de Sara Mount qui organise ses prochains voyages en juin et octobre 2001.

Musée régional de minéralogie et de pétrographie d'Ambazac (Haute Vienne)

Pierre Escalier des Orres, fondateur de la revue Minéraux & Fossiles connaissait bien cette région car le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique), dont il était cadre, créa à Razés un Centre International d'Enseignement en prospection et valorisation des minerais radioactifs industriels dont la gestion échut à la Cogéma.Ce centre rassembla 10000 échantillons de roches et minéraux du monde entier; il ferma en 1987 et le maire d'Ambazac décida la construction d'un musée qui fut inauguré le 14 novembre 1997.
Le musée, installé dans un bâtiment de conception moderne accueille les visiteurs avec une marmite de géant extraite de la Gartempe.Les principaux centres d'intérêt sont :
  • Pétrographie et paléontologie avec une centaine de roches "suspendues" dans l'espace.
  • Vitrines encastrées dans les murs dont les échantillons minéralogiques (quartz enfumé de Margnac, fluorine bleutée du Beix...) sont éclairés par fibres optiques
  • Minéraux, minerais métalliques et uranium auxquels sont consacrés tout le premier étage avec une salle spéciale pour les minéraux de Haute-Vienne.
Egalement des expositions temporaires, une bibliothèque, une boutique dans cette ensemble ouvert tous les jours pendant la saison estivale.
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